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Kroniks de disques

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Messagepar Greeny » Mer 23 Nov 2011 12:07

Coldplay – Mylo Xyloto

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Coldplay a une carrière des plus singulières. Après deux premiers albums unanimement salués par le public et la presse, le groupe a pris le risque d’évoluer vers des territoires dits polémiques. Les chansons sont devenues à partir de X&Y (2005) moins intimistes et donc plus commerciales, les synthétiseurs ont fait une entrée remarquée et les refrains ont soudainement été remplis de «ouh ouh» que détestent les chroniqueurs des Inrocks ou de Pitchfork.

Pour ce cinquième opus, les anglais comptent toujours à la production Brian Eno, connu entre autres pour son travail avec U2. Ce Mylo Xyloto s’avère être la suite logique de Viva La Vida Or Death And All His Friends, sorti il y a 3 ans et demi. Alors qu’avons-nous sur cet album ?

Les synthés sont bien là ("Every Teardrop Is A Waterfall", "Don’t Let It Break Your Heart"), les parties de guitare de Buckland font de plus en plus penser à The Edge et les refrains en « ouh ouh » sont plus que jamais présents ("Paradise"). On en oublie pas les morceaux acoustiques pour ne pas trop perdre les fans de la première époque ("Us Against The World", "U.F.O.") et les pistes instrumentales (au nombre de trois) plus ou moins utiles. Coldplay va même plus loin en osant le featuring avec l’une des stars R’n’B du moment : Rihanna sur "Princess Of China". Franchement, c’était dispensable.

Chris Martin nous a mentis. Il nous avait promis un album avec plein de chansons acoustiques. C’est faux. Mais on ne peut que faire profil bas devant le talent musical et mélodique des gars d’Oxford. Cet album regorge de pépites comme son prédécesseur ("Hurts Like Heaven", "Charlie Brown", "Up With The Birds").

Coldplay a choisi de devenir le nouveau U2. Cet album ne peut vraiment pas le dire le contraire. Et comme le peu de groupes qui remplissent des stades entiers à travers le monde (Muse, Green Day), ils sont sujets à jalousies. Qu’ils continuent à faire des mécontents. Un très bon album.

15/20
No worries
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Re: Kroniks de disques

Messagepar Yoan » Lun 30 Jan 2012 22:26

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Red Hot Chili Peppers - I'm With You

Faire une autopsie au titre par titre d’un album aussi plat, dénué tant d’énergie que d’âme ou même de finesse mélodique, s’apparenterait à un exercice aussi pénible que sadique. Et comme en plus, les trois quarts des morceaux qui composent cette galette sans goût, sont des clones mal déguisés, on s’épargnera d’égrainer méticuleusement un tracklist mortifère. Je ne suis pas encore aussi cruel.
Sauvons quand même deux morceaux du naufrage, sans grande conviction certes, mais au moins témoignent-ils d’un semblant d’inspiration et d’implication. "Annie Wants A Baby" dispose du seul refrain sympathique de tout l'album, tandis que "Even You, Brutus" prend (presque) deux ou trois risques. Le reste, c’est un peu comme une méthode pour débutants, fruit des efforts d’un service marketing bossant mollement en commentant des Powerpoints : « Toi aussi, envoie du tube comme les Red Hot Chili Peppers ! », avec « I’m With You » en guise de kit pratique. Sans rire, on en est là.
Cet album est une succession de ficelles survendue, une pile grossière de « trucs et astuces » pour accoucher sans suer une goutte de morceaux qui s’écoutent sans effort, mais également – et surtout – sans passion. C’est d’ailleurs probablement comme ça qu’ils ont été écrits : à la chaîne, en respectant scrupuleusement un cahier des charges aussi passionnant qu’une note de synthèse pour promouvoir la sécurité en entreprises. Passons sur le fait que comme tous leurs disques depuis « Californication », ça ne suscite plus tant la folie débridée que la finesse et la sagesse Pop. Après tout, pourquoi pas. Sauf que Kiédis est tombé dans le piège narcissique de croire qu’il est un bon chanteur, comme pour sauver des refrains hyper stéréotypés à la racine, et pourtant déclamés avec la ferveur d’un vendeur de lessives. Les couplets faussement catchy accompagnent gentiment des ritournelles anti-inventives au possible, jusqu'au(x) refrains(s) où ça va allonger le tempo et tenir vocalement les notes pour se la jouer lyrique et/ou dans l'émotion. La recette est la même de A à Z, c'en devient vite caricatural, et jamais convaincant. De temps à autres, on prendra soin de caler deux ou trois plans un rien pêchu pour rappeler qu’on n’écoute pas le dernier Eagle Eye Cherry non plus.
« I’m With You » ne recèle pas le moindre enjeu créatif, et ne se contente que d’offrir un écrin Pop-Funk-Rock techniquement au dessus de la moyenne, à des chansons qui n’expriment rien. Ce naufrage, c’est à mon sens celui d’un groupe qui a voulu devenir autre chose que la formation fantasque et extravagante qu’elle fut jadis, sans jamais y parvenir vraiment. « Californication » malgré quelques titres de toute faiblesse, avait au moins eu le mérite de rajouter une corde à leur arc, mais depuis, les Red Hot sont chiants comme une rediffusion de Thalassa un soir de pluie. Le départ de Frusciante pour « divergences musicales » rappelle à ce titre qu’il en restait au moins un que l’argent ne suffisait plus à combler. Car n’en doutons pas, ils devraient en vendre une bonne chiée, de ce disque clinique qui fera croire aux auditeurs de RTL et de Virgin radio qu’ils aiment encore le Rock qui tâche.
Mais en ce qui me concerne, ce groupe n'existe plus.
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Re: Kroniks de disques

Messagepar Paint » Jeu 2 Fév 2012 12:35

J’ai écouté les 5 premiers titres au boulot avant Noel, franchement dans l’optique de passer un bon moment. A la fin du quatrième morceau, j’ai regardé la playlist en me demandant combien de décennies s’étaient écoulées depuis que j’avais commencé.

C’est la même chose du début a la fin, les rythmiques sont les mêmes, Flea se complait dans ses lignes de basses faussement techniques qui sont sensées porter le morceau – c’était une alchimie qui marchait plutôt bien avec John – mais qui tombe a plat et révèle la supercherie tant le nouveau gratteux n’apporte rien. J’ai rarement entendu des parties guitares avec si peu de personnalité. Sérieux, dans 5 ans un ordinateur branché à une sono pourra pondre des lignes plus captivantes.

Il utilise deux effets, « bourrin » et flanger. Je pense que certains détracteur de Frusciante ont du pleurer en écoutant cet album tant il manque aux Red Hot. Bref, pour moi les Red Hot sont morts et enterrés depuis By The way (avant ou après By the way, c’est un autre débat), tournons la page. C’est fait pour ma part.
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Re: Kroniks de disques

Messagepar Zorneye » Jeu 15 Mar 2012 14:53

Avec un petit post sur Frusciante en préparation - et oui, Yoan, je ne me suis toujours pas remis de notre altercation sur le monsieur!^^ - je ne reviendrai pas sur le dernier RHCP, d'autant que tout vient d'être dit.

Le Coldplay, j'ai changé d'avis au fil des écoutes, et effectivement, c'est un bon disque.
J'avais été un peu déçu par la répétition du travail effectué sur 'Viva la Vida' et le coté trop empathique de leurs compositions, mais il faut avouer que certains titres sortent vraiment du lot et deviennent des classiques quasi-instantanés. Le quatuor d'intro Hurts Like Heaven/Paradise/Charlie Brown/Us Against The World est terrible et l'album au final pâtit d'un tel départ en trombe.
Un bon disque.

Sinon, je venais parler d'un des meilleurs disque de cette rentrée - pas folichonne.

Cloud Nothings - Attack On Memory

Cloud-Nothings-Attack-on-Memory-300x300.jpg
Cloud-Nothings-Attack-on-Memory-300x300.jpg (11.56 Kio) Vu 2562 fois



Un petit bijou noise/pop.
Totalement bancal et sublime.

J'ai ouïe dire qu'à la base c'est un projet solo d'un certain Dylan Baldi qui avait édité un premier album éponyme sous le nom Cloud Nothings - pas génial d'ailleurs - et que ce second disque est le résultat du travail avec son groupe de live devenu un vrai groupe donc.

Ce disque s'adresse aux amoureux de Sonic Youth, des Pixies, de Fugazi un peu.
C'est le pendant plus sale de Cage The Elephant si on veut...

La voix est constamment à la limite de la justesse mais dégage une grande énergie et une vraie intensité.
Derrière ça joue à 200 à l'heure, sur le fil du rasoir, avec une production brute de Steve Albini - qui se serait contenté d'appuyer sur rec. et de jouer au scrabble sur facebook parait-il...

Le duo d'intro No Future/No Past avec sa montée languissante et Wasted Days avec son final de 5' met directement un grosse claque qu'aura du mal à égaler la suite du disque avec le très moyen et très kitsch Fall In et Stay Useless avec son chant à coté de la plaque. Puis viens une bonne instru avec Separation, No Sentiment terrifiant d'intensité et de violence noise, et le duo pop final Our Plans et Cut You encore une fois avec un chant terriblement bancal, mais une sincérité et une énergie saisissante.

Au final c'est 33' de musique pour un ovni terriblement 90's et pourtant totalement contemporain.
Extrêmement bien ciselé mais complètement à l'arrache.
33' de montagnes russes ou s'enchainent des morceaux puissants et d'autres plutôt ratés.
Mais l'ensemble est fait avec une telle niaque et une telle envie d'en découdre qu'on ne peut que rester pantois devant un tel disque.
Un album attachant, imparfait certes, mais qui ne laisse pas indifférent.
Au fil des écoutes - parce que c'est un disque qui s'apprivoise - on est ébahis devant un tel foisonnement d'idées et une telle justesse de la définition de ce que devrait être la planète rock indé aujourd'hui.

Une certaine idée de la roue libre mise au service de bijoux pop biberonnés au shoegaze.
Qu'est-ce qu'il y connait aux femmes, Rick Hunter?
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Re: Kroniks de disques

Messagepar silverson » Jeu 15 Mar 2012 20:27

Ouai le Cloud Nothings m'a un peu laissé perplexe au début, surtout que j'en entendais que du bien alors je m'attendais à beaucoup. Puis finalement, je commence à l'aimer ce disque. Et je partage globalement ton avis. Je sais pas s'il restera dans mon top à la fin de l'année, mais pour l'instant je suis plutôt content de la découverte. D'ailleurs, le groupe devrait passer dans le coin dans quelques mois.
03/06/03 @ La Mutualité, Paris
10/08/07 @ Brixton Academy, Londres
18/08/07 @ Pukkelpop fest', Kiewit
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Re: Kroniks de disques

Messagepar Yoan » Mar 15 Mai 2012 14:41

Zorneye a écrit:Avec un petit post sur Frusciante en préparation - et oui, Yoan, je ne me suis toujours pas remis de notre altercation sur le monsieur!^^ -


Je me permets bassement cette quote parce que j'attends de pouvoir lire ce qui promet - te connaissant - d'être fort intéressant.
(Et je précise par ailleurs que je n'ai pas l'intention de venir faire le pointilleux, d'autant que je pense que le vrai problème que j'ai eu avec Frusciante, c'est son retour post-cure de désintox' : le mec a quasiment dû réapprendre à jouer tellement il revenait de nulle part).

PS : Cloud nothing, j'ai mis du temps aussi, mais indéniablement, ils ont un "truc" qui les rend à part.

PS bis : Je vais venir reviewer le dernier Pennywise, bientôt.

PS bis bis : Non, rien.
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Re: Kroniks de disques

Messagepar Yoan » Lun 21 Mai 2012 11:39

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Pennywise - All Or Nothing

Un des sempiternels débats chiants qui animent les colonnes Rock communautaires tient régulièrement en cette question tronquée : Punk ou pas punk ? Pour le cas de Pennywise, il faudrait être un drôle d'oiseau pour mettre en doute la démarche d'un groupe dont la vigueur et l'intégrité n'ont pas bougé d'un iota depuis plus de 20 ans. Ces mecs ne sont pas que des musiciens, ce sont des activistes. Leur douzième album ressasse en effet les thèmes, l'énergie, la colère et même - admettons-le - les gimmicks skatecore d'un genre qu'ils déclinent inlassablement sans jamais cesser d'y croire. Mais loin de s'auto-singer, le groupe force l'admiration tant à chaque fois, ils montrent plus de conviction et de passion à l'égard d'une cause défendue avec toute la ferveur militante des débuts.
Alors qu'on pensait que Pennywise se relèverait difficilement du départ de Jim Lindberg, chanteur emblématique du combo Californien, Zoli Teglas - voix des énervés de chez Ignite - assure une relève étonnante. On a en tout cas envie de croire en un second souffle mérité, tant entre décharges ultra-speed et hyper-énergisantes ("Waste Another Day", "Stand Strong" ou "Seeing Red") et hymnes exhortant à la révolution (cf. le titre éponyme "Revolution", "We Have It All" ou "Let Us Hear Your Voice"), Pennywise trace son sillon en fonçant tout droit, sans jamais donner l'impression de relâcher la pression.
Une faute de goût dans cet ensemble débordant de riffs acérés, de breaks de batterie mortels et autres refrains à scander le poing levé ? Quelques secondes de vocoder pour entamer "Songs Of Sorrow", qui passent vite inaperçues. Pour le reste, c'est un modèle du genre.
Que ceux qui ne croyaient plus en la survie du groupe après le départ de Lindberg lui laissent une chance. Pennywise croit en tout cas toujours en lui, et il a bien raison.
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Re: Kroniks de disques

Messagepar Yoan » Dim 25 Nov 2012 02:00

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Soundgarden - King Animal

Welcome back to the 90's. L'illusion est telle qu'on a l'impression de récupérer Soundgarden exactement là où on l'avait laissé après "Down on The Upside". Pourtant, on fait difficilement plus méfiant que moi à l'égard de ce qui pourrait faire figure de reformation opportuniste. Mais ici, quid des errements solo de Cornell, une véritable alchimie de groupe a repris ses droits par cet album, qui n'arrive pas non-plus comme un cheveu sur la soupe. Les "vrais" savent que Soundgarden s'était repointé sur scène depuis plus de 2 ans. Et pas pour des prunes.

01 - Been Away Too Long
Après un éclaireur pour "The Avengers" que j'avais personnellement mieux accueilli que la moyenne des fans du groupe, le premier single de l'album joue une carte très punchy et/ou catchy pas forcément très à l'image du disque. Avec notamment un refrain largement porté par les envolées de Cornell dans des aigus presque stridents, on joue toutefois l'efficacité sans chercher à éviter ce qui fait de Soundgarden un groupe difficile à diffuser en radio. Un bon départ, énergique, à la fibre presque plus Rock'n'Roll que Metal.

02 - Non-State Actor
Les choses très sérieuses commencent avec des riffs mortels en saccades, sortes de phrasés solo officiant comme piliers d'une architecture mélodique complexe mais engageante. On a envie de dire que plus personne ne fait de la musique comme ça, ou pas loin.

03 - By Crooked Steps
Grosse guitare en mode rafale, breaks de haute volée et vocalises perchées. Décrit comme ça, ça semble correspondre à pas mal de titres qui peuplent le disque, mais ça n'évoque jamais la lassitude, la faute à une inspiration mélodique rarement prise à défaut.

04 - A Thousand Days Before
Avec une subtilité et un style qui lui appartient, Soundgarden commence à lorgner avec réussite vers les ambiances orientales. Pas quelque chose de flambant neuf les concernant, mais un titre parfaitement construit et forcément réjouissant pour tout fan qui les attendait immanquablement sur ce terrain.

05 - Blood on the Valley Floor
Malgré un riff principal lourdeau et étonnamment faible, le morceau évolue avec grâce vers des séquences beaucoup plus réussies et multiplie les (heureuses) pirouettes mélodiques. Pas mon titre préféré, cela dit.

06 - Bones of Birds
Première Ballade Rock à demi-dépressive du disque, s'appuyant sur une collection d'accords mineurs, là encore soutenus par quelques notes Arabisantes. On aime ou pas, personnellement je marche 100 fois. Probablement un des morceaux les plus centrés sur l'émotion pure, pour un résultat quasi-parfait.

07 – Taree
Un groove assuré sans forcer, des cassures mélodiques bien amenées et des lignes de gratte de grande classe. Du Soundgarden en pilote automatique, mais ça fait du bien.

08 – Attrition
Le rythme s'accélère un poil avec un titre plus entraînant, moins noir, et doté d'une vibe clairement Rock'n'Roll. Un brin plus anonyme que le reste, malgré tout.

09 - Black Saturday
Une sorte de ballade Pop-Rock-Metal acoustico-électrique dont le groupe a le secret. Très recommandé, évidemment.

10 - Halfway There
Sans doute le titre le plus positif du disque, avec toutefois ce qu'il faut de nuances mélodiques subtiles et maîtrisées pour semer le trouble. Un beau single en puissance en tout cas, plus easy listening et moins heavy que le reste du disque, qui fait un peu penser à ce que Cornell a pu approcher de mieux lors de son aventure solo.

11 - Worse Dreams
Ça démarre avec une ligne de basse monstrueuse, à la fois tortueuse et inquiétante, avant de faire hocher la tête sur le refrain, pour finalement mener le morceau sur des sentiers plus noisy. La qualité de l'écriture se charge de rendre le tout parfaitement homogène.

12 - Eyelid’s Mouth
Un autre excellent titre, porté par des contrastes nets, et des refrains hyper emballants. Mention spéciale pour le chant, particulièrement inspiré sur ce titre.

13 – Rowing
L'album s'achève sur son morceau le plus aventureux, avec un côté presque rituel et tribal : la basse se fait quasi-mystique, pendant que Cornell chante avec la prestance d'un gourou lors d'un rite initiatique. Les guitares se font une place grandissante dans cette pièce surprenante, mais preuve que le groupe n'est définitivement pas revenu les mains dans les poches et surtout pas privé d'idées.
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Re: Kroniks de disques

Messagepar Yoan » Jeu 25 Juil 2013 23:20

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Queens Of The Stone Age - Like Clockwork

1 - Keep Your Eyes Peeled
Une entrée en matière sombre et pesante, plutôt lente et clairement dans le ton d'un album qui aura fait le choix de se dévoiler sans fard dès ses premières notes. Pour info', ce n'est d'ailleurs pas un hasard : Josh Homme a traversé quelques épreuves douloureuses durant le processus de création qui ont non seulement mis en péril la sortie du disque, mais en ont aussi fortement influencé le contenu.
Morceau brillamment écrit quoi qu'il en soit, qui sait se faire lugubre, presque menaçant, sans attenter à une accroche mélodique inspirée.

2 - I Sat By The Ocean
Le morceau à plus fort potentiel "single" de l'album : irrésistiblement entraînant, directement accrocheur et véritable démonstration de ce que peut-être un tube qui transpire la classe. Un tube QOTSA-esque, en fait. Clairement le titre le moins surprenant du disque cependant, tant il aurait pu être parachuté sur n'importe lequel de leurs albums depuis (au moins) "Songs For The Deaf".

3 - The Vampyre Of Time And Memory
Sortant nettement de sa zone de confort, le groupe commence à faire la part belle aux notes diffuses de piano, dans une ambiance quasi-dépressive où les silences parlent. Réussite mélodique probante, entre le slow crapoteux et la (magnifique) complainte électrique, "The Vampyre Of time and Memory" fait partie des morceaux qui marqueront au fer rouge la spécificité de cet album.

4 - If I Had A Tail
Voulu plus groovy et détaché, "If I Had a Tail" est un titre à mon sens un peu plus anonyme et second degré que ses comparses. Il s'en dégage quand même une esthétique subtilement nébuleuse qui distille la mélancolie par petites touches.

5 - My God Is The Sun
Première vraie décharge énergique du disque, ce titre sera une respiration pour celles et ceux qui goûteront moins aux ballades cafardeuses qui l'entourent. Mais si la rythmique s'emballe, "My God Is The Sun" ne dépareille pas pour autant de la logique artistique d'ensemble, où une tension sourde règne constamment.

6 - Kalopsia
Ballade psychédélique et contrastée, "Kalopsia" abat une nouvelle carte : celle d'un groupe qui n'a pas peur d'aller sur un terrain vaporeux où Josh Homme semble comme étourdi, avant de laisser éclater des refrains plus frontaux et engageants.

7 - Fairweather Friends
Un titre court mais dense qui multiplie les orientations mélodiques et alterne les niveaux d'épaisseur sonore en un temps record. Pas le morceau le plus marquant de l'album mais un titre solide et efficace.

8 - Smooth Sailing
Curiosité du disque, "Smooth Sailing" vient danser sur les terres d'un Prince dopé aux amphétamines. Le résultat est énorme : à la fois sensuel et chargé d'aspérités. Et pour couronner le tout, le morceau contient la partie la plus "Headbanging" du disque : un riff de guitare destructeur aux dissonances jouissives. Une vraie leçon de groove, à faire pâlir Muse et son piteux "Supermassive Black Hole".

9 - I Appear Missing
Dans la veine du morceau introductif, QOTSA nous replonge tout droit dans ses noirs tourments, avec une science de l'émotion et une maîtrise mélodique admirables. Une merveille angoissée, profondément touchante, portée par la voix d'un Josh Homme plus versatile que jamais.

10 - Like Clockwork
Quelques notes de piano, une voix fragile que des notes aiguës sur le fil du rasoir n'effraient toutefois pas, où viendront se greffer des guitares qui semblent au bord des larmes. L'aboutissement d'un album sincère et frémissant, dont l'extrême noirceur ne le rend jamais opaque ou inaccessible. Au contraire, il ne s'en révèle que plus bouleversant et courageux, parce qu'il accepte et revendique même sa vulnérabilité. De la part d'un groupe de "durs" dont certains attendent même le retour stoner - comme certains ont attendu jusqu'au bout le retour de Silverchair dans des sphères Grunge - QOTSA a pris le virage qui n'était pas le plus simple, ni le plus indiqué. Mais c'est certainement le plus passionnant, du coup.
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