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le topic des sciences humaines

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Re: le topic des sciences humaines

Messagepar caro » Dim 24 Avr 2011 01:19

wesh,
j'aurais dû mettre une virgule, ce qui aurait donné "...est une autre pointure, en sociologie."...mais au bout d'un moment des gens comme eux ont une approche transversale des sujets et balayent tout un tas de disciplines. De Gaulejac lui est plus dans la sociologie clinique par exemple. En gros il s'intéresse à l'interaction individus/institutions. Ce qui est encore un peu différent de la psychosocio, etc. Mais les nuances au bout d'un moment, je ne les perçois plus en fait. Il faudrait avoir bien étudié tous les sujets pour s'en rendre compte, mais c'est tellement pointu au niveau nuances que finalement je m'aperçois que pour les thèmes que j'aime, je ne me cantonne pas à une seule discipline. Je peux croiser la psycho, la socio, la philo, des romans même.

Euh, je crois que je me suis perdue là, je sais même plus ce que je voulais dire.
Ah si, pour Souffrance en France, j'ai jamais retrouvé le livre ni les notes que j'avais faite en vue de poster un truc...
I don't understand !:r2d2:
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Re: le topic des sciences humaines

Messagepar Binouz » Ven 29 Avr 2011 13:25

http://www.franceculture.com/emission-du-grain-a-moudre-le-management-peut%E2%80%93il-reenchanter-le-monde-du-travail-2011-04-25.html

Tiens bah justement, je tombe là dessus sur France Culture avec en invité De Gaulejac.
Vous pouvez écouter l'émission en podcast.

-------
Edit : Bon j'ai écouté l'émission tranquille au boulot (hihi)(hum), elle pose une question intéressante : celle du travail du consommateur. L'entreprise fait maintenant travailler le consommateur (caisses automatiques au supermarché, bornes automatiques à la RATP/SNCF, achat sur internet....).
Suppressions de postes, service au consommateur médiocre, arrêtons le massacre.

Et je vous poste ce lien, ca en intéressera au moins deux d'entre vous :
http://travail.espacepublic.radiofrance.fr/

Toutes les antennes du groupe, au travers d’émissions et d’opérations spéciales, appelleront les auditeurs à participer à cette grande enquête jusqu’à fin 2011. L’ensemble des témoignages recueillis nourrira les émissions de chacune des chaînes et donnera lieu à l’édition d’un livre référent début janvier 2012, ainsi qu’à des débats publics en régions et à Paris.

Re-Edit : J'ai répondu au questionnaire. Je vous conseille, à celles et ceux qui voudraient y participer, de préparer un topo rédigé sur la question qui les intéresse, puisqu'ils demandent des témoignages en fin de questionnaire.
Quand penses-tu ?
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Re: le topic des sciences humaines

Messagepar Yoan » Jeu 12 Mai 2011 12:37

Heureusement que tel un obsédé frénétique, il me prend de revenir lire ce topic de temps à autres, je découvre tout juste tes edits, Binouz.

J'ai effectivement quelques témoignages à soumettre, donc je n'y manquerai pas.
Je suis terriblement bavard sur le sujet à vrai dire. :face:
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Re: le topic des sciences humaines

Messagepar Yoan » Ven 30 Sep 2011 12:44

Wesh, bien ?

Bon j'ai une question pour Caro. Désolé les autres, j'ai besoin de l'opinion de quelqu'un de compétent*

J'ai discuté récemment avec un farouche opposant à la psychologie. Pour lui, c'est - je cite - "une théorie philosophique dont on ne peut pas tirer de pratique viable" et il réfute la scientificité de la chose, comme beaucoup d'autres en fait. Il l'accuse même par ailleurs d'avoir institué l'idée que tout n'est que représentation individuelle ou de groupe, et qu'il n'existe donc pas de lutte des classes. Ce qui en tant que Marxiste accompli lui cause des ballonnements terribles. Mais là-dessus, je lui ai répondu, ça c'était juste pour situer à peu près son point de vue.
Là où on est tombé d'accord, c'est que des pratiques dites héritées de la psychologie ont "justifié" par exemple des méthodes de recrutement basés sur les entretiens avec des "spécialistes" censés cerner la capacité des candidats à réussir, à s'adapter, ou via des tests de personnalité à la con. Pour moi, c'est du Management déguisé, et c'est précisément réprouvé en masse par les psychologues du travail. Pour lui, c'est la preuve que les psychologues en question sont des "idiots utiles", qui servent les intérêts en place.
Ma question donc, j'y viens, c'est : les préparateurs mentaux et autres supposés "psychologues" qui établissent des profils en 3 tests, tu les situes où ? Ca fait partie de la psychologie en tant que discipline de "nourrir" ces pratiques ?

Merci bien.








* (J'déconne hein. Je m'intéresse follement à toutes vos opinions, évidemment).
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Re: le topic des sciences humaines

Messagepar Auré » Ven 30 Sep 2011 12:50

Yoan a écrit:* (J'déconne hein. Je m'intéresse follement à toutes vos opinions, évidemment).

Oui mais évidemment, on est carrément vexés, donc on n'a bien sûr pas lu ta question et on ne risque donc pas de te répondre ! :D
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Re: le topic des sciences humaines

Messagepar caro » Ven 30 Sep 2011 17:13

Ouh là, la pression...

Il a aucun argument ton pote ? A part des déclarations à l'emporte-pièce ? Pour que je puisse répondre vraiment, il faudrait que je connaisse ses arguments, sur quoi il se base, des exemples...

Je veux bien tenter hein, mais bon...

Le psychologie est-elle une science ? C'est le premier livre qu'on nous demandait de lire à la fac..
Voilà la question avec laquelle on commence ses études de psycho. Vaste question, vaste débat...qui comme tout vrai débat n'apporte pas de réponse !
C'est drôle cette question quand on me la pose, parce que j'ai tendance à répondre "non, et alors ?"

La psychologie...De quelle psychologie parle-t-il quand il dit qu'il est opposant à "la" psychologie ?

c'est maintenant tellement vaste que finalement parler de psychologie sans préciser de laquelle on parle, ça n'avance pas à grand chose. C'est une discipline née au croisement de la philosophie, des neurosciences, de la physiologie, de la biologie...Et il faudrait pour répondre correctement décliner toutes les spécialités en psychologie : psy du développement, du vieillissement, de l'enfant, psycho cognitive, psycho comportementaliste, psychologie clinique, du travail, psychologie sociale, psychosociologien neuropsychologie.......chacune ayant sa particularité, ses domaines de prédilections et ses méthodes.
Chacun a amené son lot de caricatures à outrance. Et l'exemple le plus flagrant c'est la psychologie du travail qui a amené certains qui ont sûrement des problèmes de vue en plus de leur mauvaise foi à la dévoyer. On a vu naître des courants douteux, comme par exemple l'analyse transactionnelle ou la Programmation Neuro-linguistique (je vous laisse regarder sur Google hein, ce serait trop long). Les deux ont le vent en poupe dans les formations en management. Seulement, beaucoup les considèrent comme de la "patapsychologie", en gros du charlatanisme car ces méthodes ne se basent sur rien de fiable, piochent à droite à gauche dans des théories souvent dépassées ou d'autres qu'elles simplifient à outrance. Voir aussi toutes ces conneries au rayon "développement personnel". Ce n'est PAS de la psychologie, même si les auteurs s'en réclament.
Et ne parlons pas de la graphologie, démontée depuis longtemps par la psychologie sociale. Et avec méthode.

Oui, car si pour moi la scientificité d'une discipline n'est pas un gage de sa qualité (faites-moi penser à vous parler des TCC), il existe des méthodes pour mener des études fiables en psychologie. Des stats, des enquêtes, des expériences...et là comme pour toutes les sciences une méthodes rigoureuse (dont on m'a gavée à la fac...blurp...pardon): hypothèses générales, opérationnelles, variables dépendantes, indépendantes, groupes témoins, blablabla. Donc à ce titre il existe une scientificité de la psychologie.
Ce qu'on oublie de dire c'est que le propre de toute science est d'être réfutable. Non parce que souvent on pense que c'est le contraire. Par exemple, la psychanalyse n'est pas une science car pas réfutable : se basant sur des choses imperceptibles, peu palpables, elle est plus une grille de lecture de la réalité dont on peut se servir en la croisant avec d'autres données.
D'ailleurs pour moi, la compétence d'un psy ou autre, c'est bien de savoir ne pas se cantonner à sa discipline mais la croiser avec d'autres. Bref. Tout ça pour dire que cette question, je la trouve pas bien utile en fait.

Pour en revenir aux tests et méthodes de recrutement, et aux psy, il y a de tout. Après chacun choisit son camp. Mais un vrai psy pour moi, ce n'est pas un passeur de tests et quand il en fait passer c'est remis dans un contexte particulier, un contexte dans lequel il aura fait connaissance autrement de la personne. Le test va être un outil en plus, mais ça ne reste qu'un outil qui détaché d'une méthode ou d'un cheminement plus global auprès de la personne ne sert à rien. Cf les tests de QI. Il n'en existe d'ailleurs que 2 : un pour adulte et un pour enfant : le WAIS et le WISC. tous les autres sont faux et non validés "scientifiquement". Mais malgré leur validation scientifique, leur valeur est nulle si on présente le résultat global du QI/ "Bonjour, votre enfant a 140. C'est supérieur à la moyenne. Au revoir", ça n'a aucun sens, aucune valeur diagnostique ou pronostique.

Il l'accuse même par ailleurs d'avoir institué l'idée que tout n'est que représentation individuelle ou de groupe, et qu'il n'existe donc pas de lutte des classes.


Je comprends pas ces réactions. A chaque fois j'ai l'impression que quelques élus ont la Vérité en eux sur chaque chose. Et justement la psychologie et notamment sociale, tout comme avant elle la philo, a comme but parmi d'autres de faire douter des représentations, de faire en sorte qu'on se décale un peu pour observer ce qui se joue chez un individu, dans les relations ou dans les groupes, mettre à l'épreuve ce qu'on pense être la réalité. Alors oui après on choisit son camp, on se construit ses valeurs et ses certitudes, mais on garde toujours en tête que d'autres contrées existent dans la pensée.

Je crois que j'ai pas vraiment répondu :face:
Non mais en gros, pour répondre à ta dernière question, je me méfie énormément des tests, et encore plus des recruteurs et managers qui ont souvent bien appris leur leçon, mais sans se rendre compte à la base qu'elle était foirée. Mais je vois pas en quoi "les" psy sont responsables. Il y a tellement de courants de pensée que forcément certains prennent le train en marche et vident tout de son sens initial.
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Re: le topic des sciences humaines

Messagepar Yoan » Sam 1 Oct 2011 11:18

Caro a écrit:Et il faudrait pour répondre correctement décliner toutes les spécialités en psychologie : psy du développement, du vieillissement, de l'enfant, psycho cognitive, psycho comportementaliste, psychologie clinique, du travail, psychologie sociale, psychosociologien neuropsychologie.......chacune ayant sa particularité, ses domaines de prédilections et ses méthodes.


Pour ce que j'en comprends, il a tendance à dire que cette profusion implique une myriade d'approximations, mais tout ce qu'il a pour l'appuyer, ce sont des expériences personnelles. Il m'explique par exemple qu'il a eu une prof' qui avait fait une thèse sur le stress, qu'elle était considérée comme une spécialiste sur le sujet, et qu'elle avait enchaîné tellement de contresens lorsqu'elle s'était "égarée" sur le terrain de la neurologie qu'il avait dû "quitter la salle" pour s'éviter d'éclater de rire. Très possible qu'il en rajoute, d'ailleurs.
Pas moyen de le faire parler d'un ouvrage important sur la question en tout cas. C'est, comme souvent lorsqu'on se trouve face à un pourfendeur des trucs en "psy", toujours basé sur ce modèle : "Je connais quelqu'un qui..."

Mais c'est le bordel dans sa tête, il veut parler de tout à la fois, on comprend rien.
Simplement, moi je voulais ton avis sur ce qui fait qu'une même "discipline" peut finalement être reprise à son compte par qui veut, pour servir des courants d'idées contraires. Je prends souvent cet exemple, probablement parce que c'est celui que je connais le mieux, mais pour ce j'ai retenu de mon initiation à la psychosociologie des organisations - qui m'a littéralement passionné, au passage - j'avais été frappé des critiques qu'elle décline à l'égard des techniques de management moderne. A vrai dire, c'est même carrément une lutte : Gestion VS Sciences du travail. Mais, puisque tu en doutais, tu m'as parfaitement répondu :

Chacun a amené son lot de caricatures à outrance. Et l'exemple le plus flagrant c'est la psychologie du travail qui a amené certains qui ont sûrement des problèmes de vue en plus de leur mauvaise foi à la dévoyer. On a vu naître des courants douteux, comme par exemple l'analyse transactionnelle ou la Programmation Neuro-linguistique (je vous laisse regarder sur Google hein, ce serait trop long). Les deux ont le vent en poupe dans les formations en management. Seulement, beaucoup les considèrent comme de la "patapsychologie", en gros du charlatanisme car ces méthodes ne se basent sur rien de fiable, piochent à droite à gauche dans des théories souvent dépassées ou d'autres qu'elles simplifient à outrance. Voir aussi toutes ces conneries au rayon "développement personnel". Ce n'est PAS de la psychologie, même si les auteurs s'en réclament.
Et ne parlons pas de la graphologie, démontée depuis longtemps par la psychologie sociale. Et avec méthode.


Je dois avouer que c'est ce que j'espérais lire. Probablement parce que ça arrange ma vision idéologique et éthique, mais bon, je suis pas un scientifique, moi.
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Re: le topic des sciences humaines

Messagepar cici » Mar 4 Oct 2011 16:11

Yoan a écrit:
Simplement, moi je voulais ton avis sur ce qui fait qu'une même "discipline" peut finalement être reprise à son compte par qui veut, pour servir des courants d'idées contraires.

Karo a déjà très bien répondu mais je voulais juste ajouter qu'il me semble que c'est le cas dans plein de domaines, non ? La mauvaise utilisation qui est fait de quelque chose (une science, une technique, etc.) n'en fait pas automatiquement une mauvaise chose. Après si lui ne voit QUE les mauvaises utilisations c'est une autre question...

D'ailleurs, je ne comprends pas très bien ceci :
Il l'accuse même par ailleurs d'avoir institué l'idée que tout n'est que représentation individuelle ou de groupe, et qu'il n'existe donc pas de lutte des classes.

Si quelqu'un peut m'expliquer ^^
(déjà ce que peut être une représentation individuelle ou de groupe, et en quoi la psychologie aurait institué cette idée, car le reste de la phrase implique déjà de comprendre ça ^^; ) (la réponse de Karo me donne des indices mais c'est pas très clair pour moi ce qu'il a voulu dire et du coup je ne comprends pas bien non plus la réponse de Karo uhuh) (désolée si c'est évident :oops: )
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Re: le topic des sciences humaines

Messagepar Yoan » Mar 4 Oct 2011 17:00

Premièrement, ta remarque est très à-propos.
On s'est servi des maths pour défendre d'absolues conneries en effet. T'aurais dû me souffler cet argument aussi limpide qu'imparable plus tôt. :D

Deuxièmement, ta question est tout sauf bête, d'autant que c'est son "attaque" qui n'a pas grand sens. Disons que je pense qu'il reproche à la psychologie une sorte d'individualisme idéologique. Plus grossièrement, il dirait que c'est nombriliste, parce qu'on ne voit qu'à travers le prisme de ce qui est "enfouis", et que ça ignore les théories "macro" tout ce que tu veux. Il m'a dit très exactement : "s'il n'y a que des ajustements sociaux à faire, ça veut dire qu'il n'y a pas de lutte des classes", mais je pense qu'il raisonne comme si les disciplines n'étaient pas capables de s'enrichir les unes les autres. d'ailleurs, c'est pas comme si Caro ne s'était pas intéressée à la sociologie tiens.
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Re: le topic des sciences humaines

Messagepar caro » Mar 4 Oct 2011 19:26

Avant même de m'y intéresser, de toute façon on est obligé quand on rentre en fac de sciences humaines de bouffer d'autres matières que la principale, parce que dès le départ on te le dit qu'il faut croiser les données et ne pas se cantonner à une seule vision. Il faut prendre les choses autant que possible dans leur globalité. Ainsi, en psycho, pendant tout le cursus tu as droit à le de philo, de la socio, de la bio, des stats (et ces matières en nombre d'heures dépassent largement le nombre d'heures dédiées à la psycho), sans compter que les cours de psycho sont des cours de psycho comme je l'ai dit : sociale, cognitive, etc. Saloperies de TD de bio de 4 heures le vendredi après midi à étudier des souris, tiens.
Donc en fait plus tu avances dans les études, plus tu te spécialises avec les options que tu choisis mais le tronc commun, tu te le traînes des années. Et c'est tant mieux.

Après, au niveau du vocabulaire strict en psychologie sociale, ou psychosocio, ou socio (bref), une représentation sociale a une définition claire, qui en correspond pas du tout à la manière dont ton ami définit la chose. Donc du coup, je suis pas sûre d'avoir bien compris son propos non plus, parce que moi j'avais en tête la vraie définition de ce qu'est une représentation. C'est même plus qu'une définition, c'est un concept...Comme quoi, tu pourras lui dire que malgré la prétendue non scientificité de la chose, il n'en reste pas moins qu'il existe une rigueur dans les définitions et la méthode; et qu'il en ressort des concepts permettant de généraliser un minimum (tiens, on dirait une science en fait hein ?)

Et donc, une représentation sociale c'est :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Repr%C3%A9 ... on_sociale

Pour faire très simple, c'est la façon dont on se représente le monde, les gens, etc et comment ces représentations se construisent, influencent les opinions, les comportements, les jugements..."des systèmes d'interprétation, régissant notre relation au monde et aux autres, [qui] orientent et organisent les conduites et les communications sociales", - [--] "phénomènes cognitifs engagent l'appartenance sociale des individus par l'intériorisation de pratiques et d'expériences, de modèles de conduites et de pensée" (Jodelet),
cf aussi le concept d'habitus chez Bourdieu.

Et pour info : "La psychologie sociale, née de préoccupations concernant à la fois l'individu et la société pose la question suivante: comment l'individu peut-il influencer son environnement pendant que celui-ci le conditionne ? Son évolution est liée au développement des sondages et échelles d'opinions depuis la première guerre mondiale. Ainsi les phénomènes du fascisme et de l'hitlérisme ont conduit des questionnements sur le rôle des partis politiques, de la propagande, de l'antisémitisme.
Il est important ici de signaler que la psychologie a permit de constater à quel point sont complexes les opérations mentales qui nous permettent de projeter et de localiser nos représentations du monde. Toutes les opérations de déduction, d'induction, de définition ne s'entendaient par le passé que par rapport à la constitution individuelle. Il n'était pas imaginable d'envisager que cela puisse procéder d'un assemblage complexe d'éléments provenant de sources variables et aussi différentes que possible."


Marrant, mais ça ressemble pas du tout à la vision de la psychologie qu'a ton ami. BIEN AU CONTRAIRE. MOUHAHAHA.

Et la psycho tient compte et étudie également les différences culturelles par exemple, donc tient compte de l'environnement des gens. C'est ça la psycho. C'est le contraire d'interprétation nombriliste. Le complexe d'Oedipe lui-même, les psychoses, la schizophrénie, ne sont pas dans leur expression identiques partout. On le sait.
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Re: le topic des sciences humaines

Messagepar Yoan » Mer 18 Avr 2012 11:45

Je n'ai pas voulu poster ça dans le topic Jeux Vidéo, puisque ça relève d'une réflexion plus globale à l'égard de la culture et de l'Art. C'est un extrait du livre/programme de Jacques Cheminade - candidat à l'élection Présidentielle, et partisan notamment de la conquête spatiale - qui détaille les raisons pour lesquelles il souhaiterait interdire les jeux les plus violents, et surtaxer ceux qui ne manifesteraient pas de "vertus pédagogiques"... Dommage d'ailleurs que cet atypique personnage n'en donne pas une définition plus claire, parce que je me demande si c'est "pédagogique", Mario ou Sonic.

« Une société qui plonge les individus dans une banalité infantilisante tout en laissant promouvoir le culte de la laideur, de la violence, du sexe et de la drogue, une société qui encourage l’égoïsme et opère sur la base du mensonge est une société qui détruit ces facultés mêmes qui, dans l’être humain, sont associées à la capacité de création, précondition à la survie et au développement tant immédiat qu’à long terme de notre espèce.

Cette « culture », aujourd’hui hégémonique, est en réalité celle de cette oligarchie prédatrice qui utilise les marchés financiers pour détruire les démocraties et les républiques souveraines, d’une féodalité de l’argent mobilisant des moyens financiers considérables pour imposer une culture de masse – films, jeux, publications, événements « culturels » à gros budgets – qui donnent le la et façonnent les « goûts » de nos concitoyens, avec pour résultat une forme de schizophrénie où l’aspiration profonde d’un individu à défendre les valeurs de la République entrera en conflit avec une identité dominée par la banalité, l’irrationalité ou des émotions animales. Peut-on réellement défendre la Liberté, l’Égalité et la Fraternité lorsque l’on occupe son temps libre à tuer virtuellement ses semblables dans des jeux comme World of Warcraft, Call of Duty (dont l’un des derniers épisodes se situe à Paris) ou encore en « consommant » sur écran des scènes de meurtres, de viols, de tortures à répétition ?

La « culture » de l’oligarchie financière, qu’elle entend imposer comme un fait de nature que l’on ne saurait discuter, repose sur certains dogmes, à commencer par celui, justement, que la culture en général et l’art en particulier ne se discutent pas. Dans cette conception, ils se résument, côté « consommateurs », à une question de goût strictement personnelle qu’il serait malséant d’interpeller et, côté « créateurs », ils seraient en quelque sorte l’expression d’une forme d’acte de foi que l’on somme les citoyens d’accepter tel quel. Force est de constater que l’interdiction de questionner est d’autant plus forte que l’idée même qu’est art tout ce qu’il plaît de décréter comme tel (une « installation » récemment mise à la poubelle dans un musée par le personnel chargé du ménage en est la caricature) a été le meilleur moyen de dissoudre l’art dans un néant aussi vaste que propice à toutes les fraudes. Or, peut-on parler de ce qui n’existe pas ?

Je pose cette question provocatrice car la culture est aujourd’hui dans l’impasse alors que la crise que nous vivons actuellement est d’abord et avant tout une crise culturelle. Pourtant, la culture ne pourra sortir de cette impasse que politiquement.

Une véritable renaissance artistique et culturelle ne pourra avoir lieu que si l’on retrouve cette culture républicaine anti-oligarchique telle qu’elle a tissé la trame de ce que la culture européenne a de meilleur : Eschyle armant ses concitoyens contre la dictature de dieux de l’Olympe, Dante Alighieri offrant à la future Italie une langue unificatrice et pourfendant les féodaux stupides et cupides, François Rabelais opposant au spectre de l’inquisition un humanisme précurseur de notre République, Ludwig van Beethoven entendant par son art élever l’humanité souffrante, Francisco Goya ridiculisant et dénonçant l’absurdité des oligarques, qu’ils s’appellent Habsbourg, Bonaparte ou autre.

Combien d’artistes connaissent ces grands génies, combien essayent de comprendre leur pensée, leur méthode de composition pour s’en inspirer ? Bien peu, sans doute. Pour commencer, les artistes comme les autres citoyens doivent retrouver la liberté de dire « c’est beau » ou « ce n’est n’est pas beau », « c’est de l’art » ou « ce n’est pas de l’art ». La politique de terreur interdisant aux individus de porter un jugement au nom du dogme du relativisme culturel doit cesser. Il ne peut y avoir une capacité de créer s’il n’y a pas la liberté de penser l’art (en termes de principes comme en termes de réalisation), ce qui implique de porter un jugement de valeur, d’être capable de définir une exigence, toutes choses qui doivent pouvoir être discutées en toute liberté. Plus prosaïquement, la personne qui voit se bâtir sous sa fenêtre (avec les deniers publics) une « œuvre d’art » hideuse et qui, tacitement, n’est en vérité autorisée qu’à dire « j’aime » ou « je n’aime pas », subit une agression et une injure dans un domaine essentiel de ce qui fait son humanité. Le fait même que dans le domaine de la culture et de l’art, les gens ne se sentent pas libres de porter et de socialiser un jugement esthétique prouve que l’art a pris la poudre d’escampette car la liberté lui est aussi indispensable pour exister que, pour nous, l’air que nous respirons. Mais ce qui est plus grave, c’est que cet « interdit » permet de passer sous silence la disparition de ce qui est au cœur de l’art : la beauté.

La culture c’est l’esprit, l’intention qui anime une société. C’est aussi tout ce qui concourt à la découverte de la vérité que la simple perception des sens ne nous permet pas d’appréhender. Mon but est de susciter l’environnement nécessaire pour recréer une culture qui élève les gens et non qui les abaisse, une culture qui les ennoblit et non qui les avilit, une culture qui s’adresse à ce qu’il y a en eux de proprement humain et de grand, et non à ce qu’il y a de bestial et de petit.

La culture actuelle, essentiellement basée sur la perception des sens, s’adresse aux « tripes » et aux émotions irrationnelles. C’est précisément ce pourquoi elle est promue par l’oligarchie car elle a pour but de ramener l’être humain à l’animal, quand elle ne cherche pas explicitement à faire sortir la bête en vue d’une stratégie de contrôle des populations. A l’inverse, les plus grands artistes de la culture classique [1] (dans son expression européenne comme dans celles d’autres civilisations) utilisent toute la gamme de la sensibilité, des émotions et de l’intelligence humaines pour transmettre des principes qui ne sont pas du domaine de la perception des sens mais de celui de l’imagination créatrice. Par le biais de la métaphore et d’une certaine forme d’ironie poétique, que la beauté a vocation à transmettre, ils rendent intelligibles ces principes universels qui sont au-delà de la perception des sens.

Or, sans cela, sans imagination créatrice, les perspectives pour la France et pour l’humanité à l’heure de la crise existentielle que nous vivons sont inexistantes.

C’est ce qui constitue le deuxième axe de mon projet pour la culture. Car il y a là un défi auquel il faut répondre et, dans cette perspective, il est indispensable que les citoyens puissent faire connaissance avec une culture qui, en tant que Français comme en tant qu’Européens, est la leur mais qu’en réalité ils ne connaissent pas. Les Homère, Dante, Erasme, Rabelais, Shakespeare, Beethoven ou Goya doivent devenir des références vivantes et familières où les citoyens pourront puiser comme à une corne d’abondance. Certains diront que l’on ne peut pas revenir à une culture du passé. Ils ignorent visiblement que la culture actuelle n’est pas « naturelle » ; elle est en grande partie une concoction synthétique élaborée pour les besoins de l’oligarchie, comme en témoigne le scandale qu’a représenté le « Congrès pour la liberté de la culture », projet politique financé par les fonds de contrepartie du Plan Marshall. A l’opposé, il y a l’exemple du cinéaste Werner Herzog, qui a récemment montré avec son film sur les peintures de la grotte Chauvet que la puissance évocatrice des œuvres d’art universelles se joue des siècles et des millénaires pour toucher directement notre âme.

Il faudra donc garantir que les grandes œuvres d’art entrent dans la vie quotidienne de nos concitoyens, ce qui suppose que les infrastructures existantes adaptent leur programmation en ce sens, mais également de doter l’ensemble du territoire des infrastructures nécessaires : depuis des salles ou des auditorium d’une capacité d’accueil suffisante avec une bonne acoustique et des salles de répétition jusqu’à la mise à niveau, voire l’ouverture de bibliothèques/médiathèques mettant à disposition des fonds variés et complets des grandes œuvres. Non seulement, il n’est pas acceptable que la culture classique soit le privilège d’un nombre restreint d’individus et de « connaisseurs » privilégiés, mais elle doit aussi redevenir source d’inspiration et de découverte pour les créateurs modernes. Ce sera également le moyen de constituer un public exigeant, capable d’accueillir et de comprendre ce que créeront les artistes mais aussi de ne pas accepter n’importe quoi. »


Bizarrement, je trouve ça presque aussi intéressant que risible.
Je ne sais pas si le mec est paranoïaque ou obscurantiste - ce qui est un beau paradoxe, pour quelqu'un qui souhaite qu'on aille poser quelques valises sur Mars - mais il est étonnamment doué pour défendre un point de vue délirant.
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Re: le topic des sciences humaines

Messagepar Yoan » Lun 22 Oct 2012 14:59

Je mets ça ici parce que je tenais absolument à faire le lien avec ce que j'expliquais sur la page précédente (que personne ne relira, mais soit) quant au décalage entre le travail dit "prescrit" et le travail "réel", décrit par Christophe Dejours.
Ou comment on finit parfois par se rendre compte qu'entre ce qui est ordonné - certifications à l'appui - et ce qui est pratiqué, l'écart est absolument gigantesque.

Le scandale qui secoue la police scientifique américaine

Il y a la fiction, la série télévisée "Les Experts" avec ses différents avatars (Las Vegas, Miami, Manhattan), où la police scientifique résout les crimes presque à elle toute seule en deux temps, trois mouvements. Et il y a la réalité. Celle-ci se résume depuis quelques semaines à un scandale qui secoue la police scientifique américaine, l'affaire Annie Dookhan. Pendant près d'une décennie, cette jeune femme de 34 ans a travaillé comme chimiste au Hinton State Laboratory Institute, un laboratoire d'analyses de Boston, financé par l'Etat du Massachusetts. Son travail consistait essentiellement à identifier les drogues saisies par la police ou à en rechercher les traces sur les pièces que lui confiaient les enquêteurs.

Annie Dookhan était très efficace. Trop. D'après le Boston Globe, quand un chimiste analysait en moyenne entre 50 et 150 échantillons par mois, Annie Dookhan parvenait à en traiter plus de 500. Dès 2007, un de ses supérieurs s'est posé des questions sur cette extraordinaire productivité, sans que cela aille plus loin. Il y a eu plusieurs autres alertes : un collègue qui s'étonnait de ne pas trouver dans les détritus le matériel nécessaire à toutes les analyses qu'elle était censée effectuer ; d'autres qui jugeaient bizarre de ne jamais la voir devant un microscope ; la signature d'une collègue imitée ; et enfin, en juin 2011, Annie Dookhan a été surprise en train de retirer, sans autorisation, des dizaines d'échantillons de drogue d'une salle contenant des pièces à conviction. Une enquête a été lancée en décembre, qui a mené à la démission de la chimiste en mars puis à son arrestation spectaculaire à la fin du mois de septembre. Celle-ci a depuis été libérée sous caution.

Les policiers sont allés de surprise en surprise. Non seulement Annie Dookhan n'avait pas le diplôme de chimie qu'elle prétendait avoir mais elle a également bâclé ou trafiqué de très nombreuses analyses. Ainsi, quand elle prenait en charge 15 à 25 échantillons, si 5 d'entre eux se révélaient positifs, elle déclarait que tout le lot l'était. Elle a aussi reconnu avoir souvent identifié des drogues uniquement en les regardant et sans les analyser. Plus grave : Annie Dookhan a dit aux enquêteurs qu'en présence d'un cas négatif, il lui était arrivé d'ajouter de la drogue à un échantillon pour le rendre positif. Elle risque jusqu'à vingt ans de prison.

L'affaire a provoqué le renvoi ou la démission de plusieurs responsables du laboratoire, qui ont tardé à réagir alors que les signaux d'alerte étaient présents depuis des années. Mais cela n'empêchera pas le scandale de contaminer tout le système judiciaire du Massachusetts. Car, en raison de ces analyses bidon, des personnes ont été condamnées et mises en prison. Au cours de ses neuf ans de carrière dans ce laboratoire, Annie Dookhan a "traité" quelque 60 000 échantillons, concernant 34 000 dossiers. On a pour le moment identifié 1 141 personnes détenues sur la foi d'éléments matériels passés entre ses mains. Comment savoir combien ont été condamnées pour une preuve fabriquée ? Depuis que le scandale a éclaté, les juges ont libéré des suspects ou suspendu leurs sentences dans une vingtaine de cas. Et ce n'est peut-être pas tout. En effet, il se pourrait bien, selon la police, qu'Annie Dookhan ait aussi eu pour fonction de calibrer les machines servant aux analyses et de contrôler au jour le jour leur bon fonctionnement. Comment être sûr désormais qu'elle s'est bien acquittée de cette tâche ? S'il y a eu là aussi des négligences ou des irrégularités, les conclusions dressées par ses collègues de laboratoire dans des milliers d'autres affaires sont-elles valables ?

Pour motiver son geste, la chimiste n'a d'autre explication que d'avoir voulu passer pour une employée modèle travaillant plus vite et mieux que les autres. Ainsi que l'explique au Boston Globe Justin McShane, qui présente la particularité d'être à la fois avocat et chimiste, "dans un laboratoire, vous êtes jugé sur vos chiffres. Il y a une culture de la pression pour que le travail soit effectué sans ressources supplémentaires." Annie Dookhan assure aussi qu'elle voulait simplement que "plus de travail soit fait". Comme l'a fait remarquer Nature dans un article en date du 9 octobre, cette affaire met donc surtout en lumière un système de police scientifique sous haute pression. La revue explique qu'entre 2005 et 2009, le nombre de demandes d'analyses soumises aux laboratoires de police scientifique aux Etats-Unis a presque doublé et que dans un cas sur quatre, il faut plus d'un mois pour obtenir le résultat. Conséquence : le travail en retard s'accumule, notamment pour les expertises ADN et pour l'identification de stupéfiants. Les laboratoires qui travaillent sur les drogues sont, écrit Nature, "submergés sous les cas". C'est probablement aussi en raison de ce surcroît de travail qu'Annie Dookhan a si aisément pu s'affranchir des procédures de contrôle qui ont normalement cours dans un laboratoire.

Il existe plusieurs raisons pour expliquer cette surcharge. D'une part, explique Nature, une décision de la Cour suprême américaine a eu pour effet de permettre aux avocats de faire témoigner plus souvent les experts de la police scientifique : quand ceux-ci sont convoqués au tribunal, ils ne sont pas au laboratoire. Ensuite, le fichage ADN s'est multiplié au cours des dernières années. Il est devenu obligatoire pour les personnes reconnues coupables de crimes et quelques Etats ont même adopté des lois pour que l'on fiche toutes les personnes arrêtées dans des affaires de meurtres, viols ou cambriolages, même si elles sont innocentées par la suite. Autre source de travail supplémentaire pour la police scientifique : les enquêteurs relèvent sur le terrain de plus en plus de matériel biologique ou bien ils rouvrent des vieux dossiers irrésolus (les fameux "cold cases") lorsque la possibilité d'une identification par l'ADN existe. Enfin, le public étant de plus en plus au fait des progrès de la police judiciaire, il ne faut pas non plus négliger la pression de la société dans la demande croissante d'analyses, le désir compréhensible de disposer d'une preuve matérielle, scientifique, irréfutable. Au bout du compte, une fiction comme "Les Experts" a peut-être aussi une influence sur la réalité.

Pierre Barthélémy (@PasseurSciences sur Twitter) - Lemonde.fr


Et ils sont où, les Experts ?

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Re: le topic des sciences humaines

Messagepar Moe » Lun 22 Oct 2012 18:29

Spencer stands on a beach, contemplating the meaning of life... Often he wonders what's on the other side of the ocean... Then Spencer realizes he is a dog and shits on the sand.
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