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L'actualité nationale et internationale

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Re: L'actualité nationale et internationale

Messagepar Yoan » Mar 17 Mai 2011 00:08

En fait, c'est beaucoup plus compliqué que ça, je pense.
Mais là j'ai encore 10 pages de sémiologie de la communication à "apprendre" pour mon partiel de demain, alors ça attendra ^^
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Re: L'actualité nationale et internationale

Messagepar caro » Mar 17 Mai 2011 00:10

oui oh, tu pourrais faire un effort, bordel.
=D
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Re: L'actualité nationale et internationale

Messagepar Binouz » Mar 17 Mai 2011 11:09

Ouais, moi aussi j'ai ce réflexe de compassion pour l'homme à terre.
Mais il ne faut pas se tromper de victime, si victime il y a.
Je retiens encore cet espèce de déchainement médiatique aussi indécent qu'absurde : les journalistes filment, les chaines diffusent, et ensuite, mènent des débats sur la diffusion ou non des images :hmm: .
Non mais franchement, on va en bouffer combien des minutes sur LCI ou BFM de "flash spéciaux" de supputations, suppositions, prétendus alibis, témoignages de proches... ?? Quasi aucun élément nouveau dans l'affaire, et 80% de temps d'antenne. Comme dirait Pierre Jourde dans C'est la culture qu'on assassine, solide pamphlet contre le métier de journaliste, entre autres: "Ca, c'est de l'information".
Il est fucké, point barre. Ca arrange beaucoup de ses confrères, même si ils réclament la présomption d'innocence, histoire de faire bonne figure. Sauf exception, 2012 s'éclairci, un concurrent (solide) en moins.
Sinon, je rejoins Paint sur le fait qu'il ait brillamment rempli son rôle au FMI, du moins, c'est ce qu'il se dit. (mais je ne sais pas si on peut faire confiance à "ce qu'il se dit".)
Quand penses-tu ?
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Re: L'actualité nationale et internationale

Messagepar Yoan » Sam 21 Mai 2011 14:37

Binouz a écrit:Sinon, je rejoins Paint sur le fait qu'il ait brillamment rempli son rôle au FMI, du moins, c'est ce qu'il se dit. (mais je ne sais pas si on peut faire confiance à "ce qu'il se dit".)


Déjà, pour un bref retour sur les faits.
Mars 2011, DSK déclare, en bon socialiste qu'il est, à propos de la dette Grecque : "La réalité, c'est que ces gens-là, ils sont dans la merde. Et gravement… Mais, eux-mêmes, ils ont un peu bricolé, ils n'ont pas payé d'impôts, c'est un peu le sport national ici : ça truande un maximum".
Super classe, on dirait du Hortefeux.

DSK a évidemment regretté que ces propos aient été relayés - tu m'étonnes - mais selon moi, au delà de leur caractère un peu badin puisqu'ils ont - presque - été saisis en off, ils dénotent déjà une façon de penser économico-financière totalement dévouée à l'ordre mondial. Mais comment pourrait-il en être autrement ? S'il était animé d'idées socialistes, on ne l'aurait bien évidemment jamais propulsé à la tête du FMI. C'eut été comme demander à un pacifiste de fabriquer des fusils mitraillettes qui ne font pas mal.
Si je devais aller vite, je dirais déjà que DSK, comme n'importe gus lambda de la maison, parlera toujours d'abord des politiques gouvernementales propres aux Etats concernés pour expliquer leurs difficultés sur le plan économique. La globalisation financière ? Mais non, puisqu'on vous le dit : la Grèce, ce sont des bandits.
Quant à cette fameuse crise, la "vraie", la grande, qui a touché à peu près tout le monde et à propos de laquelle on ne peut plus taper sur les mecs qui "truandent" - ou alors faudrait-il évoquer les phénomènes d'actionnariat ou de délocalisations massives, ce qui est déjà plus problématique - là on constate déjà que DSK a certainement plus contribué à ce qu'elle nous tombe sur le coin de la gueule, qu'à lui trouver des solutions.

Maintenant, qu'est-ce qui différencie DSK et Merkel ?

Bah, pour schématiser, Merkel dit : "Pas de restructuration de la dette, démerdez-vous. Les marchés sont rois".
Ça, c'est effectivement le pire. Mais ce à quoi je m'oppose, c'est de prétendre, sous ce simple prétexte que DSK n'est pas encore aussi extrémiste que cette peau de vache, que le mec a contribué à faire du FMI quelque-chose de fréquentable. Bien sûr que non.
En schématisant tout autant, DSK dit : "On vous aidera à restructurer la dette, mais seulement si vous vous chargez d'empiler les mesures d'austérité sociale les plus sévères". Ce à quoi on peut donc même ajouter "Et c'est de votre faute, z'aviez qu'à pas truander comme des cons".
Autrement dit, il demande à un pays d'appliquer des mesures dont je doute que même les pires gonzes de l'UMP oseraient évoquer en France.

Alors franchement, stop. Qu'on arrête de dire que le mec était en train de redonner un allant humaniste à la politique du FMI.
Le FMI - mais là, je n'ai encore pas le temps de développer - c'est le bras armé du capitalisme dégueulasse fondé sur les lois du marché. Et tout ce qu'a fait DSK, c'est de demander à des peuples de se coucher. Il le faisait en donnant l'impression de ménager la chèvre et le chou, pour donner l'impression au "peuple de gauche" que c'est un brave type, mais ça ne va pas au-delà de l’exercice de communication.

Après, qu'il ait bien fait son taf' - de merde - au FMI, certes. Mais je m'en réjouirais éventuellement si j'étais un fan d'Alain Madelin.
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Re: L'actualité nationale et internationale

Messagepar Yoan » Lun 23 Mai 2011 20:08

le site internet Atlantico, qui avait déjà dévoilé en exclusivité la semaine dernière la copie des rapports de police, révèle ce lundi que les premiers résultats de tests ADN pratiqués sur le socialiste confirmeraient la présence de traces de son sperme sur les vêtements de la femme de ménage… Ces résultats auraient été transmis par la police new-yorkaise aux autorités françaises et devraient être rendus publics dans les heures qui viennent.


L'étreinte se resserre.
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Re: L'actualité nationale et internationale

Messagepar Silver*Dream » Ven 10 Juin 2011 23:20

Je viens de lire la conversation sur DSK, et j'aimerais juste revenir sur certains points avec lesquels je ne suis pas d'accord ou qui sont peut-être des idées reçues.

Caro a écrit:J'ai lu quelque part qu'en Grèce certains s'inquiétaient de la fin de DSK. Ce qu'il a proposé n'était pas la panacée mais ils disaient que ça allait sûrement être pire avec quelqu'un d'autre...et j'ai lu autre part qu'il avait modifié, j'ai même vu supprimé mais bon, les plans d'ajustement structurel...
Je ne suis pas assez renseignée pour savoir comment il a mené ça exactement...mais quoiqu'il en soit et où que ce soit tout ce qu'on fait c'est de la politique du "moindre mal", ou du moins pire quoi...


Effectivement, officiellement les "programmes d'ajustements structurels" n'existent plus, mais on est vraiment dans la langue de bois ici puisqu'on les a remplacés par le "cadre stratégique de lutte contre la pauvreté" qui regroupe les mêmes conditions ! Et ça date d'avant DSK si ma mémoire est bonne. Mais surtout, ce qu'il faut comprendre, c'est que la présence d'un socialiste (aussi fort peut-il y croire) à la tête du FMI n'influence en rien le Fonds. Le FMI est un organe dont la plupart des décisions sont prises au vote, les États-Unis sont le seul pays à posséder un véto de part l'importance de leur quote-part (c'est-à-dire le financement qu'ils apportent à l'institution et qui leur octroie un pourcentage des voix). Alors ils pourraient foutre Besancenot, à part bloquer administrativement le processus, je ne suis pas sûr que ça changerait quoique ce soit car la mécanique fonctionne de toute façon. C'est pour cela que parler d'humanisation du FMI en y envoyant un socialiste, c'est quand même insultant pour tous les pays qui subissent ses programmes.

Paint a écrit:C'était quand même le seul à refuser que l'on place la Grèce en faillite et il bataillé sec de nombreux mois contre Merkel à ce sujet. Il se rendait d'ailleurs à Berlin pour en parler de nouveau.
Donc "chier dans les bottes", non pas vraiment. Mais là, l'Euro va (et commence déjà à) en prendre un sacré coup, au profit... Du dollar. Ah, tiens donc...


Le FMI pilote peut-être officiellement les négociations sur la "restructuration" de la Grèce, mais il ne donne qu'un tiers de l'aide. Le reste provient du Fonds européen de stabilité financière (FESF), donc des États-membres, ce sont surtout eux qui dictent la politique.
Même si je ne le partage pas, le point de vue de Merkel se défend... Car la Grèce est en faillite de toute façon, elle ne remboursera jamais les prêts et peut-être aurait-il fallu y penser avant de d'augmenter sa dette. Mais qui a-t-on voulu sauver dans cette affaire, au juste ? Les banques, évidemment. La plupart des banques grecques sont tenues par les banques françaises, allemandes et italiennes dans une moindre mesure. Si le système s'effondre, on va le sentir également. S'assurer que la dette grecque ne soit pas restructurée, s'assurer que le pays ne soit pas en faillite, c'est faire en sorte que le pays honore ses engagements. Mais ça ne marche pas comme ça, nous sommes encore en crise et sa structure économique est encore plus fragile que celle de l'Espagne: en gros la construction et le tourisme. Pas bon, ces temps-ci.
Moi, je suis tout à fait pour un sauvetage de la Grèce, mais pas de la façon suivante: démantèlement des services publics, réduction du salaire à l'embauche pour les jeunes, prolongement de la durée du temps de travail, politiques d'austérité budgétaire, etc. Or c'est ce que le FMI a demandé et continue à exiger, et je ne vois pas ce que Strauss-Kahn a apporté de bon là-dedans. Sa signature n'a fait que confirmer mes doutes à son sujet, personnellement.
Et l'Allemagne, dans tout cela, elle est actuellement dans une phase solo de l'aventure européenne, exacerbée qu'elle est de réussir quand les autres pays échouent à réunir les critères auxquels ils ont consenti pour s'assurer que l'Allemagne rejoigne l'UE (en gros les critères de Maastricht, 60% d'endettement maximum, déficit budgétaire de 3% max, 2% d'inflation, etc.). Mais c'est pas stupide non plus de refuser de payer pour des pays qui de toute façon ne rembourseront pas dans l'état actuel des politiques de relance... Ça n'a même aucun sens, dans une logique à long terme. Ce que ça cache, par contre, est dégoûtant. Merkel ne passe plus sous silence son mépris pour les pays latins qu'elle traite régulièrement de feignants.

Yoan a écrit:Bah, pour schématiser, Merkel dit : "Pas de restructuration de la dette, démerdez-vous. Les marchés sont rois".
Ça, c'est effectivement le pire. Mais ce à quoi je m'oppose, c'est de prétendre, sous ce simple prétexte que DSK n'est pas encore aussi extrémiste que cette peau de vache, que le mec a contribué à faire du FMI quelque-chose de fréquentable. Bien sûr que non.
En schématisant tout autant, DSK dit : "On vous aidera à restructurer la dette, mais seulement si vous vous chargez d'empiler les mesures d'austérité sociale les plus sévères". Ce à quoi on peut donc même ajouter "Et c'est de votre faute, z'aviez qu'à pas truander comme des cons".
Autrement dit, il demande à un pays d'appliquer des mesures dont je doute que même les pires gonzes de l'UMP oseraient évoquer en France.


À la limite, je préfère l'attitude de Merkel qui serait prête à laisser les marchés se démerder, plutôt qu'un mec comme Strauss-Kahn prêt à dilapider tous les deniers publics pour sauver des banques. Mais c'est vraiment si on me demandait de choisir entre la peste et le choléra.
Et sans vouloir le défendre, la Grèce a effectivement merdé. Le gouvernement a mandaté Goldman Sachs pendant des années afin que la banque américaine désormais célèbre les aide à maquiller leurs comptes déjà trop déficitaires. Je ne suis pas sûr que la stratégie fût la bonne. Après, ce que soulève DSK à propos de l'économie souterraine en Grèce est intéressant. C'est la même chose en Espagne, car le pays ne s'en sort pas si mal avec plus de 20% de chômage... Merci les emplois sous la table ! Ce que je veux dire, c'est que les normes et la compétition tuent la diversité des modèles en nivelant par le bas, et c'est précisément ce qu'on tente d'infliger à la Grèce aujourd'hui en la faisant rentrer dans le rang. C'est dramatique, car le pays est loin d'être pauvre, mais il est effectivement inefficace dans un monde où les capitaux sont libres (mais pas les peuples, la libéralisation c'est pour les grands).

Enfin oué, c'est la merde. Dans moins de 5 ans, on est tous ruinés, vous allez voir. La crise des dettes souveraines nous tuera tous si les gauches d'Europe continuent à se prélasser dans leur mélasse. J'aime los indignados.
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Re: L'actualité nationale et internationale

Messagepar Yoan » Ven 10 Juin 2011 23:48

C'est peut-être la première fois que je suis autant en désaccord avec toi.
Bon, quand j'ai un moment, je reviens défoncer Merkel avec une bêche, parce que perso', non.
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Re: L'actualité nationale et internationale

Messagepar Yoan » Dim 12 Juin 2011 14:37

A la relecture de ton post, je me rends compte que je me suis un brin emballé. On a finalement des idées proches, à ceci près que je trouve la politique de Merkel d'une violence inouïe. Et j'ai du mal à trouver quoi que ce soit pour la défendre. Le mépris incroyable avec lequel elle parle des "peuples du Sud", l'espèce de frime répugnante avec laquelle elle fait de l'Allemagne le "bon élève indispensable", alors qu'on sait très bien que ce pays profite de règles qu'il a instituées comme ça l'arrangeait, et bien sûr la façon dont elle répète "Nous pauvres Allemands hypercompétitifs, on est les vaches à lait de toute l'Europe", pour se foutre à peu près tout le monde à dos, c'est à vomir.

Le philosophe Jürgen Habermas parle d'une politique européenne qui vise désormais à installer "une Allemagne européenne dans une Europe germanisée". Je crois que c'est clair.


Un article très offensif que je trouve intéressant :

Zone euro : excluons l'Allemagne, pas la Grèce
Frédéric Lordon - économiste

Face à la crise grecque, certains, notamment à Berlin, prônent l'exclusion de la République Hellénique de la zone euro. Mais pour l'économiste Frédéric Lordon, c'est l'Allemagne qu'il faut exclure. La faute à une politique économique peu coopérative guidée par la doctrine de la rigueur.

La proposition allemande d’exclure la Grèce de l’Union monétaire européenne n’est finalement que le couronnement logique d’une longue suite de manifestations de mépris, entamée dans les années 90 avec le thème du « Club Med », alias les pays du Sud de l’Europe, incapables de se tenir à des règles de gestion macroéconomique rigoureuses (« allemandes »), poursuivies avec la proposition, entourée de rires gras, de vendre quelques îles grecques, et maintenant arrivées à leur terme avec la perspective finale de l’exclusion pure et simple.

Mais l’Allemagne perçoit-elle exactement jusqu’où aller trop loin ? Même Christine Lagarde, piquée par on ne sait quel insecte, se met à dénoncer tout ce qu’elle a pourtant toujours adoré et fustige la stratégie non coopérative de désinflation compétitive allemande, celle-là même d’ailleurs que la France tente également de pratiquer depuis des décennies et que la construction européenne impose plus ou moins à tous ses membres – à ceci près que même dans les jeux de cons il y a des perdants et des gagnants…

La France s’en tirerait-elle à peu près, en tous cas pas trop loin de l’Allemagne, Christine Lagarde ne trouverait pas grand-chose à redire, car, de même que jadis Paris valait bien une messe, un bel excédent commercial aujourd’hui vaut bien le pressurage des salariés – mais seule la déculottée fait venir l’esprit aux joueurs.

Traumatisme originel
Et pour l’instant the winner is : l’Allemagne. L’Allemagne, elle le répète assez, s’est saignée aux quatre veines et imposé des disciplines suffisamment douloureuses – rappelons-le, d’abord sous direction social-démocrate – pour que l’idée d’en abandonner maintenant les bénéfices lui semble juste une mauvaise plaisanterie.

D’un certain point de vue, on peut la comprendre. On n’en est pas pour autant empêché de poser quelques questions et pas seulement celle, découverte sur le tard par Christine Lagarde, du jeu idiot qui consiste à tirer tous les salaires européens vers le bas, par concurrence libre et non distordue interposée, rappelons-le au passage.

Car les semaines écoulées, semaines de crise politique européenne bien plus que de crise financière grecque, auront au moins eu le pouvoir révélateur, au sens photographique du terme, de porter au grand jour les tares congénitales de la construction monétaire européenne, et même plus radicalement encore, dès lors qu’on en interroge les origines, de conduire à la question fondamentale de savoir s’il est possible de vivre en union monétaire avec l’Allemagne.

Par une métaphore dont en principe il ne faudrait pas abuser, on pourrait dire que, comme la vie psychique individuelle, la vie psychique collective a ses traumas primaux et ses phobies incrustées. Ils peuvent avoir été intenses au point de façonner par exemple des « styles » de politique économique, durablement marqués par un grand événement originaire, dont les politiques contemporaines demeureront profondément informées, indépendamment de l’orientation des gouvernements successifs.

Ainsi, la Grande Dépression et ses taux de chômage à 25% constituent-ils le trauma primal de la vie économique des États-Unis dont la politique économique est, depuis, restée viscéralement attachée aux objectifs de croissance et d’emploi.

Ça n’est pas que ces objectifs priment absolument – la Réserve Fédérale a amplement montré, notamment en 1979, sous la présidence de Paul Volcker, sa capacité a remettre (temporairement) l’inflation en haut de liste –, mais ils n’en donnent pas moins sa ligne de fond à la politique économique étasunienne dont tous les instruments sont maniés aussi vigoureusement que possible pour atténuer les fluctuations et remettre au plus vite la croissance sur son sentier de long terme.

Reproduction du modèle allemand
L’Allemagne, elle, ne s’est jamais remise de l’inflation à milliards de pourcents de 1923. Il y a assurément de quoi en être resté marqué : avec l’effondrement bancaire, l’hyperinflation est l’événement maximal en économie de marché, le comble du chaos social – et parfois l’antichambre de quelques horreurs politiques. Conçue d’emblée pour ne plus être dans la main de l’État, désormais vu comme l’abuseur monétaire par excellence, la Bundesbank a fait de la lutte contre l’inflation son alpha et son omega, auxquels d’ailleurs tout le reste de la politique économique allemande doit se rendre également.

Cette histoire sommairement esquissée suffit à comprendre ce qu’il a pu en coûter à l’Allemagne d’entrer dans un partage européen de la souveraineté monétaire, et spécialement d’abandonner son deutschemark, point d’investissement de substitution de son identité nationale interdite d’expressions patriotiques chauvines après 1945.

L’obstacle a été jugé si considérable qu’il n’a pu être franchi qu’à la condition sine qua non que l’Union économique et monétaire reproduise purement et simplement à son échelle le modèle allemand : banque centrale indépendante copie conforme de la Bundesbank, orientation exclusive de la politique monétaire vers la maîtrise de l’inflation (art. 127 de l’actuel Traité de Lisbonne) [1], interdiction du financement monétaire des déficits publics (art. 123), dispositions variées d’encadrement des politiques de finance publique (art. 126 et pacte de stabilité), contention de l’aléa moral par des clauses de no bail out (art. 125).

On sait moins que l’Allemagne est l’auteur de l’étrange article 63 (dans la numérotation Lisbonne) prohibant toute restriction aux mouvements de capitaux entre les États membres et entre les États membres et les États extérieurs à l’Union.

Ainsi le mensonge de « l’Europe bouclier contre la mondialisation » est-il avoué en toutes lettres puisque si, à la rigueur, la déréglementation financière intra-européenne entre dans la logique des divers « grands marchés » européens (biens, services, investissements directs et donc capitaux financiers), rien, au regard des objectifs officiels de l’Union et de sa logique de l’unification intérieure, ne saurait en revanche justifier l’abattement de toute barrière financière entre le dedans et le dehors.

Ce sont Pascal Lamy et Jacques Delors, récemment devenus, le premier, relecteur de Marx, le second, pourfendeur de la finance dérégulée, qui à l’époque (1988) sont en charge, par la directive portant leurs noms (directive 88/361/EEC), de la réécriture du prudent article 67 du Traité de Rome (devenu art. 56 du Traité de Nice, puis 63 de celui de Lisbonne).

Libéralisation des capitaux
C’est que l’article 67 avait le mauvais goût d’indexer rigoureusement les transformations structurelles des marchés de capitaux européens sur les seules nécessités de l’économie réelle et du commerce intra-européen – en résumé : pas grand-chose. Or la directive Lamy-Delors a pour propos délibéré de mettre l’Europe des marchés de capitaux au goût du jour, c’est-à-dire à l’unisson du mouvement général de la déréglementation financière – dont il est maintenant possible de mesurer rétrospectivement tous les bienfaits [2] …

Rien ne saurait retenir les mouvements de capitaux ni la dynamique de l’innovation financière, mais d’abord sur une base intra-européenne – au moins Lamy et Delors demeurent-ils dans un premier temps conformes au mandat implicite de l’Union.

Ce sont les Allemands, en la personne de Hans Tietmeyer, alors président de la Bundesbank, qui saisissent l’opportunité pour imposer, contre toute logique proprement « européenne », une extension de la directive aux mouvements de capitaux entre l’Union et son extérieur.

Car la directive ne sera définitivement actée qu’en 1990 et entre-temps, le mur est tombé, le projet d’Union économique et monétaire lancé et le rapport Delors qui la prépare écrit. L’idée d’une union monétaire n’est pas absolument neuve – le rapport Werner de 1970 l’évoquait déjà. Mais cette fois elle est plus concrète que jamais, et c’est pour la politique économique allemande un moment de vérité.

Bien sûr le rapport Delors qui donne au Traité de Maastricht sa première esquisse, prévoit toute une série de garde-fous supposés prévenir les dérives de politique économique qui terrorisent l’Allemagne – les dérives « des autres ».

Mais peut-on faire confiance aux seules dispositions d’un Traité, qui n’envisage que des sanctions incertaines (il faudra d’ailleurs attendre la formulation du pacte de stabilité en 1996-1997 pour être un peu plus au clair sur le sujet) et laisse aux appréciations et aux arrangements politiques une marge bien trop grande ?

Hans Tietmeyer pense que non. C’est pourquoi il se saisit de la directive « marchés de capitaux » pour en pousser la logique au-delà de sa circonscription européenne, avec pour rationalité stratégique d’établir les marchés financiers intra- et extra-européens en instance de surveillance des politiques économiques de la future zone euro.

Dictature des marchés
À un journaliste qui lui posait la question de sa vie politique future, James Carville, ancien conseiller de Bill Clinton, répondait plaisamment qu’il rêvait d’être réincarné en marché obligataire, à ses yeux (très justement) le summum de la puissance puisque – la Grèce s’en aperçoit assez ces temps-ci – c’est là le lieu d’où l’on peut faire plier les États et prendre la main sur leurs options économiques les plus fondamentales.

Tietmeyer a déjà parfaitement conscience de ce rapport de pouvoir qui s’est établi entre les marchés de capitaux et des puissances étatiques qui n’ont plus de souveraines que le nom. L’Allemagne cherche un pouvoir de normalisation des politiques économiques dont elle doute qu’un traité puisse le fournir ?

Elle le trouve dans les marchés obligataires auxquels elle décide d’exposer les politiques des États membres, et puisque l’efficacité de la normalisation est proportionnelle à la surface des marchés institués en instance de surveillance, elle préconise fort logiquement d’ouvrir l’espace financier européen à tous les mouvements de capitaux de la planète. À part ça, l’Europe est « un bouclier contre la mondialisation »…

On ne peut retirer à la vision allemande ni son caractère anticipateur ni sa hauteur de vue stratégique… On peut juste lui contester sa « rationalité » de fond, celle-là même qui l’a conduite à n’entrer dans l’union monétaire européenne qu’à la condition de faire droit à ses propres obsessions, converties non seulement en dispositions juridiques mais en formes structurelles (la déréglementation financière « totale ») organisant la mise sous tutelle, externe autant qu’interne, des politiques économiques européennes.

Les situations de crise ayant pour propriété spécifique de rendre plus spectaculaire ce que la routine des temps ordinaires laisse habituellement moins bien voir, le cas grec, très probablement appelé à faire bientôt « école », s’offre comme l’expression canonique des dommages que peuvent infliger les marchés obligataires.

Non pas que les finances publiques grecques ne posent aucun problème, mais leur stabilisation est vouée, sous la pression des marchés, à s’effectuer dans les pires conditions, aussi bien du fait de l’alourdissement brutal du service de la dette, causé par la tension spéculative sur les taux d’intérêt, que des invraisemblables démonstrations de rigueur exigées pour donner satisfaction à l’opinion des investisseurs.

Si la crise de la dette grecque, et toutes celles qui s’annoncent à sa suite, pouvaient avoir la moindre utilité, il faudrait la trouver, au-delà des plans de circonstances comme celui qui a été péniblement conclu lors du sommet européen du 25 mars, dans l’opportunité de poser à nouveau des questions dont les traités européens proclament avoir donné définitivement les réponses, alors même que les événements actuels portent au grand jour toutes leurs insuffisances, question des modalités de financement des déficits publics [3], mais aussi plus fondamentalement encore question de la possibilité d’une coexistence – avec l’Allemagne.

Les obsessions d'une seule
Que la psyché collective allemande ait été marquée au fer rouge par l’épisode de l’hyperinflation, que sa pensée de politique économique en conserve la trace sous l’espèce de l’idée fixe anti-inflationniste, la chose est en soi parfaitement compréhensible. Toute la question est de savoir si les autres membres de l’Union sont décidés à vivre sous les obsessions d’un seul. Telle est bien pourtant la situation présente de l’Union qui vit selon les manies de l’Allemagne au motif que c’était là la seule façon de l’y faire entrer.

La question subsidiaire demande alors jusqu’à quel point les partenaires de l’Allemagne devront souffrir les conséquences des normes qu’elle est parvenue à imposer à tous d’après ses seules inclinations normalisatrices. Or l’état de crise a pour propriété de rendre ces conséquences plus visibles et plus pénibles que jamais – et de rapprocher de ce point.

Il suffit pour en juger de considérer l’extrême mauvaise volonté allemande à d’abord simplement envisager l’idée d’une aide collective à la Grèce, puis, s’y rendant du plus mauvais gré possible, son obstination à la soumettre aux pires conditions – intervention en cas seulement de fermeture de l’accès de l’État grec aux marchés, c’est-à-dire à un point de dégradation qui rendra tout solution beaucoup plus coûteuse, refus absolu de toute bonification de taux au nom des saines douleurs de la rédemption et de l’exemplarité –, enfin son insistance jusqu’au dernier moment à impliquer le FMI sans considération pour l’image d’impotence de l’Union renvoyée à la face du monde.

L’Allemagne en est donc venue au point où ses idées fixes de politique économique entrent ouvertement en contradiction avec ses propres engagements européens.

En témoigne l’effrayant – et inédit – chaos de la délibération gouvernementale allemande, incapable, pendant les deux semaines précédant le sommet du 25 mars, de retenir les prises de position les plus contradictoires à raison de deux ou trois par jour ! : pas d’aide, dit la chancelière Merkel ; une aide, répond le ministre Schäuble ; dans ce cas par le FMI seulement, exige la chancellerie ; surtout pas, intervient le banquier central allemand, etc., et l’ordonnancement jusqu’ici impeccable de la parole publique allemande a tourné en quelques semaines à l’invraisemblable pétaudière.

Rien d’étonnant dans ces conditions que l’arrière-pensée originelle, celle de l’erreur historique du partage de souveraineté monétaire avec des tiers qui n’en sont pas dignes, ait refait surface à ce degré de netteté dans le débat public outre-Rhin, puisque, pressions électorales aidant, l’évocation d’une fracassante rupture de l’Allemagne enfin rendue à sa sonderweg n’a plus rien d’un tabou.

Il ne lui manquait pour s’exprimer clairement que l’occasion adéquate, celle d’une crise interne à la zone euro forçant à l’invention d’un mécanisme de solidarité dont l’Allemagne ne veut pas par principe puisqu’il n’aurait pas d’autre signification à ses yeux que le secours indu des plus vertueux aux moins vertueux – d’ailleurs congénitalement incapables de le devenir jamais.

Rigueur allemande
Et puisqu’il est question de rupture, il serait temps, « en face », de se libérer enfin de l’idée absurde de l’Europe-monétaire-inconcevable-sans-l’Allemagne, et de songer aux soulagements symétriques du double processus d’émancipation qui verrait l’une s’adonner de nouveau sans restriction à ses obsessions idiosyncratiques et les autres ne plus avoir à souffrir d’idées fixes qui ne sont pas les leurs.

La formation d’une communauté, quel qu’en soit l’objet, suppose des compatibilités minimales, et l’on peut se demander s’agissant de la communauté monétaire européenne, si les exigences allemandes, pour être tirées d’une histoire incontestable, ne sont pas cependant d’un particularisme porté à un si haut degré d’affirmation unilatérale, et si hétérogène aux complexions des autres États-membres, que le « c’est à prendre ou à laisser » pourrait bien donner de plus en plus l’envie de « laisser ».

Imagine-t-on un instant la France, arguant de ce que l’État social et les services publics sont pareillement un legs de son histoire, obstinée à en imposer le modèle à l’Union entière – bien sûr on ne l’imagine pas, et d’ailleurs du seul fait qu’à défaut d’imposer quoi que ce soit à quiconque, la France s’est montrée incapable de seulement défendre ses propres éléments d’exception contre la déréglementation-privatisation européenne : poste, train, énergie tout est en train d’y passer, et demain, il faut en être bien certain, éducation et protection sociale.

Pour également structurantes qu’elles soient – les services publics sont bel et bien à la France ce que la rigueur monétaire est à l’Allemagne –, toutes les singularités nationales ne font donc pas l’objet du même traitement au sein de la construction européenne.

Et cette dissymétrie est d’autant plus accusée que le maintien de certaines de ces singularités, comme les services publics en France, n’entraîne aucun effet collatéral sur les autres États membres et laisse l’État concerné vivre tranquillement son idiosyncrasie [4], là où certaines autres, comme la construction monétaire à l’allemande, réclament d’être universalisées et que tous les autres s’y convertissent inconditionnellement. Il est exact que le partage d’une même monnaie crée de fait des externalités de politique économique qui appellent un cadre institutionnel de normalisation minimale.

Mais rien n’oblige à ce que cette normalisation s’effectue d’après les monomanies d’un seul, spécialement quand il en résulte des contraintes aussi fortes sur les politiques économiques nationales, et jusqu’à l’impossibilité d’apporter une solution coordonnée, et interne, à une situation de crise de finances publiques, dont rien ne permettait d’exclure a priori la survenue – comme si pouvait être viable une structure dimensionnée pour reprendre simplement des efforts ordinaires mais pas pour résister à des sollicitations extraordinaires.

Assymétrie
Il faudra donc bien un jour poser à haute voix la question de la possibilité de faire union dans une configuration aussi asymétrique où l’un des membres impose les réquisits de sa complexion singulière, hétérogène à celles de ses partenaires et, plus encore qu’hétérogène : pénalisatrice.

On pourrait d’ailleurs ne pas s’arrêter en si bon chemin dès lors que la question préjudicielle de la compatibilité est à nouveau autorisée, et s’interroger, hors de l’union monétaire mais dans l’Union européenne tout court, sur le cas britannique qui pose un problème formellement semblable en imposant à tous, mais d’après ses seuls intérêts stratégiques propres, la déréglementation financière – n’est-il pas évident, comme le cas récent de la directive hedge funds, pourtant d’une parfaite innocuité, l’a encore prouvé, que le Royaume-Uni se mettra en travers de tout projet sérieux de re-régulation financière ?

Et nous voilà, là encore, faire union avec un « partenaire » qui, en l’espèce, rendra impossible jusqu’au bout d’apporter une réponse à la hauteur d’une crise financière séculaire…

La lecture européiste qui tient l’état des choses, sinon pour le meilleur, du moins pour le seul possible, aura vite fait de moquer la frénésie d’exclusion qui finirait par trouver un motif pour mettre à la porte chaque autre État membre jusqu’à laisser la France seule à faire l’Union. Mais non ! Il se trouve que l’Allemagne et le Royaume-Uni sont les seuls pays à faire fondamentalement problème, la première parce qu’elle fait régner son modèle absurde de politique économique, le second parce qu’il impose la déréglementation financière.

Aucun autre État membre n’a eu jusqu’ici le projet ou les moyens de peser unilatéralement sur des données aussi lourdes de la vie économique européenne. Que des formes structurelles aussi fondamentales que la politique économique et la configuration des marchés de capitaux fassent l’objet de captures unilatérales et sans le moindre esprit de compromis de la part de certains États-membres est bel et bien un motif de s’interroger sur la possibilité, ou l’opportunité, d’entrer, ou de rester, dans une union économique avec eux.

Mais reconnaissons, pour rassurer les plus inquiets, que ces évocations d’expulsion n’ont pas d’autre statut que celui d’une expérience de pensée politique. Aucun moyen n’existe qui permettrait de joindre le geste à la parole et, dans le cas de l’Allemagne, si un jour (improbable) séparation il y avait, elle serait plus vraisemblablement le fait d’un départ fracassant de l’Allemagne elle-même que de ses partenaires qui lui désigneraient la porte.

On demandera alors si une expérience de pensée sans force n’appartient pas typiquement au registre de l’exercice intellectuel dans ce qu’il a de plus vain et ne se trouve pas vouée à une irrémédiable inutilité. Un peu moins qu’il n’y paraît si l’on considère que formuler explicitement l’idée d’une union monétaire sans l’Allemagne est aussi un moyen de faire savoir à l’Allemagne qu’elle n’est pas indispensable, et que son pouvoir d’imposition est plus limité qu’elle ne croit.

Car ce pouvoir n’est jamais que la mesure de l’incapacité de ses partenaires à penser leur union sans elle. Énoncer la possibilité de l’« exclusion » de l’Allemagne – qui n’est donc, on l’a compris maintenant, que l’idée de la possibilité de faire sans l’Allemagne – pourrait donc être un assez bon moyen de garder l’Allemagne, mais dans d’autres conditions, des conditions qui ne seraient pas exclusivement les siennes (en tout cas en matière de monnaie et de politique économique).

On peut se séparer bons amis
Et si ces nouvelles conditions n’avaient pas le bon goût de lui agréer et qu’elle décidait à son tour de s’exclure de l’Union [5] – ou d’exclure le reste de l’Union ! – il n’y aurait plus qu’à lui souhaiter bonne route avec le cas échéant un dernier avertissement amical, symétrique exact, d’ailleurs, de l’une des objections que ne manqueraient pas de soulever ceux pour qui l’idée du « sans l’Allemagne » est la déraison pure. Car, à ces derniers, la cause est entendue : version apocalyptique, l’euro ne s’en remettrait pas ; version simplement catastrophique, sa dévaluation est certaine.

Si la première version délire – on ne voit pas pourquoi une monnaie commune à une zone économique qui reste de première importance (même sans l’Allemagne) ne serait pas viable en principe –, on achètera volontiers en revanche la seconde, mais en en tirant des conclusions exactement opposées.

Car, spécialement, en temps de crise sévère, la dévaluation de fait de la monnaie européenne, est ce qui peut nous arriver de mieux ! Il est vraisemblable en effet que, l’Allemagne quittant la zone euro, plus encore sur un différend doctrinal relatif à l’orthodoxie de politique économique, verrait son de-nouveau-deutschemark immédiatement réévalué. Et pourrait expérimenter quel effet ça fait de s’imposer des années d’efforts pour constituer un avantage compétitif à coup de déflation salariale… et le voir ruiné en une semaine d’activité sur les marchés des changes célébrant la sonderweg retrouvée.

Les accidents de la vie collective n’ont pas toujours le caractère dramatique qu’on croit. On peut se séparer bons amis, plus encore quand il ne s’agit que d’une séparation partielle puisque, abandonnant la zone euro, l’Allemagne n’en resterait pas moins membre de l’Union elle-même (sans doute pourrait-elle pousser la superbe jusqu’à sortir de l’Union également, mais gageons qu’elle y pensera à deux fois : l’essentiel de son commerce international s’y réalise...).

Envisager ce genre de séparation sans drame aide à mieux voir ce que la compulsion irréfléchie de l’union pour l’union obscurcit fatalement : à savoir que, parmi ses conditions de possibilités, la constitution d’une communauté requiert des complexions qui désirent s’assembler un minimum de compatibilités mutuelles et que, ce minimum non satisfait, la communauté n’est pas en état d’accommoder les tensions auxquelles une situation critique la soumettra un jour ou l’autre.

Au moins ce genre de mise à plat permet-elle de clarifier l’alternative stratégique de la communauté : ou bien renoncer d’emblée un projet dont la viabilité est abandonnée à la fortune d’événements contingents dont on espère qu’aucun ne viendra solliciter la communauté au-delà de ses limites de plasticité, ou bien suggérer à ceux dont la complexion est la plus discordante de céder un peu de leur idiosyncrasie, en tout cas d’en rabattre du projet de l’imposer à tous les autres – si vraiment ils tiennent à l’union... –, ou bien faire comprendre au « discordant » que l’union peut très bien se faire sans lui.

________________________

[1] Il a fallu le choc catastrophique de la crise financière pour conduire la BCE à regarder autre chose que l’inflation. Il est vrai que, cette crise ayant pour propriété intrinsèque de propager des tendances déflationnistes, la chose lui a été plus facile, et l’on se demande comment la BCE se serait comportée eût-elle eu à arbitrer entre inflation et stabilité financière…

[2] Rappelons à toutes fins utiles que c’est cette clause « extérieure » de l’article 63 qui, prohibant toute sorte de protection, a permis que la vérole des subprimes viennent aussi s’entasser dans les bilans des banques européennes.

[3] Voir « Au-delà de la Grèce : déficits, dettes et monnaie » et « Commencer la démondialisation financière », à venir.

[4] Comme il s’en trouvera sûrement pour objecter que l’agriculture est typiquement un élément d’idiosyncrasie française générateur d’externalités – budgétaires –, on fera remarquer que le poids financier de la PAC, pour absorber une part non négligeable du budget communautaire, n’en est pas moins ridicule dans l’absolu et, surtout, n’entraîne aucune conséquence structurelle susceptible d’affecter significativement l’existence des autres citoyens de l’Union – pas exactement le cas de la politique économique et de la déréglementation financière…

[5] Par ellipse, on ne parle ici que de l’Union monétaire, car c’est dans la zone euro, et pas dans l’Union européenne elle-même que, à l’inverse du cas britannique, la présence de l’Allemagne est un problème.
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Re: L'actualité nationale et internationale

Messagepar Yoan » Mar 12 Juil 2011 15:08

Bourdin coupable d'un sondage sur DSK

Le Point.fr - Publié le 11/07/2011 à 17:21

La station RMC a été mise en demeure par le CSA pour un sondage litigieux concernant la culpabilité de DSK.

L'affaire DSK n'a pas encore été jugée, mais une première sanction tombe déjà contre la station RMC. Le CSA a prononcé une mise en demeure à la suite d'une émission de Jean-Jacques Bourdin, star de la maison. Le 6 juin dernier, l'animateur a appelé ses auditeurs à se prononcer sur l'éventuelle culpabilité de Dominique Strauss-Kahn, accusé aux États-Unis de tentative de viol. Il était demandé aux auditeurs de donner leur opinion par téléphone, SMS ou sur le portail internet de la station.

Les Sages rappellent que cette forme d'incitation à donner son opinion dans une affaire judiciaire en cours méconnaît la loi de 1881 sur la liberté de la presse. L'article 35 ter, alinéa 2, est on ne peut plus clair : le "fait de réaliser, de publier ou de commenter un sondage d'opinion, ou toute autre consultation, portant sur la culpabilité d'une personne mise en cause à l'occasion d'une procédure pénale ou sur la peine susceptible d'être prononcée à son encontre" est puni de 15 000 euros d'amende. Il en va de même lorsqu'un média publie des indications permettant d'avoir accès au résultat d'un tel sondage. RMC aurait également méconnu l'article 2-5 de sa convention avec le CSA qui "préconise un traitement mesuré des affaires judiciaires en cours".

Contactée par Le Point, la direction de la station n'a "pas de commentaire à faire".


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A force de faire du populisme pseudo-engagé racoleur à deux balles, ça devait finir par lui tomber dessus.
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Re: L'actualité nationale et internationale

Messagepar caro » Ven 15 Juil 2011 20:16

Bien fait.

Sinon, je suis outrée par ce que se prend Eva Joly dans la tronche depuis sa sortie sur la présence d'un défilé militaire lors du 14 juillet. La dame estime que c'est antinomique avec le discours qu'ont eu d'anciens résistants juste avant et qu'elle préfèrerait voir un défilé de citoyens en lieu et place de blindés et autres réjouissances servant à démontrer comme on est trop forts pour envoyer de la chair à canon se faire dégommer pour, bien entendu, nos si chères valeurs de liberté, d'égalité, blabla...

Je suis outrée de voir que maintenant toute la droite est décomplexée et s'attaque aux origines pas française de cette dame (qui vit en France depuis 50 ans, quand même, soit plus que la plupart d'entre nous ici et que pas mal de ministres et politicards actuels). Jusqu'à Fillon qui y fait allusion en disant qu'elle ne doit pas avoir une culture très ancienne de la France. Marine Lepen dit à peu près pareil, ajoutant qu'on voit où ça nous mène d'accueillir et naturaliser les étrangers. Oui, c'était déjà un scandale pour elle qu'une "étrangère" soit candidate aux présidentielles. Mais elle, on a l'habitude. Les autres on commence aussi, mais là, les attaques sont tellement basses.

A croire qu'aujourd'hui, on a plus le droit d'avoir des opinions tranchées, il faut être correct, neutre, mesuré. Et personne ne relève le fond de ce qu'elle a dit là. Au mieux, elle est taxée d'hippie soixante huitarde sur le retour. Bravo, beau débat. Voilà où en est la politique, donc ?
Et nous faire croire que nos soldats défendent nos valeurs à travers le monde ? Qu'ils protègent la France ? Mais oh, on a même plus besoin de guerres sanglante maintenant pour aller attaquer ou soumettre un peuple :on l'endette et on l'affame, c'est bien assez. Et on envoie les soldats se faire démonter le caisson quand on y voit des enjeux économiques et politiques, sûrement pas pour nous protéger, et encore moins protéger des valeurs. L'escroquerie c'est de faire croire à des jeunes que dans l'armée, on sert son pays et sa beauté. Non, on sert la finance, point barre. La guerre en plus, ça rapporte. On apprend quoi aux soldats ? Obéir, être docile, discipliné, marcher au pas. Quoi d'autre ? Ah oui, la vie en communauté, les valeurs fortes et viriles partagées aux quotidiens, c'est vrai.

Donc, encore un débat disqualifié d'avance par une volée de bois vert pas méritée pour un sous. Les mêmes qui crient au scandale de la censure de la liberté d'expression quand on ne les laisse pas déblatérer des énormités sur l'immigration fondent en masse sur une dame qui a exprimé une pensée et jouent les vierges effarouchées. Putain, ce truc d'identité nationale, de traditions qu'on ne remet plus en question parce que 'est comme ça depuis des années, le manque d'ouverture à d'autres contrées dans la pensée, ça m'énerve de plus en plus.

Et bravo la gauche au passage. Toujours aussi inexistante. Neutre, plate, sans saveur, sans couleur. Un exemple ?
La palme revient à Valls qui commente donc sur Twitter ce qu'a dit Eva Joly :
"Eva Joly qui propose la suppression du défilé du 14 juillet...tout cela n'est pas très sérieux.."

Bravo le blaireau.

Et bien sûr on déforme le propos, elle n'a jamais parlé de supprimer le défilé, seulement le défilé militaire pour le remplacer par autre chose.
Ses propos sont peut-être rapides à la base mais justement, un débat devrait s'ouvrir sur le fond, ce qui ne sera pas le cas bien sûr. en tout cas, elle se gardera bien d'y revenir, seule comme elle est.
Dernière édition par caro le Sam 16 Juil 2011 14:02, édité 1 fois.
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Re: L'actualité nationale et internationale

Messagepar Auré » Ven 15 Juil 2011 23:23

caro a écrit:Et bien sûr on déforme le propos, elle n'a jamais parlé de supprimer le défilé, seulement le défilé militaire pour le remplacer par autre chose.
Ses propos sont peut-être rapides à la base mais justement, un débat devrait s'ouvrir sur le fond, ce qui ne sera pas le cas bien sûr. en tout cas, elle se gardera bien d'y revenir, seule comme elle est.


J'ai pas tellement d'avis là dessus, puis je peux pas débattre sur quelque chose dont je connais trop peu, mais j'avoue ne pas trop comprendre.

Sur Wikipédia, je tombe sur ça :

La prise de la Bastille est un évènement de la Révolution française survenu le mardi 14 juillet 1789. Cette journée, durant laquelle la Bastille est prise d’assaut par les Parisiens, est, par tradition, considérée comme marquant la fin de l’« Ancien Régime » et le début de la Révolution française. La reddition de la Bastille, symbole du despotisme, fit l’effet d’un séisme, en France comme en Europe, jusque dans la lointaine Russie impériale.

La Fête de la Fédération fut organisée à la même date l’année suivante, pour coïncider avec le premier anniversaire de l’évènement. C'est ce premier anniversaire qui est commémoré chaque année depuis 1880, lors de la Fête nationale française du Quatorze Juillet, et non la prise de la Bastille par les citoyens en 1789.


Qu'est ce qui est voulu finalement avec un "déflié citoyen"?
Si quelqu'un veut bien m'éclairer? :ange:
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Re: L'actualité nationale et internationale

Messagepar caro » Ven 15 Juil 2011 23:55

Franchement, je ne pense pas qu'elle ait poussé son idée au-delà du symbole de voir les citoyens défiler plutôt que l'armée. Comme l'a dit je ne sais plus quel politicard, faire défiler l'armée le 14 juillet c'est aussi montrer aux pays étrangers qui auraient l'idée d'attaquer la France que celle-ci a une armée puissante. non mais j'vous jure.
Donc le défilé citoyen serait je pense pour montrer symboliquement (et "malheureusement" ça reste symbolique), que ce qu'un Etat doit craindre avant tout, c'est peut-être son peuple qui a force d'être maltraité risque de se révolter. et aussi parce que pour incarner les valeurs de la France, l'armée n'est peut-être pas la mieux placée. Surtout que la prise de la Bastille a été faite par les citoyens, contre le pouvoir en place...et que l'armée est quand même l'un des symboles du pouvoir d'un Etat, c'est un peu antinomique donc.
La France est apparemment l'un des seuls pays qui lors de sa fête nationale fait défiler ses soldats (quoique...il doit bien y avoir la Chine, ou la Corée...)...pour les autres, en majorité, ce sont les citoyens qui défilent, font des spectacles, etc...plus qu'une démonstration de quoi que ce soit, ça reste une fête...mais non, nous faut que tout soit tellement sérieux et rigide...on voit ce que ça donne quand on ose remettre en question un truc comme le défilé militaire...

Ce qui m'a fait pointer tout ça, c'est plus les réactions des politiques que l'idée même en fait. Et parce que oui, y'a eu un écho en moi, et je l'ai pas trouvée si conne cette idée moi...
Mais quand t'entends Marine répliquer "et pourquoi pas des stands de chichon aussi ?", ben je me dis qu'on va encore bien se marrer pendant la période des présidentielles...

Sinon, tu m'apprends via wikipédia qu'on fête même pas la prise de la Bastille...et là, je ne comprends plus rien. On m'avait pourtant appris ça en CM2 ! :face:
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Re: L'actualité nationale et internationale

Messagepar Yoan » Sam 16 Juil 2011 14:37

On est tellement empêtrés dans un nationalisme puant, qu'on préfère prêter à Eva Joly des vues antimiltaristes primaires, plutôt que de songer un instant à refaire les comptes correctement. Si l'armée c'est la nation, le République et ses valeurs universelles, moi j'aimerais qu'on fasse l'effort d'être transparents : Où va notre armement ? Comment, pour qui, et pour quoi est financée notre armée ? Un peu marre des sélections partielles et partiales qui vous citent la Libye ou la Côte d'Ivoire, pour ne plus déblatérer que les sempiternelles saillies lyriques sur la noblesse des soldats qui vont se faire botter le cul en terre hostile.
D'ailleurs, étant "tombé" sur le fameux défilé matraqué sur au moins 5 chaînes toute la matinée durant, j"ai fini par zapper, excédé, durant un sommet d'hypocrisie : Rance 2 avait quelques minutes à combler pendant le direct, alors on a envoyé Élise Lucet poser deux ou trois questions de merde à des parents qui ont vu revenir leur fils estropié de je ne sais plus quelle guerre à la con. Séquence émotion. Et là, en plein pendant un hallucinant "Il est revenu blessé, mais on est fier de lui, parce qu'il défend une cause noble", on les coupe comme des malpropres parce que Mr le Président de la République sort de sa Présidentielle voiture. Marrant comme cette séquence est finalement hautement symbolique : on s'en cogne des soldats shootés comme d'aimables moutons sur le terrain, ce sont de bien commodes bouche-trous auxquels on se réfère volontiers avec des trémolos dans la voix lorsqu'il faut y aller d'un discours larmoyant sur les valeurs de la République. Mais faut pas déconner non-plus, quand on a plus télégénique, on les dégage sans ménagement.

Bref.

Quid du fait que le monde a changé depuis Napoléon Bonaparte, et que les forces militaires sont aujourd'hui le bras armé - c'est le cas de le dire - du grand règne financier. Notre armée ça ne doit plus être que l'emblème de la nation, du peuple, de l'idée commune. Eh, ça va hein. On a le droit de dire que c'est une bonne blague ça, en 2011.

Mais en effet, Eva Joly ne faisait de toute façon que suggérer un défilé qui ait un peu plus de crédibilité et de légitimité symbolique un jour de fête nationale, qu'un étalage risible de tanks rutilants. Réponse de Fillon : une binationale, qu'est-ce qu'elle y connaît à l'Histoire de France ?
Putain mais quel demeuré. :hmm:
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Re: L'actualité nationale et internationale

Messagepar Yoan » Mar 19 Juil 2011 12:34

Quelques nouvelles du Nouveau Parti Anticapitaliste, qui en plus de ne plus être si nouveau que ça, n'est plus vraiment anti quoi que ce soit non-plus.

P1 + P2 + P3 + A - B = EMC²

Le NPA, depuis sa fondation, l'a assuré : il est à l'inverse de la politique politicienne, des magouilles, il est démocratique et transparent. Dans la discussion sur l'élection présidentielle, l'hebdomadaire du NPA publie des contributions à la discussion. Voici les extraits de l'une d'entre elles :

Nous, militantEs (sic) d'orientation P2 du Var, avons été très déçuEs (sic) par le contenu du texte A. Les camarades P1 ralliés au texte A acceptent, avec les partisans du texte B (P3-P1), l'idée de faire de "Nos réponses face à la crise" la base du programme. Ce serait une erreur de penser qu'il faut voter pour le texte A pour faire barrage au texte B. Si le texte B arrivait en tête sans majorité absolue, il est évident que les partisans des textes A et C s'uniraient pendant la CN pour passer une motion empêchant tout rapprochement électoral avec le Front de gauche. Un vote prétendu "stratégique" pour le texte A au lieu du texte C aurait pour unique conséquence d'affaiblir le pôle révolutionnaire du parti. Par conséquent, révolutionnaires du parti : unissons-nous, et soutenons le texte C !

Depuis, le débat "libre et transparent" a dégénéré. Le NPA s'est scindé en plusieurs groupes, les uns partisans de l'union avec le Front de gauche, les autres pour une "démarche unitaire", un troisième (avec une courte majorité) pour une candidature NPA, et un quatrième petit groupe pour une candidature "révolutionnaire" du NPA. Deux autres groupes ont quitté le NPA. "ChacunE" jugera.


Magnifique =D
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Re: L'actualité nationale et internationale

Messagepar Yoan » Mar 26 Juil 2011 12:32

"C'est un trait dominant chez ces meurtriers. Ils sont fascinés par des jeux vidéo violents comme World of Warcraft. Ces jeux consommés à haute dose provoquent une désensibilisation par rapport à l'acte criminel." Pour Stéphane Bourgoin, auteur d'une enquête sur les tueurs en série, la cause est entendue : dans le double attentat norvégien, les jeux vidéo violents ont joué un rôle dans le passage à l'acte d'Anders Behring Breivik, le principal suspect de l'attentat à la bombe et de la fusillade qui ont fait 76 victimes à Oslo et sur l'île proche de la capitale norvégienne. Une interprétation reprise par plusieurs médias ces derniers jours.

:hmm:

Y'en a pas un peu ras le cul de cet argument foireux, arriéré, et qui transpire l'ignorance crasse ?
J'arrive même pas à comprendre qu'on puisse encore être pris au sérieux quand on déballe un stéréotype aussi grotesque.
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Re: L'actualité nationale et internationale

Messagepar Paint » Mar 26 Juil 2011 12:45

Mouais, c'est la meme histoire a chaque fois qu'un taré sort sa pétoire et fait le ménage. Par contre, aucun souci sur le fait qu'un militant d'un groupuscule d'extreme droite est acces a deux armes de poing sans probleme. Non non, le probleme c'est les Orcs qui se tapent dessus au marteau géant de World of Warcraft. Bravo monsieur l'expert en tueurs en série. Je suis sur que Ted Bundy passait ses soirées a planifier ses meurtres sur Pacman.
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Re: L'actualité nationale et internationale

Messagepar Yoan » Mar 26 Juil 2011 14:51

On a fait des dizaines d'études plus ou moins poussées pour établir ce pseudo-lien entre les tueries de cet acabit, et les contenus médiatiques violents, quels qu'ils soient. Les résultats n'ont jamais abouti à rien, si ce n'est éventuellement à dire qu'ils agissent plus comme un exutoire que comme un facteur déclenchant. Je veux dire, aujourd'hui on enseigne même en sociologie des médias de masse, et ce dans n'importe quelle fac moyenne, que cet argument est une connerie pour simples d'esprit.
Et y'a encore des truffes qui se trimballent le titre ronflant "d'expert" pour oser balancer des clichés pareils. Bordel, je me suis trompé de topic, une déclaration de ce niveau c'était tout juste bon pour le bistrot.
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Re: L'actualité nationale et internationale

Messagepar Paint » Mar 26 Juil 2011 16:03

Dans le meme temps...
(source: jeuxvideo.com)

Future levée de la censure en Australie

S'il y a bien un élément commun qui caractérise parfaitement les français, c'est cette tendance à se plaindre constamment. Oui, nous sommes des râleurs, et nos lecteurs francophones du monde entier le savent bien. Par exemple, on est toujours les premiers à s'exaspérer devant la soi-disant terrible censure qui s'opère en France, dans de nombreux médias. Alors certes, tout n'est pas parfait, mais on oublie parfois qu'en ce qui concerne le jeu vidéo, on est particulièrement bien lotis. Rappelons tout de même que nos voisins allemands ou encore anglais ne sont pas logés à la même enseigne et ont souvent droit à des versions tronquées ou très modifiées pour cause de violence (et concernant l'Allemagne, pour des références au Nazisme), si ce n'est même des interdictions pures et simples.

Mais parmi les pays les plus virulents en matière de censure figure aussi l'Australie, dont les habitants ne peuvent même pas profiter des versions d'origines de Left 4 Dead 2 ou d'une partie des Grand Theft Auto, et n'ont jamais vu débarquer des jeux comme Reservoir Dogs, Risen ou encore le tout récent Mortal Kombat. La raison était simple au possible. Les classifications des jeux vidéos s'arrêtaient à un simple 15+. Du coup, quand le contenu semblait être bien trop violent (ou trop sexuel) pour des mineurs de plus de 15 ans, hop, le jeu était tout simplement banni. Mais miracle ! Suite à des pourparlers bien compliqués qui traînaient maintenant depuis des mois, le Ministre des Affaires Intérieures Brian O'Connor vient de trancher dans le vif en déclarant qu'il autorisait enfin la création d'une classification 18+, permettant ainsi à certains jeux pleins d'hémoglobine de sortir sur le territoire. On salue donc nos amis gamers australiens pour cette petite victoire, même s'il faudra attendre la fin d'année pour qu'elle soit réellement effective.
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Re: L'actualité nationale et internationale

Messagepar Zorneye » Mar 26 Juil 2011 18:53

Ce qui est fou, c'est que cette réaction vienne de Bourgoin qui est un peu une sommité quand il s'agit de traiter du meurtre en série/masse. Pour avoir lu plusieurs de ces bouquins, c'est un mec assez objectif et très consciencieux lorsqu'il s'agit de dresser le profil et de traiter les antécédents d'un tueur.
Étonnant...

C'est sûr que tenir un discours aussi simpliste aujourd'hui c'est idiot.
Qu'est-ce qu'il y connait aux femmes, Rick Hunter?
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Re: L'actualité nationale et internationale

Messagepar Paint » Mer 27 Juil 2011 09:48

Je pense que tu peux etre une sommité sur les tueurs en série et pas capter un beignet sur l'univers des jeux vidéos. Les jeux vidéos ne provoquent pas vraiment de réaction neutre, surtout depuis l'avénement de jeux de plus en plus réalistes et ou la violence graphique devient tres proche de ce que peut etre montré dans un film.

Pas de probleme a l'époque de la NES ou Snake pouvait égorger ses adversaires en 5 pixels, mais maintenant, des GTA ultra-graphiques sont passés par la et ca fait peur a certaines personnes. Au final, meme Mario tuait ses adversaires ! Mais ca faisait rire tout le monde (pourtant, succomber dans d'atroces souffrances par le biais de boules de feu géantes, ca doit pas etre le pied !)

Les jeux vidéos, soit on y joue, soit on est spectateur et on reste a l'entrée, pas forcément enclin a faire l'effort de compréhension nécessaire. OUI, en ce moment j'ai besoin de me faire mes quelques matchs de FIFA en ligne pour libérer un peu de pression. Mais je pourrais tout aussi bien le faire sur Call of Duty sans éprouver de plaisir particulier a déssouder des adversaires...
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