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BD - Comics - Mangas
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Auteur:  Finquel [ Sam 28 Juil 2012 14:23 ]
Sujet du message:  Re: Le topic des Level-up

C'est ça. Naruto est un bon shonen. Au moins sur la 20taine de premiers volumes car après ça devient de la grosse merde. Un charadesign catastrophique (qu'est ce que j'ai ris la première fois que Sasuke se transforme en truc démoniaque avec des ailes là). Quel horreur. De tous les auteurs Japonnais poussé à bout, celui ci n'y arrive vraiment plus. Du point de vue du dessin et du scénar.
Pourtant c'est vrai qu'au début, c'est sympa. Même si l'intégralité des personnages secondaires sont mieux que le personnage principale. L'intrigue va bon train, le graphisme est intéressant, les décors recherchés. Ca faisait de lui un titre sympa mais aujourd'hui bien loin d'une pléthore d'autres excellents shonen.
(tu peux le déplacer va ce topic ^^ crer un sujet "Naruto c'est bien ou pas?"
Auteur:  Yoan [ Sam 28 Juil 2012 14:43 ]
Sujet du message:  Re: Le topic des Level-up

Je tente le topic Nanaruto ? :D

(En attendant, je mets ça dans le thread BD/mangas).
Auteur:  Night [ Sam 28 Juil 2012 14:54 ]
Sujet du message:  Re: BD - Comics - Mangas

Silver*Dream nous a déjà expliqué qu'il ne voulait pas prendre la défense de Naruto, en cela qu'il n'a jamais trouvé que ce manga cassait des briques. Donc si c'est pour que Zorn garde le silence, et que Finquel et moi continuions à enfoncer le pauvre petit ninja, un topic consacré ne me paraît pas très intéressant.
Auteur:  Yoan [ Sam 28 Juil 2012 14:57 ]
Sujet du message:  Re: BD - Comics - Mangas

Ouais, je voulais juste bassement caser mon jeu de mot.
Auteur:  Zorneye [ Dim 29 Juil 2012 10:01 ]
Sujet du message:  Re: BD - Comics - Mangas

Je reste pas silencieux, c'est juste que je n'ai plus le net vu que je viens de déménager et que je galère avec mon iPhone et un vieux réseau en Edge...

Mais dès que c'est moins laborieux, je viens défendre Naruto. Sans problèmes, avec arguments. Et vlan!
Auteur:  Night [ Sam 13 Juil 2013 16:18 ]
Sujet du message:  Re: BD - Comics - Mangas

Après la découverte de Death Note, je me suis fortement intéressé à ce genre de mangas, comparables dans le fond aux mangas de baston ou de sport, mais focalisant l’admiration du lecteur sur des cerveaux plutôt que sur des muscles. Et vu le nombre de perles que je compte parmi mes trouvailles, un petit tour d’horizon s’impose.


Death Note

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Mon premier contact – et celui de beaucoup – avec le côté obscur des shônens, où tactiques et manipulations viennent remplacer les sempiternelles démonstrations de force. Et quel contact! Tout le manga s’axe autour de l’affrontement entre un mystérieux enquêteur, dont personne ne connaît l’identité, et un criminel capable de tuer à distance par crise cardiaque. Efficace, rusé et bien rythmé, voilà un shônen duquel on ne décroche pas facilement. Et, outre quelques incohérences mineures, je n’ai pas grand-chose à reprocher à Death Note, du moins dans sa première moitié. Car par la suite, il s’enlise dans des imbroglios réflexifs douteux où le vainqueur est celui "qui avait prévu que l’autre avait prévu qu’il avait prévu…". Fait regrettable, certes, mais pas suffisamment pour ternir l’ensemble, qui reste malgré tout d’excellente facture. Et ce notamment grâce au tour de force de Tsugumi Ohba, qui – pour maintenir tension et suspense – est parvenu à placer les deux adversaires sur un pied d’égalité, là où pas mal de scénaristes se seraient surpris à orchestrer un duel à sens unique.


Usogui

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Usogui. Littéralement "le mangeur de mensonges". Il y est question d’organisations souterraines, de jeux d’argent illégaux, et d’un ambitieux qui compose quotidiennement avec tout cela. Rien de très original, donc, dit comme ça, et pourtant l’atmosphère est des plus singulières. Car tout est trop sombre et trop dément pour vraiment mettre mal à l’aise, un peu à l’instar du gore qui, à l’excès, fait plus rire qu’il ne fait peur. Et finalement, on se retrouve en face d’une beauté formelle, d’un spectacle visant l’efficacité, qui ne se prive pas d’emphase pour rendre une scène plus excitante ou un personnage plus classe. Pour le reste, l’esthétique est impeccable, le scénario relativement fouillé, et les différents jeux et stratagèmes plutôt bien pensés. Les scènes d’action et de combat, quant à elles – parce que oui, il y en a – sont peu intéressantes en soi, mais créent un sentiment d’insécurité qui participe à rendre le manga spectaculaire. Car dans cet univers, si remporter un pari est une chose, repartir vivant avec ses gains en est déjà une autre…


Liar Game

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Parmi tous les titres de cette sélection, c’est clairement dans Liar Game qu’on trouve les raisonnements les plus compliqués. Et paradoxalement, ce sont aussi les mieux expliqués, Shinobu Kaitani usant et abusant de schémas récapitulatifs pour s’assurer que son lecteur arrive à suivre. Cependant, la complexité des situations n’est jamais gratuite, et amène bien souvent une solution bête comme chou que personne n’avait vu venir. Car l’auteur, de façon à constamment surprendre son lectorat, aime faire en sorte que l’action la moins instinctive soit aussi – ironiquement - l’astuce salvatrice. Si bien que ce manga est une véritable une collection de jeux de circonstances très particuliers, faisant d’"évidence" un synonyme de "piège", et permettant des dénouements et des rebondissements aussi impensables que jouissifs. Ajoutez à cela des affrontements psychologiques parfaitement équilibrés, en cela que le héros rencontre autre chose que des faire-valoir, et vous comprendrez peut-être pourquoi je le considère comme le meilleur manga de cette sélection.
Le haut du panier, tout simplement.


One Outs

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Il s’agit là du premier manga de Shinobu Kaitani. Et déjà à l’époque, notre homme était friand d’affrontements intellectuels et psychologiques, si bien qu’il a choisi de dessiner un manga sur le baseball. Eh oui, le baseball. Sûr que le choix a de quoi surprendre, et « En quoi un match de Baseball peut-il constituer une bataille essentiellement stratégique? » est la question qui, à la découverte du manga, motivera tout lecteur normalement constitué. Mais, une fois la réponse obtenue et la surprise passée, une certaine monotonie s’installe, due à ce que je pourrais appeler le syndrome Sega, et qui tient au fait que le personnage principal est implicitement posé comme invincible. En effet, Tokuchi Toua – puisque c’est ainsi qu’il s’appelle – n’a aucun rival, aucune faiblesse, et remporte la victoire sans jamais suer une goutte, quand bien même sa propre équipe tenterait de lui mettre des bâtons dans les roues. En bref, « Toua, c’est plus fort que toi ». Et quand le suspense se transforme en attente d’une victoire prédéterminée, il m’est d’avis que le plus grand perdant est le lecteur. Après, il est vrai que One Outs reste très rafraichissant, particulièrement malin, et qu’il m’a largement amusé. Seulement, dans le genre, on peut faire beaucoup mieux.


Kaiji

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L’OVNI du lot, assurément. Ne serait-ce qu’esthétiquement, les visages triangulaires aux proportions délirantes de Nobuyuki Fukumoto ont de quoi choquer le lecteur non averti. Mais si ce dernier fait l’effort d’aller au-delà des apparences, alors il profitera d’une œuvre riche de sens, infiniment plus que tous les autres mangas de cette sélection. Kaiji est en effet une satire qui raconte comment, suite à la contraction d’une dette astronomique, un homme ayant sombré dans la délinquance, l’alcoolisme et l’oisiveté va également sombrer dans le jeu. Et ce personnage principal, courageux bien que très malchanceux, et pour lequel on se découvre énormément d’empathie, se révèle idéal pour faire ressentir les émotions et l’intensité d’un pari où l’on joue sa vie. Une intensité d’autant plus forte que les jeux en question sont davantage retors et piégeux qu’ils sont stratégiques, et que l’auteur – en application assidue de la loi de Murphy - fait tout pour enfoncer notre pauvre endetté. Donc au final, le manga est très prenant, affreusement tragique et – bon sang que c’est rare – profond.
Un incontournable du genre.


Hikaru No Go

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Ce manga-ci rompt un peu, dans l’esprit, avec le reste de la sélection, mais je ne pouvais pas ne pas en parler. Car Hikaru No Go propose à ses lecteurs de découvrir le plus ancien jeu de stratégie connu à ce jour : le jeu de go. Et si sa pratique, essentiellement japonaise, se popularise en Occident, il y est clairement pour quelque chose. En effet, suivre le parcours d’un jeune garçon qui se découvre petit à petit une fascination pour le go n’est pas sans éveiller quelque curiosité. Surtout quand l’authenticité de ladite expérience et de ce qu’elle a de technique est assurée par Yukari Umezawa, une joueuse professionnelle des plus passionnées. Le dessin profitant quant à lui du trait irréprochable de Takeshi Obata - à qui l’on doit, pour rappel, les planches de Death Note - il semble bien qu’Hikaru No Go ait tout pour lui. L’erreur à ne pas faire, finalement, consiste à passer à côté du manga faute de connaître le go, car ce sont justement les non-initiés qui sont ciblés.
À découvrir absolument.
Auteur:  Night [ Ven 28 Fév 2014 18:31 ]
Sujet du message:  Re: BD - Comics - Mangas

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Finquel a déjà eu l’occasion d’en parler sur ce forum, et on m’exhorte, çà et là, à lire la série depuis au moins cinq années. J’ai donc naturellement fini par m’atteler à la tâche, non sans quelques attentes et a priori.
« Ne te fie pas trop au début du manga, m’avait-on expliqué, ça devient génial à partir du troisième arc ». Ou encore, « JoJo’s Bizarre Adventure, c’est vingt fois plus inventif que One Piece ». On m’avait aussi parlé de la structure particulière du manga, qui change de héros comme de chemise afin que chaque arc puisse être lu indépendamment des autres, et de la popularité de la série au Japon, parfaitement comparable à celle du légendaire Dragon Ball.
Mais de tout cela, je retenais surtout qu’en tant que fan de shônen, même modeste, je ne pouvais pas trop longtemps faire l’impasse sur ce grand nom du genre. Quand bien même avais-je à faire à un colosse de plus de 100 tomes, et quitte à étaler ma lecture sur plusieurs mois, je me devais de répondre à ces gens qui prétendaient qu’un certain Hirohiko Araki était plus inventif que Maître Oda.
C'est désormais chose faite.
Et me voilà, aujourd’hui, confirmant leurs dires.

It’s action, suspense, and drama. It’s falling over with laughter and crying your eyes out. It’s high art and B-movies. It’s beauty in absurdity. It’s everything you never knew you wanted in a comic.
Une parole de fan parmi tant d’autres.


Le manga est presque aussi vieux que Dragon Ball, mais il est beaucoup moins classique et convenu que ce qui se fait aujourd’hui. C’est indéniable. Et presque flippant, en fait. Nous sommes en 2014, j’ai lu une œuvre qui a démarré en 1987, et c’était de l’inédit. Exit, donc, le classique aux codes bien connus qu’on dépoussière pour parfaire sa culture. Ici, on tape dans du marginal, qui fait bouger les conventions et qui ne cesse d’explorer de nouveaux horizons, sans pour autant perdre sa qualité de shônen nekketsu.
C’est cela, JoJo’s Bizarre Adventure. Du vieux fait avec du neuf.
Et infiniment plus de génie que cette review ne pourra en laisser transparaître.


Rapide tour d’horizon


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Histoire de vous situer un tout petit peu, JoJo n’est rien de moins que le 7ème plus grand succès du Weekly Shônen Jump en termes de ventes. Une position qui donne le ton, assurément, mais qui à elle seule n’est pas représentative de l’ampleur du phénomène. Car ce qui est réellement impressionnant, à propos du manga de Hirohiko Araki, c’est davantage son influence que son chiffre de vente.
La série regorge de scènes, de phrases ou de personnages devenus cultes, et il ne serait pas étonnant que vous ayez déjà été confrontés sans le savoir à des références explicites à l'univers de ce manga. Que ce soit du côté de la production nippone ou des memes Internet, JoJo est en effet très populaire. Et qui plus est, tout cela ne se cantonne pas au domaine de la bande-dessinée ou de l’animation : bon nombre de jeux vidéo - dont Street Fighters et Castlevania - sont aussi concernés.
Une œuvre culturelle majeure à l’échelle du pays, donc.
Mais pour quel public exactement ?

Déjà - mise en garde habituelle - il s’agit d’un nekketsu pur jus. C’est de l’action à donf, et un certain goût pour les shônens de baston est donc requis.
De plus, dans le cas de JoJo, il vaut mieux ne pas avoir de problèmes avec le gore. Parce que là, non seulement les tripes volent et les têtes explosent, mais en plus, Araki s’autorise de véritables fantaisies en termes d’horreur. Il nous propose un monde où les scalpels sortent des gorges comme les lapins des chapeaux, et où les corps fusionnent et se déforment de façon extrêmement crade. C’est bien sûr volontairement exagéré - suffisamment, du moins, pour que la violence soit seulement visuelle - mais, malgré tout, il est sans doute bon d’être prévenu.

Ceci dit, n’allez pas penser que le manga a un univers vachement sombre juste à cause de mon avertissement, hin. Au contraire, JoJo se veut fun, décalé et sans prise de tête. C’est juste du grand spectacle qu’on lit pour l’humour et l’adrénaline. Et en conséquence, le scénario se contente de tenir debout, de contextualiser l’action, puis de se laisser oublier. Un peu comme un bon vieux jeu de plateformes, en fait. On n’est donc plus du tout sur le même registre que One Piece.
Alors que ce dernier est un manga d’aventure, qui propose une intrigue pensée sur la longueur, JoJo, lui, est un manga d’action, qui puise sa force dans l’instantanéité : soient deux pôles opposés du shônen.
Voilà qui m’évitera d’avoir à comparer les deux œuvres.


Un style unique


Une couverture d’un tome de l’arc n°1 : Image
…n°2 : Image
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…n°6 : Image
…n°7 : Image
…et n°8 : Image


L'univers graphique de JoJo, c'est à la fois ce qui choque d’emblée et ce qui marque à terme.
Et comme toujours, le piège est de s’arrêter à sa première impression. D’une part parce que la plume d’Araki évolue énormément au fil du manga, et que les dessins des premiers tomes ne présagent en rien de ceux qui vont suivre - faire défiler les couvertures ci-dessus vous donnera un bon aperçu de ce que je raconte - et d’autre part parce que je pense sincèrement qu’un temps d’adaptation est nécessaire pour adhérer aux étranges choix esthétiques de l’auteur.
En effet, rien que les accoutrements extravagants des personnages ont de quoi déstabiliser. Bien sûr, se cache derrière tout un travail de design qu’on apprend vite à apprécier, mais au début, la sensation d’assister à un défilé de mode ultra conceptuel peut rebuter. Surtout que les personnages sont d’un naturel très poseur, et qu’ils ne se soucient guère de l’anatomiquement possible. C’est même devenu un meme internet, ce truc-là. Tapez « JoJo pose » sur Google, et vous trouverez des photos de fanfarons qui essayent tant bien que mal de prendre les poses les plus connues de la série.
Si un jour on vous demande d’avoir l’air naturel, vous saurez quoi faire

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Voilà pour les constantes.
Mais comme je l’ai déjà dit, on compte aussi des variables qui, depuis 1987, ont beaucoup bougé. Et très sommairement, je résumerais l’évolution graphique de JoJo à un passage progressif du style « Ken le survivant » - impliquant des tons très sombres et des personnages exagérément bodybuildés - à un style beaucoup plus fin et réaliste qui contraste magnifiquement avec un design devenu, lui, beaucoup plus délirant.
Je n’ai toutefois rien de particulier à dire sur le sujet, si ce n’est témoigner mon admiration pour le travail d’Araki. Autant, donc, vous laisser profiter de son singulier coup de crayon.

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Des planches du début du premier arc : Image
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…et du septième arc : Image
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Quelques illustrations en couleurs : Image
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Un univers référencé


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Ce qui est cool avec une review sur JoJo’s Bizarre Adventure, c’est qu’elle a parfaitement sa place sur un forum comme celui-ci. Car oui, pour une fois, je ne suis pas complètement hors sujet : le manga est rempli de références musicales !
En fait, pratiquement tous les personnages portent un nom issu d’un groupe de rock, d’un chanteur ou d’une chanson connue. S’invitent donc au fil de l'histoire des Ceasar Zeppeli, Jean-Pierre Polnareff, et autres ACDC et Foo Fighters. D’ailleurs, si ça n’était pas déjà fait, vous avez jusqu’à la fin de ce post pour trouver d’où vient le nom « JoJo » !

Mais attention, les références ne se bornent pas au monde de la musique, et vont parfois plus loin qu’une simple attribution de nom. L’univers de JoJo n’étant pas différent du nôtre, il arrive que des œuvres - en vrac, Mona Lisa, la Vénus de Milo, ou même carrément les Walt Disney - soient directement et explicitement citées. Non pas qu’il y ait de grand intérêt à installer une proximité culturelle entre notre monde et celui de JoJo - ce qui s’y passe est bien trop absurde pour que l’effet de réel prenne - mais à la longue, ces décalages permettent d’alléger l’atmosphère de l’œuvre, qui risquerait sinon de trop se prendre au sérieux.

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JoJo n’est pas non plus avare en références historiques et scientifiques. On trouve même assez souvent des pages exclusivement explicatives, qui délaissent un temps le scénario pour laisser au lecteur le loisir de se documenter. "Rien de spécifique", me direz-vous : nombre d’autres mangakas font de même.
Sauf que là, franchement, des pages de ce genre, il y en a beaucoup. Et pas seulement entre les chapitres.
Or, autant je ne suis pas surpris qu’Araki contextualise son histoire par rapport à des évènements historiques, ni qu’il s’attarde à expliquer comment fonctionne les toilettes indiennes quand les protagonistes sont en voyage au pays du curry, autant je ne m’y attends pas quand il fait intervenir - de façon beaucoup plus gratuite - le mode de vie d'un moustique, la définition de la couche d'ozone, ou des notions mathématiques telles que le système binaire, le ruban de mobius ou le nombre d’or !
Alors okay, certaines explications pseudo-scientifiques qu’il balance sont de la pure fiction. Certes. Mais bien souvent, il y a un fond de vérité et un travail de documentation qui m’impressionnent, et qui n’ont rien habituel pour un manga de baston.
D’ailleurs, en parlant de baston…

 : 
Une guitare plus en détails... : Bien entendu, je laisse la véracité du contenu à votre expertise.
...et le ruban de Mobius : Image



Stand by me


S’agissant d’un nekketsu, je ne pouvais plus très longtemps esquiver le sujet : concrètement, des personnages de JoJo’s Bizarre Adventure qui se foutent sur la gueule, ça donne quoi ?
Eh bien, c’est une question à laquelle je ne pourrais répondre correctement qu’après avoir introduit un certain concept, plutôt casse-gueule à expliquer mais absolument fondamental, qui porte le nom de « Stand ».
Déjà, il faut savoir que le Stand est une commodité pour l’auteur. S’il l’introduit au début du troisième arc, c’est pour s’émanciper des conventions qui jusque-là l’emmerdaient, et s’acheter de la marge de manœuvre supplémentaire pour pas cher. Marre de voir des personnages se battre avec des armes, des gadgets sophistiqués ou des techniques secrètes issues d’arts martiaux fictifs ? Marre de voir des gens mourir en perdant trop de sang, en brûlant, en gelant, en se faisant décapiter ou en se transformant en zombie ? Marre de toute cette violence terriblement classique et peu inspirée ?
Le Stand, sorte de généralisation ou d’extension de la notion de « super pouvoir », est la solution.

Très concrètement, un Stand, c’est trois choses : un nom - traditionnellement inspiré de l’univers musical - une apparence physique - souvent typée extraterrestre - et un ensemble de règles. Rien d’autre. Maintenant, profitez de votre manque d’a priori pour imaginer cela comme un formulaire à trois champs qu’on peut remplir librement, sorti de tout contexte, et vous aurez une idée à peu près juste de la permissivité du Stand comme outil scénaristique.
Voici par exemple un Stand de mon invention. Il s’appelle « One Way Mule », ressemble à ceci, et est livré avec le lot de règles suivant :
_One Way Mule se tient toujours à moins de cinq mètres de moi.
_One Way Mule est invisible aux yeux de ceux qui ne bénéficient pas des pouvoirs d’un Stand.
_Le corps de One Way Mule est immatériel.
_A chaque fois que quelqu’un perd une partie de pétanque face à moi, je peux demander à One Way Mule de le transformer en cochonnet.
_Si un de mes adversaires triche pendant une partie de pétanque, je peux immédiatement le faire transformer en cochonnet.
_L’emploi de toute forme de violence est considéré comme de la triche.
_Une personne transformée en cochonnet reprend automatiquement sa forme normale s’il est utilisé dans une partie de pétanque dans laquelle je perds ou dans laquelle je triche.
_Si je meurs, il n’est plus possible pour les personnes transformées en cochonnet de reprendre leur état normal.

Et PAF, ça fait un Stand.
Un Stand prétexte à voir des personnages jouer leur vie sur des parties épiques de pétanque plutôt que sur des confrontations plus musclées. Voilà, grosso modo, comment Araki s’autorise des types d’affrontements autrement plus originaux que ce dont on a l’habitude.
Et si vous pensez que j’ai grossi le trait, avec mon « One Way Mule », vous avez tort. Les Stands imaginés par Araki atteignent des degrés de complexité et de bizarrerie que mon exemple retranscrit en fait plutôt mal. Avec ce gars-là, il n’est pas rare qu’on touche à la quatrième dimension, à la construction de l’univers, à l’espace-temps ou à la métaphysique. Toutes les notions un peu « mindfuck » y passent, au point que certains Stands sont réputés pour être assez incompréhensibles. Un véritable enfer pour les staffs de fantrad...

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L’intérêt de cette prise de liberté, à mon sens, c’est qu’elle a permis à Araki de bâtir un prototype de shônen d’action total. Car un affrontement dans JoJo’s Bizarre Adventure, c’est à la fois de l’horreur et du comique, du sport et des arts martiaux, du muscle et de la stratégie. Toutes les composantes propres au genre et susceptibles de pimenter l’action sont de la partie, et forment un cocktail pour le moins inconcevable sans cette porte ouverte vers le n’importe quoi qu’est le Stand.
Là où je reprochais à One Piece des scènes de combat sans brio, au point d’en faire le principal défaut du manga, JoJo a droit au traitement inverse : ses phases de baston constituent sans doute son meilleur atout. Pour leur incroyable diversité, déjà, mais aussi pour l’excès de retournements de situations.
Parce que oui, on est clairement dans l’excès.
Un personnage ne sort vainqueur d’une confrontation qu’après l’avoir mérité au moins vingt fois. Et il ne s’agit pas tant des héros contre les méchants, finalement, que d’une rafale de rebondissements favorables contre une loi de Murphy très tenace. La balle ne cesse ainsi de changer de camp, et en conséquence, le suspense ne s’essouffle jamais.
C’est d’autant plus vrai qu’Araki, décidément sans pitié, ne s’interdit pas de faire mourir les protagonistes principaux. Mais il fallait s’y attendre. Cet homme-là aime élargir le champ des possibles pour ensuite l’exploiter à fond. S’il a fait en sorte de pouvoir changer de héros à chaque arc, c’est peut-être bien pour ne pas être contraint de les laisser en vie… (On constate d’ailleurs que Maître Oda a exactement la philosophie inverse : il s’offre de puissants degrés de liberté pour mieux surprendre en ne s’en servant pas. Dixit le Log Pose, ou la justification géographique de la montée en puissance des adversaires. C’est hors sujet, certes, mais ça m’amusait de le faire remarquer ^^)

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En tout cas, niveau suspense, ne pas pouvoir déduire du nombre de tomes la survie d’un personnage, c’est un sacré plus. Et évidemment : pas de redressement miraculeux, pas de duel de force sans intérêt, et pas non plus de bataille à la structure type qui multiplie les « un contre un ».
Rien de tous ces clichés. Juste de la stratégie et de l’efficacité.
Appuyés, qui plus est, par des twists hyper fréquents et toujours bien amenés, et faisant état d’une diversité et d’une originalité exemplaires, les affrontements que propose JoJo’s Bizarre Adventure sont d’une qualité et d’une intelligence rares. Je ne leur connais tout simplement pas d’équivalent.


Et donc…

Et donc c’est génial.
Objectivement le meilleur manga de baston qu’il m’ait été donné de lire. Inventif, riche, intense et intelligent : il a vraiment tout pour lui. Le seul reproche éventuel que je pourrais lui asséner, c’est d’être un peu déséquilibré. Les deux premiers arcs semblent en effet n’être que les terrains d’expérimentation qui ont mené à la création du Stand. L’esprit, l’ambiance et l’atmosphère y sont encore en construction, et la série ne profite de bases vraiment solides qu’à partir de l’arc n°3.
Mais bon, là, je chipote : même les deux premiers arcs, c’est du haut de gamme.
C’est bien pourquoi je déplore que ce manga ne soit pas plus connu dans nos contrées.
Il est par exemple anormal que j’aie appris son existence, non pas au détour d’un top 10 des meilleurs shônens, mais grâce à une poignée d’originaux venus embêter les fan-boys de Dragon Ball, One Piece et Naruto sur les forums consacrés. C’est là une aberration que rien n’excuse, ni l’esthétique difficile d’accès du manga, ni l’absence jusqu’en 2012 de série animée potable…

Que les fans de shônens n’hésitent pas, donc.

Et pour se quitter en musique…
Auteur:  Finquel [ Ven 28 Fév 2014 19:01 ]
Sujet du message:  Re: BD - Comics - Mangas

Voilà, c'est ça et on pourrait en parler des heures
Et je kiff ton stand moi ;.)
Auteur:  Night [ Ven 28 Fév 2014 21:03 ]
Sujet du message:  Re: BD - Comics - Mangas

Merci pour ton approbation.^^
Je comptais justement sur toi pour confirmer que mon exemple de Stand est typique de ce qu'Araki propose.
Auteur:  Yoan [ Sam 1 Mar 2014 01:01 ]
Sujet du message:  Re: BD - Comics - Mangas

Comment c'est bâââclé par rapport à ton post One Piece. :D

Mais plus sérieusement, merci de t'être donné la peine d'écrire tout ça. Ça se lit tout seul, et même pour quelqu'un qui sait à peine de quoi on parle, c'est un régal.

PS : Sans en avoir eu vraiment conscience, il se peut que je sois impliqué avec Finquel et un groupe de joyeux drilles dans des photographies de vacances en Bretagne, où nous nous essayâmes à des poses Jojo-esques. C'est évidemment impubliable.
Auteur:  Night [ Sam 1 Mar 2014 03:27 ]
Sujet du message:  Re: BD - Comics - Mangas

thanks, bro
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Sans en avoir eu vraiment conscience, il se peut que je sois impliqué avec Finquel et un groupe de joyeux drilles dans des photographies de vacances en Bretagne, où nous nous essayâmes à des poses Jojo-esques. C'est évidemment impubliable.

T'façons, ça, quand on connaît, j'ai l'impression que c'est un peu comme la pose du kaméhaméha : on s'y est tous essayés au moins une fois.

Et puisque tu compares ce post à celui sur One Piece, je tiens à signaler que la différence de longueur entre les deux - au delà du temps que j'avais devant moi pour écrire - souligne évidemment ma préférence.
Les connaisseurs me tueraient pour oser préférer le plus gros blockbuster actuel au très marginal JoJo's Bizarre Adventure, mais c'est ainsi, et je pense que ça se défend. Car honnêtement, la patience de Maître Oda a de quoi impressionner autant, voire plus, que l'imagination d'Araki. Certes, son coup de crayon est moins léché et les situations qu'il propose sont plus classiques, mais contrairement à Araki, ce mec est un génie de la planification. Je ne le répéterai jamais assez. Et c'est ce qui fait que les fans de One Piece théorisent énormément, là où JoJo prend parti de ne pas du tout offrir matière à anticiper.
Or, ma préférence ne tient sans doute qu'à cela : la possibilité de théoriser...

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Auteur:  Finquel [ Sam 1 Mar 2014 21:46 ]
Sujet du message:  Re: BD - Comics - Mangas

Night a écrit:Merci pour ton approbation.^^
Je comptais justement sur toi pour confirmer que mon exemple de Stand est typique de ce qu'Araki propose.

Faut que j'm'en invente un de Stand aussi mais franchement, c'est super dur. Tu mets des heures à en trouver un tout moisi quand Araki t'en pond jusqu'à 5 nouveaux par tomes tous plus mortels les uns que les autres!
Auteur:  Finquel [ Dim 2 Mar 2014 16:31 ]
Sujet du message:  Re: BD - Comics - Mangas

J'ai fait lire à mes coupains et ils m'ont fait rire donc je colle leurs remarques içi:

Olive a écrit:puuuutain bah très bien et puis je vois que la prose sur des pages c'est de famille :)


Romaric a écrit:Yes j'ai lu, oui bah "enfin" j'ai envie de dire. Les gars putaiiiin, depuis le temps qu'on vous le dit !! Ouai nan mais bonne éloge ma foé, puis descriptions grand public donc oui good !! Compréhensif et tout. Mais ensuite, ne faut-il pas mériter la lumière JoJo, comme une entrée chez les francs-maçons ?
Auteur:  Yoan [ Lun 3 Mar 2014 00:19 ]
Sujet du message:  Re: BD - Comics - Mangas

C'est totalement eux - pour ce que je m'en souviens - au point que j'ai l'impression de les entendre.
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