Forum Francophone Silverchair

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Oceansize

Espace d'expression ouvert à toute discussion ayant trait à la zik.

Quel est votre album favori?

2002 - Relapse E.P
0
Aucun vote
2003 - Effloresce
1
11%
2004 - Music For Nurses E.P
0
Aucun vote
2005 - Everyone Into Position
1
11%
2007 - Frames
6
67%
2009 - Home & Minor E.P
0
Aucun vote
2010 - Self-Preserved While The Bodies Float Up
1
11%
 
Nombre total de votes : 9

Oceansize

Messagepar Yoan » Sam 4 Déc 2010 12:26

Oceansize, c'est qui donc ?

Mike Vennart (chant, guitare)
Steve Durose (guitare, chant)
Gambler (guitare)
Jon Ellis (basse)
Mark Herron (batterie)

Originaire de Manchester, ce quintet apporte une preuve de plus, s'il en était besoin, que la scène anglaise n'est décidément pas loin d'être un puit sans fond de talents... Signés depuis 2002 sur le label indépendant Beggars banquet (aux côtés de Biffy Clyro notamment), le groupe enchaîne les concerts pour promouvoir leurs quelques maxis et EP's, avant de sortir leur premier vrai album en 2003.
Musicalement, je vous avouerais que j'aurais du mal à vous les décrire de façon satisfaisante en 2 ou 3 phrases... Disons qu'en parcourant leur éventail de titres tantôt rageurs et énergiques, tantôt doux et mélancoliques, l'on peut être amené à penser à Tool comme à Mogwaï, sans toutefois que le groupe ne souffre d'un manque de personnalité dommageable. Rock progressif, metal progressif... Vous les trouverez sûrement souvent rangés sous cette étiquette, mais définir en si peu de mots une musique aussi riche, c'est toujours très approximatif. On vous aura prévenu.

Bon, OK, mais leurs disques, ils valent quoi ?

ALBUMS

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Oceancize, "Effloresce"

Label : Beggars Banquet Records
Sortie : lundi 29 septembre 2003

Il est des albums dont la richesse nécessite 1000 écoutes pour que l'on puisse prétendre en mesurer l'étendue, ne serait-ce que de façon sommaire.
Ce jeune quintet anglais livre ici en effet un premier album foisonnant, à la croisée d'influences aussi diverses que variées, et dont les trouvailles émerveillent au gré des titres qui défilent.
Au petit jeu des comparaisons, on citera Tool, parce que capable de donner vie à un métal sinueux d'une intelligence rare ; Pink Floyd, parce que capable d'un psychédélisme aussi utile, captivant que maîtrisé ; les Deftones, parce que rageurs à vous en donner des sueurs froides ; et Sigur Ros, parce qu' également à même de poser des ambiances d'un raffinement sans pareil, dans la beauté des sons produits comme dans l'émotion qui s'en dégage.
Beaucoup pour un seul groupe ?
Assurément, mais Oceansize réussit le tour de force de jouer sur les variations avec un talent qui laisse songeur, sans jamais verser dans la surenchère ou susciter l'indigestion. Imprévisibles, mais toujours parfaitement cohérents, les différents morceaux, forts de 3 guitares qui s'enchevêtrent à la perfection, d'une voix suggérant une palette d'émotions aussi larges qu'opposées, ainsi que d'une section rythmique hallucinante d'inventivité, surprennent sans cesse.
Du métal labyrinthique et angoissant érigé par "Massive Bereavement", alternant lancinance hypnotique et rage destructrice, au magnétique "Long Forgotten" dont les arpèges ensorcelants ne manqueront pas de vous décoller l'espace d'un instant les pieds du sol, en passant par l'irrésistible "Amputee", tube en puissance à la fois efficace, accrocheur, et inventif, Effloresce a mille trésors à vous offrir, à condition que vous ouvriez vos oreilles en conséquence.
Tout capter n'est pas simple, tant ce disque regorge de qualités. Un effort d'implication sera certainement nécessaire, mais le jeu en vaut clairement la chandelle.

D'une consistance extraordinaire, à la fois technique, artistique et émotionnelle, ce premier album n'est pas qu'une simple réussite. C'est un coup de maître. A découvrir d'urgence.


->Les titres à écouter : amputee, long forgotten, women who love men who love drugs

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Oceansize, "Everyone Into Position"

Label : Beggars Banquet
Sortie : mardi 20 septembre 2005

"Effloresce" était pourtant déjà presque trop parfait...
Que restait-il à Oceansize pour nous surprendre alors qu'en 1 album et 1 EP seulement, le quintet était déjà parvenu à synthétiser Tool et Pink Floyd sans jamais donner l'impression de copiter sur qui que ce soit ? A vrai dire, on se serait presque contenté du même menu. Trop rares sont en effet les plats à ce point riches et équilibrés pour que l'on se permette de faire la fine bouche, deuxième service ou non.
Mais Oceansize a semble-t-il tenu à la jouer fine, et a opté pour quelques changements de cap littéralement réjouissants. Bien sûr, on retrouve certains poncifs inévitables qui font que comme le groupe nous y avait déjà habitué, les fondations rythmiques de bien des morceaux adoptent les tracés tortueux du petit chemin de montagne, au détriment de l'Autoroute Neo metal d'en face, sur laquelle l'on peut s'autoriser un rythme de croisière gentiment plus régulier. Pour ne pas dire... Routinier.
Oceansize lui, a toujours préféré emprunter l'itinéraire bis, trop peu exploré à son goût. Grand bien lui fasse !
Les chansons débutent sans que l'on sache vraiment ce qu'elles nous réservent (si ce n'est d'être immanquablement passionnantes, mais c'est là toute la magie de ce groupe) et réussissent le tour de force de régulièrement faire passer des titres de 6 à 9 minutes pour des morceaux que l'on jurerait durer 2 fois moins.
"The Charm Offensive" est captivante de retenue, de fausse décontraction, de puissance maîtrisée, tout en érigeant une structure mélodique aussi discrète qu'entêtante. "Heaven Alive" sonne comme une pop song progressive avec des relents symphoniques (!!!), tandis que "New Pin" présente cette même volonté d'accoucher de titres moins attendus, au niveau de l'ambiance notamment (difficilement définissable ici), tout en gardant une cohérence et une accroche mélodique de chaque instant.
Sur ces quelques exemples, Oceansize semble avoir gagné en sagesse, en tempérance, pour imposer des titres peut-être moins impressionnants de prime abord, mais également moins périssables sur la durée.
Mais que l'on ne s'y trompe pas : plus de mesure ne signifie absolument pas que le groupe s'est détaché du travail colossal qu'il affectait à l'écriture de ses morceaux, bien au contraire. Jamais les chansons du groupe n'ont été aussi savamment ficelées, à tel point qu'il vous faudra probablement un sacré paquet d'écoutes avant de pouvoir mesurer le boulot abattu.
Mais là où Oceansize surprend vraiment, c'est qu'au travers de ce disque, il se fait à la fois maître du metal/rock progressif ultra tapageur (l'ahurissant "A Homage To A Shame", bombe de hargne et d'énergie destructrice) et du Post rock planant dont on trouve nombre de représentants dans les pays nordiques.
Ainsi "Meredith", "Music For A Nurse" ou "Ornament/The Last Wrongs" renvoient plus que jamais à une musique pétrifiante de beauté, que ne renieraient ni Mogwaï ni Sigur Ros, pour ne citer que les références du genre (oui, pas moins, honnêtement on ne peut guère viser en dessous)...
Bénéficiant de l'apport d'un chant merveilleusement abouti, d'un spectre sonore impressionnant d'ampleur, et d'une capacité à structurer ses morceaux avec une pertinence, une complexité et une originalité notable, le Post rock façon Oceansize s'inscrit directement comme étant l'un des plus marquants et touchant qui soit.

Alors au final, nul besoin de tergiverser 50 ans : Oceansize touche à la grâce dans quasiment tout ce qu'il entreprend à travers cette petite collection d'une dizaine de morceaux, aussi éclectiques et complémentaires, qu'intelligemment disposés les uns par rapport aux autres, formant ainsi un tout homogène qui n'est pas loin de faire figure de témoignage parmi les plus vibrants de ce que peut être le rock progressif en 2005.

-> Les titres à écouter : The Charm Offensive, Meredith, Ornament/The Last Wrong


EP's

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Oceansize, "Music for nurses"

Label : Beggars Banquet Records
Sortie : lundi 11 octobre 2004

Oceansize, via cet EP 5 titres qui annonce très probablement un nouvel album d'ici peu, sera parvenu à enfoncer le clou... 5 morceaux qui confirment en effet cette capacité incroyable que possède le groupe à conjuguer à la perfection les divers éléments qui composent sa musique. Chaque titre est un puzzle admirable de cohérence tant cela foisonne de détails, tant la richesse est effective, pour ne finalement former qu'un tout merveilleusement équilibré duquel on ne décroche jamais.
Le quintet fait preuve d'une force de frappe destructrice, démontrant que l'on peut encore faire du bruit avec une intelligence rare, mais il sait aussi se faire délicieusement planant. C'est même en partie de cette dualité qu'il tire son intérêt.
Le gros son, appuyé par une section rythmique d'une virtuosité et d'une puissance effarante, peut d'une seconde à l'autre se voir être relayé par un arpège étourdissant de beauté, dont les mélodies divines finissent d'achever le travail pour nous toucher en plein cœur. Les vocalises peuvent également passer du hurlement primal à la complainte lancinante en un éclair. De l'un à l'autre de ces extrêmes, les niveaux sont nombreux dans la musique d'Oceansize, mais jamais les transitions ne semblent maladroites ou grossières. Elles frappent au contraire par leur justesse.
L'auditeur est KO, intensivement tiraillé entre tout ce que suscite la musique du groupe, véritable vivier d'inspirations variées. Exaltant, enivrant, électrisant mais également poignant, Oceansize s'affirme donc comme un groupe définitivement passionnant, à suivre à tout prix.

-> le titre à écouter : Paper Champion.

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Oceansize, "Relapse"
Label : Beggars banquet records
Sortie : 21 Octobre 2002

Aujourd'hui relativement désuet, ce premier EP de 3 titres seulement n'en demeure pas moins savoureux. L'on pouvait déjà y entendre les irrésistibles "Amputee" et "You Wish", tous deux présents sur l'album "Effloresce" qui paraîtra l'année suivante, mais qui pour l'occasion seront réenregistrées et remixées. Seul titre qui soit exclusif à cet EP, le morceau "Relapse" à la fois hypnotique et rageur, qui à lui seul vaut sans problème l'acquisition. Une basse vrombissante et entêtante, une gestion des ambiances magistrale, une énergie furieuse déployée toujours à bon escient, et une puissance mélodique qui ne faillit jamais.
Un disque en forme d'ébauche certes réservé aux fans, mais non dénué de ces trésors sonores qui font la magie de ce groupe.

SINGLES

Bien souvent, les singles ne s'adressent qu'aux fans avides de se confectionner une collection digne de ce nom. Le cas d'Oceansize ne déroge guère à la règle puisqu'il présente des morceaux pour la plupart présents sur leur seul album sorti à ce jour, le tout agrémenté par quelques enregistrements lives et B-sides.

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1) Remember where you are.
2) I Haven't Been... ...The Claw For Ages.

Single d'intérêt moyen, dont la piste n°2 (beau titre instrumental) peut toutefois le rendre intéressant, toujours pour le fan en quête d'inédits.

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1) One Day All This Could be Yours
2) Breed Siamese
3) Massive Bereavement (Live)

Une B-side plutôt quelconque, bien que sympathique, et un live du feu de dieu. Agréable, mais dispensable.

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1) Catalyst
2) Women Who Love Men Who Love Drugs (Live Version)
3) Catalyst (Enhanced Video)
4) One Day All This Will Be Yours (Enhanced Video)

Jamais reçu.
Mais il paraît très bien, ma foi.

Sinon, pour être tout à fait complet, impossible de dire où se trouve ce qui reste à mon sens comme leur meilleure B-side, à savoir "Size Of An Ocean". C'est bizarrement complètement absent de leur discographie, le seul album officiel que j'ai pu trouver contenant cette chanson, c'est une compilation aujourd'hui écoulée, regroupant une large palette de jeunes groupes anglais... Alors après on nous reprochera de télécharger hin... Mais bref, la song en question est terriblement efficace, alternant comme souvent chez Oceansize douceur et violence. C'est pas malin de planquer des morceaux pareils...

UPDATE

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Frames - 2007


1) Commemorative 9/11 T-Shirt
On le pressentait, et cela se confirmera tout au long de ce "The Frames" : Oceansize s'est engouffré tête la première dans des ambiances et des structures typiquement post-rock, héritées notamment de Mogwai et Explosions In The Sky (pour ne citer qu'eux).
On part de quelques notes, on monte progressivement, autant en puissance qu'en impact mélodique, pour finir sur une apothéose sonique irrésistible, près de 8 minutes et 30 secondes plus tard. Ca c'est pour la théorie, ce qui est inexplicable c'est cette capacité que possède ce groupe à sonner comme personne d'autre, à maîtriser mille ingrédients pour ne jamais tomber dans le cliché, et finalement terrasser l'auditeur.
Ce premier morceau a le mérite de mettre les choses au clair : le nouvel Oceansize sera massif et imposant (impossible d'en être autrement avec une telle section rythmique), mais également plus doux et très porté sur les longues constructions. Peu de paroles, des mélodies toujours majestueuses, des plans rythmiques hallucinants, des progressions lentes et sinueuses, des contrastes saisissants. Sacrée mise en bouche.

2) Unfamiliar
Le morceau le plus typé "single" du disque... Un single potentiel de 6'32 quand même hin. :D
Cette fois ça démarre direct avec les guitares toutes dehors, et le chant fait son entrée relativement rapidement. C'est accrocheur, les vocalises se font plus lyriques, et on hoche volontiers la tête en battant le rythme.
Mais ça reste du Oceansize, et à ce titre, on a quand même droit à des enchaînements savants qui nous font passer avec brio de parties relativements pleines et heavy, à des passages plus aériens, dont un fait d'ailleurs clairement penser à "Diary Of Always" de Biffy Clyro.
Un titre terriblement efficace et inventif. Rien à redire, c'est du grand Art.

3) Trail Of Fire
Un arpège magnifique mêlant guitares et claviers se charge d'introduire ce "Trail Of Life", sitôt rejoint par un chant un brin mélancolique du plus bel effet. Et c'est parti pour 8 minutes de trouvailles mélodiques géniales, avec des cassures à la pelle, toutes gérées à la perfection. C'est simple : il y a dans ce morceau plus d'idées et de matière que dans bon nombre d'albums entiers... Et le plus fou, c'est que c'est jamais chiant.

4) Savant
On commence à s'enfoncer dans une mélancolie plus franche, relativement inhabituelle chez Oceansize. Le chant sur ce titre est particulièrement touchant et abouti, on note également la présence de cordes, qui se chargeront d'ailleurs de clore en beauté ce titre, après la montée en puissance de rigueur.
Pas franchement joyeux mais absolument sublime.

5) Only Twin
Un morceau encore un peu plus noir que le précédent, c'est dire si l'atmosphère commence à devenir pesante. Une fois de plus, les cordes sont de la partie, avant une explosion électrique et lyrique finale poignante... Un morceau hautement dépressif mais brillant, que beaucoup trouveront d'ailleurs peut-être exagérément sombre. Pour ceux-là, la piste suivante risque d'être une épreuve particulièrement rude. :D

6) An Old Friend Of The Christies
Une musique de fin du monde. Pas moins. Je ne sais pas si les membres d'Oceansize ont connu des épisodes personnels douloureux durant le processus de composition de cet album, mais là il est impossible de percer à jour une éclaircie digne de ce nom : plus de 10 minutes d'une lente progression noire et désabusée, avec une batterie qui ne s'en tient pendant longtemps qu'à marquer solennellement les temps, comme le ferait un coeur qui bat. A moins qu'il ne s'agisse d'un lent décompte vers l'apocalypse... Un titre entièrement instrumental, parfois d'ailleurs quasi-silencieux, au cours duquel les guitares explosent par intermittences, et qui fait penser à une sorte de Godspeed dépressif.
Enorme ou imbuvable selon les gens et les sensibilités, en tout cas évitez comme moi de n'écouter que ça pendant 3 jours. :D

7) Sleeping Dogs And Dead Lions
Ce titre ne suffira pas à lui seul à remonter le moral de ceux qui souhaitaient retrouver sur ce disque un Oceansize plus metal et énervé, mais cette fois l'artillerie lourde est de sortie : gros son de guitares, hurlements, plans de malades archi-barrés (le batteur de ce groupe m'hallucine vraiment), riffs saccadés destructeurs etc... Au milieu de tout ça, comme pour prouver qu'aucune destructuration ne l'effraie, le groupe parvient également à placer quelques parties plus atmosphériques et posées. Inutile de préciser que tout s'enchaîne avec une précision et un naturel diaboliques.
C'est encore et toujours franchement noir, bien qu'un peu plus farfelu ici, mais une fois de plus, tant de maîtrise force l'admiration.
Une véritable tuerie au final, et pour moi un modèle de ce que peut donner la technique mise au service de la musique.

8) The Frame
Un morceau épique en guise d'épilogue... Enfin, reprécisons : partant du principe que tous les morceaux de cet album le sont, celui-ci l'est encore plus. On remet donc le couvert pour plus de 10 minutes, une seconde fois. Sauf qu'à ce stade du voyage, l'orage est passé. "The Frame" pose des ambiances beaucoup plus apaisées et lumineuses, tout en se révélant être le morceau du disque le plus typé post-rock.
Que dire si ce n'est que c'est magnifique, et qu'avec un morceau pareil, Oceansize surpasse sans problème les plus grosses pointures évoluant dans ce genre musical densément peuplé ? On pourrait ne rien dire. Mais on peut aussi ajouter que malgré ce glissement évident vers des contrées plus aériennes et progressives, Oceansize n'a effectivement rien perdu de son identité, comme le précisait Zorneye. Le groupe s'est affirmé et a prouvé qu'il était capable de brasser très large, sans arborer la triste étiquette de "clone de".
Pas de "Amputee" sur ce disque, ni même de titre calqué un tant soit peu sur le format chanson traditionnel, mais des pièces colossales remarquables de courage et de talent. Oceansize a compris depuis belle lurette qu'il ne serait de toute façon jamais un gros vendeur radiodiffusé, d'où cet album aux partis pris tranchés et sincères, lui conférant une homogénéité sans doute plus affirmée que ses aînés.
Il y aura à n'en pas douter des déçus, mais pour ma part je me réjouis de voir l'un des groupes qui m'a le plus passionné ces dernières années ne pas stagner et refuser de se reposer sur ses acquis.

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Oceansize - Home & Minor

Il s'agira à n'en pas douter de leur sortie la plus critiquée, et même si l'impact d'un EP ne peut évidemment pas être comparé à celui d'un album, Oceansize ne s'est jamais autant mis en danger qu'en tentant ce 6 titres totalement dénué de distorsions.
Le public métal - nombreux chez leurs fans - fera certainement un peu la gueule, mais il n'empêche que cet essai vient joliment compléter une discographie d'une richesse d'ores et déjà étourdissante.

1 - Legal Teens

Plus encore que ce titre osé (ou alors j'ai les idées mal placées, allez savoir), la "faible" durée de ce morceau surprend. 4'30 chez Oceansize, on frôle la révolution. Et musicalement ? Un hybride détendu entre post-rock et pop susurrée, sur une rythmique presque tribale. Le morceau est parfaitement réussi, franchement singulier, et se révèle sans cesse plus accrocheur au fil des écoutes.

2 - Getting Where Water Cannot

Oceansize n'avait pas tout à fait menti lorsqu'il affirmait voilà quelques mois bosser sur des titres plus pop et immédiats, et qui plus est d'une durée raisonnable. Parce que même si malgré tout, le naturel est revenu au galop pour finalement excéder les 5 minutes, ce titre touche à des atmosphères pop relativement nouvelles chez les Mancuniens. On y trouve même des cuivres, figurez-vous.
Ah, et le chant démarre direct, je crois que c'est une première dans leur répertoire.
En tout cas, le morceau est très bon.

3 - Monodrones

Petit interlude atmosphérique plus ou moins dispensable selon les sensibilités.

4 - Home & Minor

Morceau 100% post-rock, dans la lignée d'un "Ornament / The Last Wrongs" cependant beaucoup plus doux et apaisé. On y retrouve en effet notamment ce chant presque religieux, sur des arpèges flottants.
C'est un peu plus attendu de leur part, mais c'est encore une fois tellement réussi qu'on aura du mal à faire la fine bouche. Magnifique.

5 - Didnaeland

Titre instrumental très court et épuré, qui fait la part belle au piano. Encore une réussite même si pour le coup, les plus réticents à ce genre d'ambiance pourront trouver ça particulièrement vide et chiant.

6 - The Strand

Ambiances plus glauques et opaques, gros son de batt', chant las, grave et murmuré. Dans un autre style, indéniablement plus sombre, on touche donc encore une fois avec brio à ce que le post-rock propose de mieux aujourd'hui. Cela dit, histoire de faire la fine bouche, j'ai trouvé peu judicieux de mettre ce morceau en clôture du disque. Le titre éponyme s'y serait à mon sens parfaitement collé.


"Home & Minor" apparaît donc à mon sens comme un essai de post-rock de salon, Oceansize ayant délaissé le gros son le temps d'un EP, pour revenir à des fondamentaux plus apaisés. Après des disques sans cesse plus sophistiqués, ça me semble parfaitement judicieux, d'autant que le rabâchage guettait. Or, le groupe prouve s'il en était besoin qu'il aime se permettre un peu ce qu'il veut, sans toutefois se départir d'une cohérence visible dans son évolution.
To be continued...

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Self Preserved While The Bodies Float Up

01 - Part Cardiac

L'album démarre avec du très lourd, au sens premier du terme. Du heavy crados (larsens inside) qui se traîne un peu, comme si les guitares pesaient 3 tonnes. Relativement inédit chez Oceansize, ce titre à la fois glauque et agressif est d'autant plus surprenant qu'il lui incombe d'ouvrir le feu. Mais aussi réussit soit-il dans son genre, il demeure relativement à part sur le disque, et constitue donc un (très) agréable trompe-l'œil.

02 - Superimposer

Ça envoie toujours du gros son, mais on est en terrain plus connu cette fois-ci. La rythmique s'est accrue et se fait plus tortueuse, le morceau va moins tout droit, et montre plus de dispositions mélodiques. Belle réussite, dans un style qu'ils ont su creuser et faire leur.

03 - Build As A rocket Then...

Fort de son bagage technique très au dessus de la moyenne, Oceansize commence à toucher aux morceaux qui vont partout en balançant des mesures décomposées à foison. C'est toujours très énergique, admirablement construit, et mélodiquement irréprochables. Le final est carrément fabuleux dans son genre. Grosse baffe.

04 - Oscar Acceptance Speech

Il est temps de calmer le jeu. Mais pas n'importe comment. Ce morceau est un chef d'œuvre à demi inclassable, Post-Rock à la sauce Oceansize, planant sans jamais être chiant. Et le final est carrément fabuleux. Encore.
Un de mes morceaux favoris du groupe.

05 - Ransoms

On calme encore plus le jeu. Mais pas n'importe comment non-plus.
Seulement cette-fois, on est déjà moins surpris. Parce que c'est le genre de très bons morceaux que ce groupe peut produire à la chaîne sans suer la moindre goutte. Pas le titre le plus marquant du disque, mais on s'en accommode sans mal.
Notons par ailleurs qu'il s'agit déjà du troisième morceau qui ne s'aventure guère au-delà des 4 minutes.

06 - A Penny's Weight

Après le bloc de morceaux qui pétaient tout pour ouvrir le disque, Oceansize prolonge l'accalmie. Une sorte de Post-Rock flottant, un poil psychédélique, et globalement peu commun. Le chant - ultra harmonisé - contribue largement à l'originalité du titre, très réussi lui aussi. Et en 3 min 37 s'il vous plaît.

07 - Silent/Transparent

Ça démarre de façon posée et détendue, jusqu'à ce qu'éclate cette montée finale de toute beauté, qui à elle seule m'a rendu accroc à ce morceau. Enfin, "éclater" n'est certainement pas le terme exact, puisque cette fois, on en revient aux morceaux progressifs qui excèdent allégrement les 8 minutes.

08 - It's My Tail And I'll Chase It If I Want To

Oceansize a réenclenché la machine à baffes pour un morceau qui figure sans problème parmi les plus courts de leur disco'. Le titre aligne guitares tranchantes, batterie alerte, et chant qui navigue du flow quasi-rappé à de soudaines phases mélodiques. Un bon kif', vraiment.

09 - Pine

Un morceau joliment détendu, assez accrocheur et presque ensoleillé. Au contraire de ses confrères Post-Rock qui officient sur ce disque, "Pine" dégage une âme positive et relaxante, qui équilibre à merveille l'ensemble.

10 - Superimposter

Un morceau ambigu mais parfaitement maîtrisé, qui évolue lentement vers un final tendu mais exécuté tout en retenue, comme pour brouiller les pistes d'un album beaucoup moins homogène que ne l'était son prédécesseur. Si "Frames " était un bloc, "Self Preserved while The Bodies Float Up" ressemble plus volontiers à un puzzle déroutant mais engageant, qu'on réécouterait aussi parfois pour tenter de remettre les pièces dans l'ordre. Selon les goûts, on dégagera certainement tel ou tel titre, mais difficile de détecter un morceau vraiment en deçà.

11 - Cloak (Bonus Track)

Comme souvent lorsque le groupe planque ses pistes, c'est plus ou moins glauque (Cf "Voorhees" sur "Frames). Mais alors perso', j'adore ça.
Cloak possède une âme presque digne de certains Massive Attack, agrémenté de tout ce qui fait le son Oceansize. Je vote pour, et plutôt deux fois qu'une, même si pour une fois, je trouve que ça se termine de façon un peu brutale et impromptue.


Au terme de quelques écoutes, j'ai cru préférer "Frames" et je m'apprêtais à dire que cet album était le premier que je considérais être inférieur à son aîné. Mais plus je me plonge dans ce "Self Preserved While The Bodies Float Up", plus je doute. De toute évidence, il y a match, mais au delà d'une excellence maintenue, le plus important reste qu'une fois encore, Oceansize a su insuffler à son dernier effort en date une véritable identité. Je mentirais si je disais ne pas commencer à griller quelques-unes de leurs formules, mais loin de voir pointer une once de lassitude, je vois surtout s'exprimer un groupe unique en son genre, et dont on peine toujours à déterminer les limites.
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Re: Oceansize

Messagepar Yoan » Ven 25 Fév 2011 14:13

Dear Friends,

We regret to inform you that Oceansize has split up.

An explanation for this occurrence is neither forthcoming or indeed necessary.
...
All that remains is to say THANK YOU for being there for us. It's been a very eventful and life-affirming 12 years.

We'll miss you.

There will be more music from each of us as soon as possible.


C'est tiré du Facebook - a priori officiel - du groupe.
J'ose encore croire qu'on leur a piraté leur page...

:(
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Re: Oceansize

Messagepar Paint » Ven 25 Fév 2011 15:28

Horrible. J'y crois pas, vraiment. Je les aurai jamais vu live. Putain.

EDIT: Le chanteur de Twin Atlantic, hier soir, ne sachant pas encore qu'il rendait un hommage (posthume) au groupe!

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Re: Oceansize

Messagepar Paint » Jeu 3 Mar 2011 16:17

Un tribute-article sur Oceansize:

http://www.stereoboard.com/content/view/163838/9

Et visiblement, Mike Vennart et Gambler ont directement reformé un nouveau groupe, British Theatre

http://twitter.com/BritishTheatr
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Re: Oceansize

Messagepar cici » Mar 10 Jan 2012 00:28

Les premiers sons de British Theatre... bon, difficile de donner un avis sur ces quelques extraits. Là on ne dirait pas mais d'après leur twitter ils ont enregistré de la voix. Bref, à voir !
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Re: Oceansize

Messagepar Yoan » Mar 10 Jan 2012 00:42

Je venais justement poster le lien.

Et donc en fait, quand on en a marre des grosses guitares, puis des guitares tout court, on en garde juste un peu et on brode de l'électro' autour. Peut-être que je serai méchamment fan très bientôt, d'autant qu'il y a des ambiances qui m'ont déjà accroché, mais ça commence à faire salement cliché, cette "évolution" là, quand même.

(Pas emballé non. Puis le nom du groupe est toujours aussi naze).
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Re: Oceansize

Messagepar Paint » Jeu 2 Fév 2012 11:27

Perso j’attends vraiment impatiemment de voir ce qu’ils vont nous pondre… Oceansize m’avait toujours fasciné par sa facilité a caler des beats un peu électro sur du post-rock vener’, faut voir ce qu’ils ont en tête ! (et pourquoi, t’aime pas le théâtre anglais Yoan ?! Hein ?! Moi j’aime bien ce nom)
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Re: Oceansize

Messagepar Yoan » Jeu 2 Fév 2012 12:12

C'est probablement toi qui a raison (sauf pour leur nom, moi ça me fait penser à Dream Theatre :face:), mais je crois que j'avale encore mal le split d'Oceansize.

Sinon, j'ai un peu écouté Mild Eyes, le groupe solo de Steve Hodson.
Bon, y'a deux ou trois trucs sympathiques, mais c'est pour l'instant très amateur, et donc inabouti.
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Re: Oceansize

Messagepar Yoan » Sam 25 Fév 2012 15:00

British Theatre livre ses trois premiers vrais morceaux :

http://britishtheatre.bandcamp.com/releases


Pas encore suffisamment écouté pour donner un avis digne de ce nom, mais c'est moins perché que ce que j'ai pu craindre. Certains passages sont même magnifiques et spontanément là, ça m'a plutôt reboosté.
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Re: Oceansize

Messagepar cici » Sam 25 Fév 2012 18:26

Ahah feaks les a mis tout à l'heure sans me dire ce que c'était, et bon comme je devais être occupée je faisais pas trop attention, mais je me disais quand même que ça me faisait vachement penser à Oceansize (en moins bien...) ! Je me demandais si c'était des titres genre B-sides ou quoi que j'aurais pas connu mais ça me paraissait bizarre... Bref faut que je réécoute parce que j'étais vraiment pas attentive. En même temps j'ai l'impression que je suis de moins en moins attirée par le genre... ça fait longtemps à vrai dire que j'ai pas eu envie d'écouter Oceansize. :s Mais peut-être que la nouveauté et la différence m'aideront. A suivre ! (peut-être)
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Re: Oceansize

Messagepar cici » Sam 25 Fév 2012 20:57

Et ceux qui suivent leur tumblr l'ont sûrement déjà vue mais au cas où, une interview toute fraîche de Mike Vennart à propos de British Theatre, intéressante au niveau du processus d'écriture, du rapprochement avec la musique d'Oceansize, etc.
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Re: Oceansize

Messagepar Yoan » Dim 26 Fév 2012 02:34

Je trouve "Gold Bruise" véritablement excellente, et très au dessus des deux autres chansons dévoilées. C'est d'ailleurs celle qui s'émancipe le plus d'Oceansize, et c'est personnellement désormais ce que j'aimerais entendre : puisque le split est consommé, autant faire quelque chose de vraiment nouveau. "ID Parade On Ice" a des relents trop clairs du passé, et même plus globalement, je trouve dommage de constater que l'EP sonne comme ce qui aurait pu être une belle évolution pour Oceansize.
C'est un truc que je dis souvent, mais je trouve décevant de devoir spliter dès qu'il s'agit d'opérer un vague tournant stylistique.

Cela étant dit, l'EP reste très prometteur, et hormis quelques séquences un peu faciles et presque racoleuses sur "ID Parade On Ice" - qui convainc quand même par quelques pirouettes mélodiques - c'est souvent d'un goût et d'une finesse indéniables.
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Re: Oceansize

Messagepar Yoan » Mar 10 Juil 2012 03:14

British Theatre balance des liens sans explication aucune :

http://player.vimeo.com/video/45462862?color=ffffff

Je sais pas ce que c'est censé devenir, mais c'est sympa'. Et très ressemblant à ce que faisait Oceansize en matière de Post-Rock.
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Re: Oceansize

Messagepar Yoan » Mar 31 Juil 2012 17:04

British Theatre a écrit:We've just completed mixing our second EP. It's called 'Died In The Wool Ghost'. It will be with you soon. X


J'ai confiance.
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Re: Oceansize

Messagepar Yoan » Lun 20 Aoû 2012 23:56

Même pas eu le temps d'écouter, mais British Theatre balance de la nouvelle came :

http://britishtheatre.bandcamp.com/

Mon avis - et mon probable 5ème post consécutif en ces lieux - dès que j'aurai écouté ça attentivement :jump:
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Re: Oceansize

Messagepar Yoan » Lun 10 Fév 2014 16:49

Alors que British Theatre s'est fendu de deux EP très prometteurs - que je reviendrai chroniquer un jour, pour la beauté du geste - la suite pour Mike Vennart, ça semble être... Mike Vennart.

Je ne sais pas s'il était très utile de scinder ses travaux solo' et je ne sais pas non plus s'il faut en déduire que British Theatre n'est (déjà) plus une option, mais un morceau est en écoute ici :

http://mikevennart.bandcamp.com/

Et comme d'habitude avec ce petit génie, c'est mortel.
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Re: Oceansize

Messagepar Yoan » Jeu 12 Mar 2015 23:42

Alors que j'attendais un album - un vrai - de British Theatre, c'est finalement Mike Vennart en solo qui sortira un disque cette année. Et ça semble ne pas avoir été pris à la légère : ça s'annonce tour à tour heavy et ambiant, dans des configurations qui ne sont pas celles d'un projet de salon. J'entends par là que la grosse artillerie est de sortie, qu'il s'est entouré de musiciens à même de former un groupe et que, pour dire les choses clairement, ça peut se rapprocher de ce que faisait Oceansize. C'est un petit paradoxe d'ailleurs, pour un truc qui porte le nom d'un gars (tristement) méconnu.

Plus d'info ici : http://www.pledgemusic.com/projects/11279

Si vous passez précommande, vous débloquez un premier extrait, "Infatuate". C'est plus cash qu'Oceansize tout en étant hyper efficace, groovy à mort - la ligne de basse :love: - et ça me donne une confiance monstre en l'album, qui risque fort d'être mon événement musical de l'année.

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Bon, par contre, la pochette, voilà quoi. Mais on s'en fout.
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