Forum Francophone Silverchair

Forum de discussion dédié au groupe Silverchair

One Piece

Cinéma, littérature, arts divers... Étalez votre savoir ici, ou venez vous en octroyer.

One Piece

Messagepar Night » Sam 1 Sep 2012 23:39

Image 1 
J’imagine que non.
Il est grotesque, en effet, de recourir à tant d'artifices juste pour présenter une œuvre. Autant qu’il est improbable de trouver des gens qui s’y soient essayés. Moi-même, je me serais bien gardé de faire autant de zèle, s’il ne m’incombait pas – pour lier le fond et la forme - de rendre compte d’une certaine démesure. Une démesure qui concerne à la fois l’œuvre, de par ses ventes et sa nature, mais aussi ma ferveur admiratrice. Car, comme le disait Alfred Borden, « l’ampleur de ma passion équivaut à celle de cette tâche ». 2  Et réciproquement, les proportions qu’ont prises mes écrits ne sont que le juste reflet de mon fanatisme. Reflet que j’ai tenu à garder intact, cela va sans dire. C’est pourquoi, même si j’ai conscience de vous proposer, davantage qu’une review, une alternative à la page Wikipedia de One Piece, je refuse d’abréger le propos.
Ceci dit, ce n’est pas comme s’il vous était interdit de lire la chose partiellement.
C’est même plutôt recommandé, en cela que les non-initiés ont meilleur compte d’ignorer les spoilers, et que les fans n’ont pas besoin de se faire réexpliquer ce qu’ils savent déjà. Le texte, dans sa globalité, s’adresse surtout à ceux qui manquent - par simple désinformation ou par a priori négatif - de motivation. Et si vous n’en êtes pas, peu importe : tant que vous ne lisez pas en diagonale, aucun spoiler inopportun ne viendra vous prendre en traître. Tous sont indiqués. La seule chose à savoir, si vous souhaitez sauter une partie de la review, c’est qu’il faut toujours se rediriger directement au post qui suit. Toujours.
Sur ce, chers moussaillons, il est grand temps de larguer les amarres. La route va être longue, et on n’a pas le temps de lambiner.
Hissez ho !

Image


Introduction

Avant-propos



Tout débuta le 01/01/1975, avec la venue au monde d’un petit japonais.
Eiichirô Oda ( 尾田栄一郎)
Tel est son nom ; même si les fans dont je me revendique se plaisent à l’appeler Maître Oda.
Durant son enfance, il développe une passion pour les vikings et les pirates. Passion d’autant plus insolite que ce ne sont pas les personnages fictionnels qui suscitent son admiration, mais bel et bien ceux qui ont marqué l’Histoire. Les vrais de vrais. Or, pour un môme, on conviendra que ce n’est pas ce qu’il y a de plus commun. D'ailleurs, cela a de quoi rappeler la fascination toute aussi singulière du jeune Osamu Tezuka 3  pour les insectes. Là non plus, ce n’est pas banal. Et on en viendrait presque à croire que de tels centres d’intérêt sont symptomatiques d’une carrure d’artiste.
Car un beau jour, tout comme celui qu’on surnomme aujourd’hui le Dieu du manga, Eiichirô Oda décide de se lancer dans la carrière ô combien périlleuse de mangaka. Et en 1997, après avoir gagné plusieurs prix divers et variés - dont le 44ème prix Tezuka - il débute sa première série :
One Piece.

Comme l’ont été en leur temps Dragon Ball Z et Les Chevaliers du Zodiaque, pour ne citer que les plus connus, One Piece est ce qu’on appelle un shônen, et même plus précisément un nekketsu. C’est-à-dire un type de manga extrêmement codifié visant en priorité les jeunes garçons et s’articulant autour de scènes d’action ou de combats épiques. Un genre de shônen tant représenté qu’il inonde littéralement le marché.
Mais One Piece, du fait que la piraterie soit loin d’être un thème bateau dans le monde du manga, parvient assez facilement à se distinguer. Et on ne peut pas dire que l’effort d’originalité ait laissé les japonais indifférents, puisque Maître Oda explose tous les records de vente nationaux.
Oui, tous. Même ceux d’Akira Toriyama avec Dragon Ball. C’est dire. 4 
Toutefois, vous vous doutez bien que si l’originalité du sujet abordé suffisait pour expliquer l’ampleur du succès, cette review n’aurait pas lieu d’être…

Le volume 57 de One Piece s'est vendu à 1 690 932 exemplaires pour sa première semaine d'exploitation , un nouveau record de vente sur une première semaine au Japon, tous livres confondus.
Il dépasse ainsi l'ancien livre "record" le... volume 56 !!
Source

 Top 50  des ventes de manga au Japon en 2011 :
Image
Source

Des ventes exemplaires, c’est le moins que l’on puisse dire.
Mais la situation est loin d’être identique en France. Car même si, chez nous, One Piece est passé devant Naruto dès 2011, ce n’est pas pour autant qu’il monopolise les ventes. Et il n’y a pas cinquante façons d’expliquer pourquoi ce manga ne connaît pas le même succès dans nos contrées. Si on écarte la diffusion ultra-laborieuse de la série animée sur nos écrans, c’est en grande partie parce que le coup de crayon de Maître Oda rebute.
En effet, son trait simple et arrondi, couplé aux trouvailles graphiques issues de son imagination délirante, procure à l’œuvre un aspect que pas mal de jeunes français jugent « trop gamin ». Parce qu’un gosse de 14 piges capable de renier jusqu’à son amour des Disney pour montrer qu’il n’est plus un petit n’enfant, il n’y a guère qu’au Japon que ça n’existe pas. C’est ça de vivre dans un pays où personne ne considère ni les mangas ni l’animation comme l’apanage de la jeunesse.
En tout cas, quand ce gosse-là voit, d’un côté, un homme-élastique complètement niais équipé d’un chapeau de paille et d’une paire de tongs 5 , et de l’autre, une tribu de ninjas à l’air badass et aux techniques de combats qui pètent la classe, son choix est vite fait. Et pourtant, par là même, il passe à côté d’un manga dont le dessin est un point fort des plus indéniables.
En premier lieu parce que One Piece passe à côté de ça :

Image

Couleur de cheveux, piercings, rides, tatouages : tout est bon pour dissimuler le fait que certaines gueules sont identiques. Ceci dit, je le concède volontiers, la réutilisation constante des mêmes traits pour ses personnages est naturelle et compréhensible. On passe rarement à côté. Et de toute façon, tant qu'on peut distinguer chaque individu d'un rapide coup d'œil, ce n'est pas un problème. Mais, gênante ou non, cette manie de toujours dessiner les mêmes têtes n’en reste pas moins la bête noire de tout charadesigner, l’objectif de ce dernier étant de créer sans cesse des personnages qui ne ressemblent à aucun autre. Or, passer outre cette manie est plus facile à dire qu’à faire.
Parce que j'ai pris des visages de Masashi Kishimoto 6  comme exemples, mais j'aurais très bien pu choisir des dessins d'Akira Toriyama. Entre ses travaux sur Dragon Ball et les Dragon Quest, les personnages qui ont exactement la même tronche, ça ne manque pas. Et pourtant, tout le monde s’accorde à dire qu’il est un très bon charadesigner. Parce qu’avec plus d’une centaine de protagonistes à son actif, il était inévitable que son art finisse par tourner en rond.
Toute imagination connaît des limites.
Celle d’Akira Toriyama n’y échappe pas.
Et celle de Maître Oda non plus. Quoique la sienne, et c’est là où je voulais en venir, est proprement hallucinante.

Déjà – parce que je ne convaincrai personne sans montrer ma bonne foi – il est vrai que Maître Oda est aidé par son univers surréaliste qui lui laisse la liberté de créer les faciès les plus fous. Un peu à l’instar de Toriyama qui, en multipliant les extra-terrestres et les animaux qui parlent, évitait de tomber dans la redite, et ce plus facilement que s’il ne devait dessiner que des êtres humains dans un contexte réaliste.
Soit.
Aussi, sur les quelques centaines de personnages hauts en couleurs que Maître Oda nous a concoctés, des sosies, on en trouve. Prétendre le contraire serait une bêtise.

Image

Mais la plus grosse bêtise, pour le coup, c’est de chipoter à l’aide de ce genre de montages comparatifs.
En effet - et là, je vais tenter d’être clair - que le charadesign de cette série ait montré ou non ses limites n’est pas la question. Tout simplement parce qu’il est le plus diversifié et le plus surprenant qu’il m’ait été donné de voir. Et à ma connaissance, l’univers shônen n’en a que trop rarement accueilli de pareil.  7 
Point.

Et comme l’art dont on parle ne se limite pas au charadesign, j’aimerais aussi signaler que le trait de Maître Oda, par sa singularité, diffère de celui du « shônen de base ». Celui dont le design n’a aucun secret pour personne tant il a été vu, maintes fois, jusque dans les manuels pour apprendre à dessiner « façon manga ». Et quand on commence à ne plus pouvoir blairer le style graphique inhérent au genre, forcément, ça fait du bien.
Sans compter que ça permet à l’œuvre d’avoir une vraie identité, un charme qui lui est propre : une planche tirée d’un exemplaire de One Piece, ça se reconnaît direct. Et à des kilomètres à la ronde, en plus de ça !

Bien sûr, parce qu’il faut bien rester objectif, ne vous attendez pas à un rendu aussi recherché et aussi soigné que ce qu’on peut trouver dans le manga « d’auteurs ». Car quoi que je puisse en dire, le fait est qu’il s’agit d’un blockbuster à rythme de parution élevé, et que l’auteur est contraint de suivre des délais exagérément resserrés. Et une politique éditoriale qui privilégie aussi nettement le quantitatif au qualitatif, évidemment, ça se ressent.
Ainsi, même si il est irréprochable pour tout ce qui est statique, Maître Oda a une légère tendance à négliger les scènes d’action. Le rendu assez brouillon obtenu pour certaines d’entre elles ne conviendra pas à tout le monde. D’où des réactions à base de « One Piece, c’est moche » un poil exagérées 8 , dirons-nous, même s’il est vrai qu’on est loin de la qualité d’un Dragon Ball à ce niveau-là. Mais plutôt que de vous montrer l’exemple d’un tel rendu, et par pur souci esthétique, je préfère terminer cet aparté par des planches et des pages couleurs autrement plus réussies.

 : Il y a un bon paquet d'images, hin. Je préfère prévenir.
Illustrations indépendantes : Image
Image
Image
Image
Image
Image
Image
Image
Image
Image
Image
Image
Image
Image
Image
Quelques planches du manga : Image
Image
Image
Image
Image
Image
Image



One Piece, c’est quoi ?


Déjà, je pense que c’est important de le préciser, nous sommes à mille lieues d’un manga réaliste, sur le fond comme sur la forme. Maître Oda a préféré nous transporter dans un univers issu de son imagination de dingue, qui, étant à la fois merveilleux, mystérieux et dangereux, laisse la part belle à l’aventure.
Pour vous le dire sans détour, la découverte du globe, c’est 50% de l’intérêt du manga.
Quant à approfondir et vous expliquer pourquoi, c’est 100% de spoil. Je garde donc ça pour plus tard.

Deuxième point important, One Piece est un nekketsu pur jus.
Et à ce titre, il respecte scrupuleusement les codes caractéristiques du genre : beaucoup de combats, de l’amitié, un héros naïf à l’ambition démesurée, un peu d’humour, etc… Donc si des titres comme Dragon Ball, Saint Seiya, Naruto, ou Bleach ne vous ont jamais arraché autre chose qu’un regard empli de dégoût ou d’incompréhension, inutile de vous leurrer, vos chances d’aimer One Piece sont pratiquement inexistantes.
Mes excuses, donc, à ceux qui ont lu jusque-là pour rien.
Mais si j’ai dit « pratiquement », c’est bien parce qu’il reste la possibilité que vous ayez, d’ores et déjà, l’œil et l’exigence d’un connaisseur, et que vous sachiez repérer et déplorer les facilités inhérentes au genre, les déjà-vus, les stéréotypes, etc… Auquel cas One Piece peut s’avérer être une bonne surprise.
Parce que, ce qu’il faut bien comprendre, c’est que le nekketsu est, de loin, le type de manga qui plait le plus et qui se vend le mieux : il est donc surreprésenté. On parle là d’un marché dans lequel beaucoup cèdent à la facilité et vivent en ne produisant que du archi-racoleur sans intérêt. Je ne le dis pas sans exagération, certes, mais grosso modo c’est ça. Et donc les auteurs de nekketsu, souvent, ne maîtrisent pas le genre ni n’en sont spécialement friands.

Evidemment, Maître Oda n’est pas de ceux-là. Il a, au contraire, su dompter et faire évoluer cette recette populaire qui, depuis Toriyama, n’avait pas vraiment connu de remise à neuf. Ou en tout cas pas d’aussi manifeste.
Et pourtant, il y en avait bien besoin. Ô oui. Ne serait-ce qu’à cause de ce que j’appelle le syndrome du nouvel OMO 9 , et qu’on pourrait traduire par « vas-y que j’te fais venir de nulle part un nouvel antagoniste encore cinquante-trouze fois plus fort que le précédent ». Ce fléau-là a perduré depuis – rendez-vous compte - les années 90. C’était cool à l’époque, mais faut pas déconner ; aujourd’hui, on est en droit d’attendre davantage de subtilité.
Et c’est là que Maître Oda intervient.
« En héros » aimerais-je ajouter, mais honnêtement, je crois que One Piece est moins à applaudir que beaucoup de shônens sont à huer. À moins, bien sûr, qu’il soit louable de ne pas accuser un retard de 20 ans. Mais dans le doute que ce ne soit que chose honnête, je préfère m’abstenir d’éloge.

Concrètement, ce que Maître Oda a réussi à faire, c’est user intelligemment du principe de suspension consentie d’incrédulité 10 , en créant un monde dont les règles légitiment bon nombre des codes caractéristiques du nekketsu. Mais comme je sens que je viens de perdre les trois quarts de mon lectorat, déjà peu dense, voilà un exemple.
Image
Par quel miracle débarquent-ils dans un ordre croissant de puissance?
Et surtout, pourquoi apparaissent-ils un par un ?
« Parce que c’est des méchants » répondrait Didier Bourdon, de son accent asiatique le plus stéréotypé. 11  Et effectivement, le syndrome du nouvel OMO n’a pas souvent bénéficié de meilleure explication.

Maintenant, changeons légèrement l’histoire.
Le monde dans lequel nous vivons est un immense couloir, limité par deux culs de sac : un mur blanc, et un mur noir. Mais personne n’a jamais réussi à voir ce mur noir, le couloir devenant de plus en plus dangereux et impraticable à mesure que l’on s’éloigne du mur blanc. Le héros, plutôt casse-cou, veut tenter la dangereuse traversée. Sur sa route, il rencontre un méchant, et il le vainc. Puis il en rencontre un plus fort, mais il le vainc encore. Et ainsi de suite.
On assiste ici à la même montée en puissance des antagonistes, à la différence près qu’elle est bien moins absurde. Parce que mon speech sur le couloir l’a entièrement justifiée, et c’est typiquement ça le principe de suspension d’incrédulité : je vous demande, dès le départ, d’entrer dans mon jeu en acceptant un postulat complètement absurde, mais ensuite, je dois me débrouiller pour que l’histoire soit cohérente. Ici, finalement, le plus invraisemblable aurait été que le héros rencontre, en avançant dans le couloir, un adversaire moins fort que le précédent.
Voilà pour le principe.
Et naturellement, Maître Oda fait cela bien mieux que moi, puisqu’il est parvenu à gérer en même temps plusieurs des conventions spécifiques aux shônens, telles que la notion d’aura, l’échelonnage chiffré de la force des personnages, l’éternel hub auquel on retourne entre chaque arc, la destinée flamboyante du héros, etc…

Mais son travail ne s’arrête pas là. Parce que même lui n’a pas pu justifier le fait que, dans un nekketsu, les personnages scandent toujours le nom des techniques de combat qu’ils emploient. Techniques qui, parfois, sont hiérarchisées comme peuvent l’être celles d’un RPG tour par tour. C’est-à-dire de façon très rigoureuse, avec des catégories, des évolutions, et tout le tintouin ; le comble de l’artificiel, en somme.
Du coup, ce petit malin a décidé de parodier la chose.
En fait, c’est simple : les codes caractéristiques du genre qu’il n’a pas su ancrer à l’univers et rendre à peu près naturels, il les a traités au second degré et sciemment exagérés.
Une bonne idée, certes. Qu’on sait apprécier un temps. Mais qui – et c’est regrettable – fonctionne moyennement sur le long terme. En effet, les gags spécifiques à cet aspect « parodie de nekketsu » se faisant trop rares, il me paraît inévitable que tout lecteur finisse par prendre au premier degré les exagérations les plus évidentes.
Tout n’est pourtant pas noir, l’initiative ayant fait naître quelques scènes assez croustillantes. Que ce soit un personnage qui modifie l’intitulé de son coup de pied selon qu’il touche le menton, les dents ou la joue de l’adversaire, ou deux combattants qui réfléchissent à voix haute et un peu trop longuement au nom de leur attaque combinée, le charme opère.

Quoi qu’il en soit, je n’insisterai pas davantage sur la façon dont Maître Oda a retravaillé la formule nekketsu.
Déjà parce qu’il faudrait que je me mette à spoiler, et il est définitivement trop tôt pour ça. Mais aussi, et surtout, parce qu’il me reste un point à éclaircir de la plus haute importance : Le ton de One Piece.

Image

Comprenez, déjà, que ce manga évolue dans un registre triple : il se veut à la fois épique, tragique et comique.
Ce qui, étant le cas de beaucoup de shônens, n’a rien de très insolite ; il faut bien l’avouer.
Mais on reconnaîtra tout de même deux particularités à One Piece. D’une part, ce qu’il a d’épique lui vient davantage des voyages du héros que des combats ; et d’autre part, il bénéficie d’un décalage comique omniprésent qui permet à Maître Oda d’alourdir sans retenue le tragique de ses histoires.

En effet, si le nekketsu a toujours, plus ou moins, été riche de rebondissements spectaculaires et de scènes d’action mouvementées, il a trop souvent oublié de proposer une véritable aventure. Or, si captiver le lectorat et forcer son admiration pour les personnages, c’est une chose, le faire voyager en est déjà une autre. Et c’est ça, la grande force de One Piece : c’est que c’est dépaysant. Avec ce manga, vous allez découvrir un monde nouveau, enchanteur, soigné dans le moindre petit détail, et ce à travers une odyssée des plus fascinantes. C’est en cela qu’il est épique. Ce n’est pas grâce aux combats livrés par les héros. En fait, en comparaison, ces derniers jouent presque un rôle mineur. Et pourtant, ils constituent, très clairement, l‘argument principal de presque tous les autres nekketsu que j’ai pu lire…
Si on ne tient pas là l’essence même du succès incroyable de ce manga, alors que tient-on ? Je vous le demande.

Chose moins importante, mais pas négligeable, One Piece est pourvu d’un humour totalement absurde et décalé.
Humour qui se manifeste de façon ponctuelle, avec des gags d’une idiotie sans nom à l’efficacité toute relative, mais aussi d’une façon plus indirecte, que je qualifierais d’atmosphérique.
Alors déjà, contrairement à certains fans qui soutiennent, sans fléchir, que One Piece est avant tout un manga comique, moi, les gags hilarants, je vous demanderai de ne pas trop compter dessus. Non pas que ce soit fondamentalement mauvais et pas drôle ; c’est même suffisamment rafraîchissant et bon enfant pour arracher un sourire à n’importe qui. Mais ça n’ira pas souvent au-delà d’un sourire, justement. D’autant que beaucoup de gens sont assez hermétiques à ce type d’humour brut et absurde, qui, comme il est japonais, est des plus particuliers.
De toute façon, même dans le cas où vous n’y adhéreriez vraiment pas, ça ne vous empêchera pas d’apprécier le manga. Maître Oda a en effet dosé la chose assez modérément, de façon à amuser le jeune public sans perdre le reste du lectorat que trop de niaiserie pourrait écœurer. Pas de soucis, donc, pour les réfractaires. Il ne tient qu’à eux d’ignorer des gags tout-à-fait négligeables, et de laisser les chanceux qui y sont réceptifs s’en délecter.

En revanche, s’il y a bien une chose à laquelle il ne va pas falloir être allergique, c’est à l’atmosphère comique du manga. On baigne constamment dedans. Déjà parce que le dessin, n’étant pas des plus adaptés à l’exercice de l’effroi, participe à un décalage comique - les créatures les plus flippantes de One Piece ont en effet davantage leur place dans Monstres & Cie. que dans Alien 12  - mais aussi et surtout parce que l’univers de ce manga est totalement délirant. Il s’agit, après tout, du terrain d’expérimentation d’un mangaka fou à l’imagination sans borne. Des idées saugrenues, il en a concrétisées des tas.
Mais pour ne rien spoiler, je ne vous en donnerai aucun exemple.
Rappelez-vous seulement que l’auteur dont on parle est japonais. Et que les japonais sont ceux qui ont inventé, entre autres, le moteur USB auquel on ne peut rien connecter, le tapis roulant pour chiens, et le radio réveil « bombe à retardement » qu’il faut désamorcer en débranchant le bon fil… 13 
Véridique. Même que si on se loupe, un bruit d’explosion finit de nous déchirer les tympans.

Image

En tout cas, croyez-le ou non, mais Maître Oda rivalise d’absurdité avec les ingénieurs de son pays : dans One Piece, c’est à foison qu’on trouve des concepts aussi tordus. Et ces trouvailles, toutes plus loufoques les unes que les autres, qu’elles soient graphiques, conceptuelles, ou purement scénaristiques, façonnent une espèce d’humour sous-jacent et omniprésent, qui reste dans les mémoires et identifie l’œuvre, là où les effets comiques plus directs se révèlent complètement accessoires.

Pour autant, je maintiens que ce n’est pas un manga où l’on rit beaucoup. Car cette atmosphère comique dont je viens de parler ne vise pas vraiment à être drôle. En fait, elle n’est que le décalage qui va permettre à Maître Oda de se la jouer « tragédie grecque » sans faire fuir les plus jeunes, ni remémorer Rémi sans famille 14  aux plus vieux. Des apparences guillerettes pour un contenu moins niais, en somme.
Plutôt malin de sa part.
Parce que la définition première d’un pirate est, tout de même, celle d’un pilleur qui écume les mers dans l’optique d’attaquer les navires marchands qui passeraient par là. À moins vraiment de les réduire à de simples chercheurs de trésors, on ne peut pas en faire les intervenants principaux d’une œuvre sans traiter les notions de cruauté ou d’injustice. C’est évident. Et One Piece n’y coupe pas.

Image

Torture, guerres, rébellions, peine de mort, racisme, esclavage, abus de pouvoir, famines : on ne nous épargne pas grand-chose. Et pourtant, grâce à cette fameuse atmosphère comique, tout cela passe comme une lettre à la poste. C’est bouleversant à souhait, mais ça ne fout jamais le cafard.
De la belle tragédie, ai-je envie de dire.
Toutefois, Maître Oda préfère mettre à cela quelque distance, en reléguant les évènements les plus funestes au passé. Ce n’est pas triste, mais c’était triste. Voilà toute l’astuce. Le plus fort étant que le lecteur finit par associer systématiquement les pages noires – que, par convention, on utilise pour les flashbacks – à des scènes prodigieusement tragiques et émouvantes. C’est vous dire la portée symbolique de la chose : à peine aperçoit-on du noir en coin de page que l’on ne sourit déjà plus. Un détail, certes, mais qui me laisse pantois à chaque fois que j’en fais l’expérience. 15 
Et puis, il va sans dire que les visages ultra-expressifs que dessine Maître Oda jouent pour beaucoup dans l’intensité dramatique desdites scènes. Ce mec retranscrit et exagère les émotions comme pas deux.

Image

Une véritable cohabitation du tragique et du comique, donc.
Qui joue du contraste comme de l’atténuation, pour finalement toucher tous les types de public.
Avec la dominante épique en plus, on obtient ce que j’appelle, personnellement, un cocktail de choix. Savamment dosé, donc délectable. Et qui change de l’habituelle bouillie de légumes… 16 

Mais trêve d’éloges.
Car on en arrive maintenant à un point qui fâche. Tellement, même, qu’il prendra la forme d’un avertissement :
Ne vous fiez pas aux onze premiers tomes.

Oui, vous avez bien lu.
Je demande bel et bien à ceux qui souhaitent se procurer la série de ne pas accorder trop d’importance aux 77 premiers euros qu’ils dépenseront. Chose à laquelle il est, j’en conviens, assez difficile de se résigner. Surtout présentée ainsi. Mais il faut voir ça comme un investissement, exactement comme quand on paye une console avant d’acheter des jeux. Parce que la démesure a un prix, chers amis, et qu’on ne pose pas les bases d’une si grande épopée en seulement cinquante pages.
J’en viens donc là : ce qui s’étale sur 11 tomes, aussi fou que cela puisse paraître, c’est bel et bien l’introduction de One Piece.
Et là, ceux qui connaissent un peu l’univers shônen doivent être tombés de leur chaise, ce genre de mangas démarrant TOUJOURS très rapidement. Mais je compte bien expliquer cette étrangeté en détails, et ce dès maintenant.

Comme vous avez pu le voir sur ce tableau , One Piece est édité par le géant Shūeisha, qui a la main mise sur bon nombre de blockbusters. Mais cette maison d’édition possède également des magazines de prépublication de mangas, grâce auxquels elle peut estimer la popularité de ses séries. Et c’est à ce système pernicieux que j’impute le démarrage laborieux de One Piece.
L’idée est simple. Il s’agit de soumettre, un à un, les chapitres du manga à un vote des lecteurs. Et s’ils ne plaisent pas suffisamment, Shūeisha en stoppe la publication. Mais – et c’est ça qui est dégueulasse – la sérialisation peut très bien être stoppée avant même qu’un seul volume du manga n’ait été mis en vente. Auquel cas l’auteur l’a complètement dans l’os : c’est « Try Again From The Start» ou « Quit ». 17 
Un scénario catastrophe à éviter à tout prix.
Et quand on sait qu’un chapitre ne se résume qu’à une vingtaine de pages, on comprend pourquoi personne ne prend le risque de travailler sur la longueur. En fait, seuls ceux qui ont déjà une certaine notoriété et tout le troupeau de fans qui va avec peuvent se permettre de ne pas faire dans la séduction immédiate.
Mais avant One Piece, Maître Oda n’était qu’un illustre inconnu. Il a donc dû faire comme tout le monde, et entrer dans une course à la popularité, le but étant que les premiers chapitres suscitent un maximum d’intérêt.

Et si l’exercice lui a permis, très tôt, de s’assurer la popularité nécessaire à sa « survie » dans le magazine, ça a aussi affreusement bridé son talent. Parce que notre artiste est particulièrement à l’aise sur le long terme. Qu’il se sache ainsi jugé, vingt planches par vingt planches, n’a pas eu d’autre effet que de l’empêcher de travailler comme il le voulait. Et de ce mauvais départ ne sont nées que des histoires courtes tristement isolées les unes des autres. Saloperie de Weekly Shônen Jump, va !
Toutefois, pour limiter les dégâts, je soupçonne Maître Oda d’avoir décidé, en cours de route, de faire de ces histoires courtes les préparatifs d’une très longue aventure qui, en fait, n’avait pas encore vraiment commencé. Et en effet, quel meilleur moyen de masquer une amorce fragile que de l’intégrer à une structure narrative aux proportions bien plus colossales, et dont elle ne ferait qu’annoncer l’introduction ? Là où on pensait avoir déjà vu quelques péripéties, on n’aurait en fait pas dépassé la situation initiale. Il a ainsi tout repris à zéro, l’air de rien.
Et selon moi, c’est comme ça qu’il en est arrivé à une introduction de 11 tomes. En noyant celle qui ne faisait qu’un chapitre.

Image

C’était définitivement une bonne idée, et j’ai été un peu mauvaise langue en parlant de l’achat des premiers volumes comme d’un investissement nécessaire pour apprécier la suite. Parce que Maître Oda n’a pas attendu longtemps avant de sauver les meubles. En fait, je suis convaincu que, déjà au cinquième tome, il commençait à préparer le terrain pour la véritable aventure. Et c’est là qu’il a fait preuve d’un génie certain.
Non seulement il a fait en sorte que cette énorme introduction en soit une qui tienne debout, mais il a, en plus, réussi à préparer énormément de paiements. C’est-à-dire qu’il a placé les bases de rebondissements qui surviennent des centaines de chapitres plus tard, ainsi que des questions qui, aujourd’hui encore, sont en suspens. En bref, c’est ce qu’on appelle poser judicieusement les pièces du puzzle. Un puzzle répondant, certes, au nom de One Piece, mais extrêmement complexe.
Après, il est vrai qu’on ne peut pas toujours savoir si un coup de théâtre est le fruit d’une improvisation ou non. Surtout avec un récit de cette longueur. Mais certains éléments ne laissent pas de place au doute : on sait ainsi que ce mec est capable de programmer son scénario avec au moins 40 tomes d’avance.
Un fin et patient calculateur, pour sûr.

Sauf que, la première fois qu’on lit l’introduction, on ne peut pas se rendre compte de tout ceci.
C’est bien pour ça que je vous demande de ne pas vous y fier. Entre les histoires courtes au fil rouge maigrelet, et l’absence quasi-totale de voyages aventureux et d’exotisme, vous auriez une vision bien erronée de ce qu’est One Piece. Et peut-être même que vous en auriez une mauvaise impression.
Ceci dit, rares sont ceux qui ont fait la gueule à cause de l’introduction. Au contraire, quand une œuvre joue le crescendo, on a tendance à apprécier. Et moi-même, je n’ai pas attendu de lire le 12ème volume avant de considérer que ce manga explosait la concurrence.
La différence, c’est que, si je n’avais connu que les 11 premiers tomes, jamais je n’aurais appelé Eiichirô Oda « maître », ni rédigé ce pavé. Ça n’aurait pas été du tout le même degré de fanatisme. Et de toute façon, nombre de lecteurs en témoigneront : la rupture est vraiment nette.
D’autant plus que le début du tome 12 correspond au hautement symbolique chapitre 100. Ce qui n’est certainement pas une coïncidence - compte tenu du calculateur invétéré duquel on parle - mais plutôt la preuve de ce que j’avance, et de son envie de repartir d’un nouveau pied. D’ailleurs, si ce mec pousse le bouchon jusqu’à terminer One Piece au chapitre 1000, je vais finir par le suspecter d’avoir décidé intentionnellement de naître un premier Janvier.
Mais quoi qu’il en soit, retenez ça :
Cet océan dont on parle très tôt dans le manga, qui porte le nom de Grandline et qu’on surnomme la route de tous les périls ; c’est sur celui-ci que débute véritablement l’aventure.

Dernière case du 100ème chapitre :
Image




One Piece, ça parle de quoi ?


Un sage renouveau de la formule nekketsu, un récit aux proportions gargantuesques, et un savant mélange d’aventure, d’humour et d’émotions : tant d’appellations qui désormais vous viennent à l’esprit, à l’évocation d’un nom qui auparavant ne vous inspirait trop rien. Et en effet, si j’ai bien fait mon boulot, c’est en parfaite connaissance de cause que vous vous lancerez à la découverte de One Piece. Je ne peux, de toute façon, pas vous inciter davantage à tenter l’aventure, ni mieux prévenir les possibles déceptions : vous savez déjà tout ce qu’il est nécessaire de savoir.
Toutefois, il faudrait faire preuve d’un sacré manque de curiosité pour se cantonner au nécessaire, et ne pas vouloir davantage de renseignements sur l’histoire. Parce que, pour l’instant, vous ne connaissez guère que le thème abordé : la piraterie. Et si je vous conseille de ne pas vous documenter davantage - pour pouvoir profiter d’une expérience optimale - je sais aussi très bien que personne n’aime s’aventurer à l’aveuglette. C’est bien pourquoi je vais, tout en restant très léger sur l’information, vous dévoiler également le contexte scénaristique.
Un spoiler de la première page du manga, donc.
Comme j’y vais !

Image

Gloire. Fortune. Puissance.
Cet homme avait amassé entre ces mains tout ce qu’il est possible de désirer.
Son nom : Gold Roger, le seigneur des pirates. Ses dernières paroles, qu’il prononça sur l’échafaud, firent se précipiter les hommes du monde entier sur les mers.
« Mon trésor? Si vous y tenez, vous n’avez qu’à le prendre. Mais il vous faudra d’abord le chercher, car je l’ai caché quelque part dans ce vaste monde! »
Et c‘est ainsi qu’une grande vague de piraterie s’abattit sur le monde entier.


Une chasse au trésor.
Voilà un point de départ à la fois simple, peu contraignant, et hautement propice à l’aventure. Maître Oda aurait eu tort de s’en priver. Et même s’il n’a rien affirmé à ce propos, la légende de Gold Roger semble être fortement inspirée de l’histoire d’un pirate français : Olivier Levasseur, ou « La Buse » de son surnom. En effet, juste avant de mourir, cet homme a jeté un papier dans la foule en s’exclamant « Mon trésor à celui qui comprendra ». Mais à l’heure d’aujourd’hui, personne n’a trouvé ce trésor estimé à, tout de même, 4,5 milliards d’euros. Donc si vous avez un coup de génie, il est encore temps d’aller récolter le butin. Et surtout, ayez une pensée pour celui qui vous a mis sur le coup.

le bout de papier en question
Image

Voilà pour l’anecdote.
Mais - afin que je n’enchaîne pas sur les origines probables du nom de Gold Roger et ce qu’elles impliquent de références historiques - revenons à l’essentiel en nous préoccupant du trésor laissé par le seigneur des pirates : le fameux One Piece. Car oui, c’est bien lui qui donne son nom au manga.
Et dans le genre titre mystérieux et incompréhensible, celui-ci se pose là !
Pris au sens littéral, il porte à croire que nous avons affaire à une pièce, ce qui est peu probable. Et s’il n’a pas de signification plus implicite, notre trésor ne serait alors qu’un bête tas d’or et de joyaux, ce qui n’est pas non plus très envisageable. Alors qu’est-ce que le One Piece ? Peut-être est-ce un être vivant, quelque chose de fantastique ou de conceptuel. Peut-être même qu’il n’existe pas.
On n’en sait foutrement rien.
Et tant qu’on n’a pas la réponse à cette question, je vous le donne en mille, impossible de décrocher du manga. Ce trésor est par conséquent au cœur de l’intrigue principale, qui est complétée et enrichie de tout un tas d’autres mythes et d’énigmes insolubles dont on traitera par la suite. Maître Oda s’assure ainsi de tenir les lecteurs en haleine jusqu’à la découverte du One Piece, qui promet de lever le voile sur beaucoup de zones d’ombre, et marquera très certainement la fin du manga. Une scène que tout le monde attend, donc.

Et savoir que l’œuvre est ainsi destinée à s’achever, décidément, c’est plaisant.
D’autant que le milieu ne nous y a pas forcément habitués : un blockbuster qui se conclut par l’accomplissement de la quête initiale – ou son échec, c’est selon – est en fait relativement rare. On préfère souvent exploiter le filon en rallongeant artificiellement la chose. Ce qui, au final, donne des mangas plutôt indigestes en cela qu’ils nous privent presque du plaisir fanatique de théoriser sur leur déroulement. Non seulement on n’en voit pas le bout, mais très souvent, l’auteur non plus : c’est désagréable au possible.
De plus, quand on prolonge un récit qui est censé déjà être terminé, forcément, on change d’intrigue, de ligne directrice. Et du coup, on ne fait que rajouter une histoire supplémentaire, différente de la première, mais qui en conserve les personnages et l’univers. Deux arcs indépendants, dirait-on en langage geek. Et, en soi, ça ne me gêne pas. Qu’on puisse arrêter de lire Dragon Ball après l’affrontement contre Freezer comme après le tournoi de Cell, 18  à la limite, pourquoi pas ?
C’est plutôt ce que ça engendre, dans le cas d’un nekketsu, qui me pose problème.

Vous vous souvenez de mon syndrome du nouvel OMO ? Ce principe qui veut que les personnages deviennent toujours démesurément plus forts ? Et que ceux qui, hier, étaient présentés comme invincibles soient aujourd’hui ridicules ? Et bien c’est de l’arc indépendant que naît ce syndrome. Parce qu’après avoir bouclé une histoire où le héros tue le grand méchant, le contexte scénaristique est tel qu’on ne peut pas poursuivre la série sans jouer la surenchère avec un méchant encore plus fort. C’est impossible. Et on massacre obligatoirement la cohérence de l’ensemble, avec ça.
Donc, dans l’idéal, il faudrait éviter de trop tirer sur la corde, et s’en tenir à ce qui était prévu. Ce qu’une écrasante majorité des auteurs de blockbusters ne fait pas, bien entendu. Principalement parce qu’aucun n’attendait pareil succès. Et si, pour garantir une logique d’ensemble tout en surexploitant la licence, les solutions existent, elles ne s’improvisent effectivement pas.
Il fallait viser haut dès le départ.
Et, par exemple, prendre le parti de changer totalement de contexte et de personnages à chaque nouvel arc. Ce qui transforme la série en une sorte de recueil d’histoires courtes, que – en cas de gros succès - l’auteur peut étendre à volonté. Le risque étant, à force de diversité, que l’œuvre perde en identité. Mais on notera que JoJo’s Bizarre Adventures – qu’on m’a conseillé et que je n’ai toujours pas lu - fonctionne sur ce système, et qu’il a, selon les dires, un véritable cachet. Comme quoi, c’est possible.
Sinon, on peut, comme Maître Oda, adopter un schéma moins prise de tête et plus classique, à la Super Mario Bros 19 , qui nous laisse libres d’improviser autant de « mondes » qu’on le souhaite avant le dénouement final attendu de tous. En fait, il s’agit de tout miser sur une seule intrigue permissive. Ainsi, au 60ème tome, on nous explique encore que le One Piece est dans un autre château. L’important, pour que cela n’accuse pas les mêmes tares que tous ces blockbusters interminables, ni ne soit lassant, c’est que l’intrigue principale – j’en reviens là – soit en béton armé.

Image

Qu’ajouter à cela ?
Si ce n’est « enfin un nekketsu qui se vend et dont le scénario ressemble à quelque chose » ?
Probablement rien. C’est même ce qui – avec « One Piece, One Goal, One Mission » 20  - résume le mieux tout ce que je viens d’avancer. On va donc pouvoir passer à la partie la plus intéressante de cette review, puisque je vais m’attaquer maintenant à l’univers du manga !



Notes et références
Quitte à faire long, autant caser des mots clés de tous horizons.

 1  : Le logo "Avez-vous déjà vu ?" est tiré de la série d'animation française homonyme. En voilà un épisode.
 2  : Alfred Borden est un personnage de fiction inventé par Christopher Priest pour son roman intitulé Le Prestige. Mais la phrase que j'ai citée vient de l'adaptation cinématographique du roman.
 3  : Osamu Tezuka (1928 - 1989) n'est ni plus ni moins que l'un des plus illustres mangakas de l'Histoire. Pour plus d'informations, je vous renvoie sur sa page Wikipédia.
 4  : Avec à peu près 250 millions d'exemplaires, Dragon Ball est encore le manga le plus vendu à travers le monde. Tout de même.
 5  : L'homme élastique complètement niais, c’est le héros du manga. Et voilà à quoi il ressemble.
 6  : Masashi Kishimoto, c'est le mangaka à qui l'on doit Naruto.
 7  : Hiro Mashima et, dans un genre plus réaliste, Toshio Sako font partie des quelques charadesigners que j'ai voulu exclure du propos, en écrivant "que trop rarement" et pas "jamais". Il y en a d'autres que j'aime bien, mais là, tout de suite, je ne les ai pas en tête.
 8  : http://marimopancake.tumblr.com/post/20 ... -one-piece
 9  : "Le nouvel OMO" est moqué par Coluche dans son sketch sur la publicité, en partie parce qu'il lave "plus blanc que blanc". Je m'en suis donc servi, ici, comme symbole de la surenchère.
 10  : https://fr.wikipedia.org/wiki/Suspensio ... ulit%C3%A9
 11  : Référence aux Inconnus et à leur sketch parodique de Bioman.
 12  : Pour les rares qui ne verraient pas, voilà Alien, et voilà Monstres & Cie.
 13  : Tous ces objets-là, je les connais grâce à un site : Nioutaik.fr !
 14  : Une petite minute sur cette vidéo et vous aurez compris ce qu'est Rémi Sans Famille.
 15  : On notera que les premiers flashbacks ne sont pas particulièrement tragiques, la convention ayant mis du temps à se mettre en place.
 16  : En fait, il aurait été plus juste de parler de salade. Parce que, le plus souvent, il n'y a pas de mélange, mais juste une alternance.
 17  : Voilà quelque chose que je n’ai appris qu’officieusement. Si c’est faux, qu’on me prévienne !
 18  : Après ces deux événements, le manga n’avait scénaristiquement plus de raison de continuer : pas de question en suspens, ni de but inachevé.
 19  : Super Mario Bros est un jeu vidéo qui propose au joueur de sauver une princesse, en parcourant huit mondes et en battant un grand méchant à la fin de chaque. Huit mondes, mais une quête qui semble unique en cela qu'on ne délivrera la princesse qu'à la fin du huitième monde.
 20  : C'est une référence à la chanson One Vision du groupe Queen. Les paroles originales sont "One Man, One Goal, One Mission".
Dernière édition par Night le Jeu 27 Déc 2012 03:26, édité 2 fois.
"There is, through the art of game design, some kind of observation about that universe that is not accessible in the same way from other media. If I can get that, then I don't even care about the game mechanic. If I can do that in a first-person shooter that looks exactly like Doom 3 then I would do it."
Avatar de l’utilisateur
Night
 
Messages: 226
Inscription: Sam 4 Déc 2010 13:16
Localisation: Oui, VF et VOSTFR

Re: BD - Comics - Mangas

Messagepar Night » Sam 1 Sep 2012 23:40


L'Univers de One Piece

S’il est concevable que, là tout de suite, vous vous mettiez à lire One Piece, je vous demanderai de ne pas prendre connaissance de ce qui suit. C’est que j’en révèle pas mal, pour le coup, le but étant d’emballer ceux qui manquent encore un peu de motivation.
Toutefois, si ça peut donner un ordre d’idée à certains, gardez à l’esprit qu’aller voir Strong World au cinéma, c’est se spoiler la gueule d’une façon bien plus violente et moins gratifiante que lire ce post-ci.


Pretend the world's an ocean 1 


Un monde insulaire.
Donc un isolement mutuel, et une diversité des cultures.
Voilà de quoi réveiller les instincts aventureux de n’importe quel navigateur. Pirates compris.

Chaque île possède en effet une identité propre construite par son apparence, le mode de vie de ses habitants, son histoire, ses monuments. Et à force de révélations - notamment sur l’influence de chacune d’elles à plus grande échelle - le lecteur relativise, sa vision s’élargit, puis, de fil en aiguille, c’est tout un globe qui prend forme.
Un globe construit, fourmillant d’idées, et qui ne cesse de passionner les foules.
C’est cela, le monde de One Piece.
Et pour tout vous dire, je n’ai vu la géographie tenir une place aussi capitale dans aucun autre manga. Ce qui – comme je suis loin d’être un expert en la matière - signifie surtout qu’un tel attrait est une denrée rare. J’aimerais d’ailleurs savoir combien de mangakas, exactement, travaillent leurs décors à ce point, cartes et background à l’appui. Parce que Maître Oda est, encore à ce jour, le seul à me faire parler de « lieux charismatiques » plus que de zones forestières, citadines ou montagneuses sans aucune âme.

Sur ce, un aperçu des talents d’« Island-designer » du bonhomme s’impose.

Image

Fraîcheur et onirisme.
Telle semble être la devise ; les décors du manga illustrant parfaitement ces deux notions.
Pour ne donner qu’un exemple, l’archipel Sabaody, formé de plantes sous-marines qui suintent continuellement d’immenses bulles de savon, offre un cadre comptant parmi les plus enchanteurs de tout One Piece. Un foisonnement de fééries éphémères, comme j’aime le décrire, à la fois simple et efficace, et qui rend tout-à-fait regrettable l’absence de couleur. Car ce paysage, où dansent des lumières que le feuillage teinte et que les bulles irisent, aurait mérité, il est clair, de se défaire de ces tons noirs et blancs qui le dévalorisent.
J’en fais des alexandrins. C’est vous dire si le manque m’est déchirant.
Mais que voulez-vous ? Ainsi est et restera la politique Shueisha. Et si quelques rares œuvres tirent effectivement profit de ce style graphique, qui pour le reste n'a franchement rien de déplaisant, ce n’est jamais qu’un impératif, une illusion de choix artistique. C'est, avant tout, un moyen pour l’éditeur de réduire au maximum les coûts et les temps de production, et donc une contrainte pour certains mangas plus contemplatifs. Il suffit, d'ailleurs, de voir des pages couleurs signées Maître Oda pour s’en rendre compte : c’est un crime que de laisser cet homme travailler en noir sur blanc.
Allez savoir ce que nous ratons, à cause de ça…

Quoi qu’il en soit – histoire de se concentrer sur ce qui est, plutôt que sur ce qui aurait pu être – voici un deuxième exemple que j’affectionne particulièrement : l’île de Drum.
Bien que régie par un froid des plus abominables, cette île est sujette à des tentatives de plantation de cerisiers à fleurs. Toutes infructueuses, évidemment. Et au premier abord, on peut penser que si Maître Oda a dessiné des montagnes cylindriques, ce n’est que pour faire original, compliquer davantage l’ascension des personnages, et glisser un clin d’œil à la tour de Karine. 2  Mais leur forme ne constituerait-elle pas plutôt la solution au miracle tant espéré ?

Image

Un énorme fumigène rose fluorescent et le tour est joué. L'imagination fait le reste.
L’idée est simple, certes, mais assez atypique. Et surtout, elle fonctionne magistralement.

Toutefois, cette débauche de décors merveilleux se fait parfois au prix de l’originalité.
Maître Oda a, en effet, le bon goût de ne pas systématiquement dire non à certaines facilités racoleuses, vieilles comme le monde, et qui fonctionnent toujours ; comme la cité sous-marine saturée de coquillages qui servent d’habitations, l'arbre géant mystique complètement aménagé, ou la jungle plus-que-fertile peuplée de prédateurs voraces. Des clichés qui, bien amenés et intelligemment retravaillés, enrichissent l’œuvre sans nuire à son identité.
Rien de blâmable, donc.
Surtout que les différents décors de One Piece dégagent tous une aura enchanteresse et – malgré cette renonciation à bannir les stéréotypes – unique. Comme quoi, on peut puiser son inspiration dans des lieux communs et en tirer du neuf. Alors qu’à vouloir créer à partir de rien, on finit forcément par desservir richesse et esthétique

Néanmoins, le visuel ne fait pas tout. Car, à un sens plus large, une île, ça se définit également par ses habitants, sa faune, sa flore et même son histoire. Et c’est là que le travail de Maître Oda sort vraiment du lot.
Commençons d’emblée par un aspect crucial : la prise en considération de l’adaptation qu’impose l’environnement à ses habitants, et l’exposition continue de son aboutissement. Parce qu’un voyage sans mœurs exotiques n’en est pas un, c’est évident. Ainsi, pour reprendre l’exemple de Sabaody, on remarque que les bulles de savon font partie intégrante de la culture locale. J’entends par là que les habitants s’en servent pour le transport, pour faire fonctionner divers engins, pour des tâches quotidiennes et enfin pour la décoration. Les nobles ne voulant pas respirer le même air que le bas peuple en ont même fait des casques. Autant vous dire, donc, que les idées ne sont pas développées qu’à moitié. Elles jouissent même pour le coup, et comme souvent, d’une justification scénaristique.

Mais, plus fort encore que des modes de vie, c’est de la création d’une vie dont il est question.
Car explorer de nouvelles contrées, c’est aussi rencontrer de nouvelles espèces. Faune et flore ont donc tous deux fait l’objet d’un soin méticuleux. Surtout la faune, en fait, Maître Oda ayant le chic pour inventer toutes sortes de bestioles assez farfelues, et créer des bonnes bouilles à la chaîne. Qui plus est - et on ne me démentira pas - il suffit d’aller voir Strong World pour s’en convaincre : les créatures qu’il dessine ont un charme fou ! Je ne résiste d’ailleurs pas à l’envie de glisser ici quelques-uns des croquis qu’il a esquissé pour le film. Non seulement - tout en m’épargnant des descriptions interminables - cela vous donnera un bon aperçu de ce qu’on peut trouver dans le manga, mais en plus, c’est sans spoil.
Que demander de plus ?

les croquis en question
Image
Image
Image
Image
Image
Image
Image
Image
Image

Outre tout le charme qu’il véhicule de par sa richesse et son originalité, j’aimerais rappeler que le monde de One Piece n’est pas là uniquement pour séduire. Il joue un rôle bien plus pratique en cela que sa nature appelle à une suspension consentie d’incrédulité. Vous vous souvenez ? Cette action opérée quotidiennement, dès lors qu’on accepte de raisonner en partant des postulats les plus fous ? Et qui fait qu’un spectateur puisse à la fois admettre l’existence du X-Wing et trouver absurde qu’il émette du son dans l’espace ? 3  Ça y est, vous la remettez ? Tant mieux, je ne comptais pas la redéfinir.
La géographie, donc - puisqu’elle est, aux yeux des crédules consentants que nous sommes, admise comme authentique – permet de rationnaliser tout et n’importe quoi. Et, en cela, on peut dire qu’elle détermine la cohérence de l’ensemble. J’en avais déjà donné un avant-goût avec ma petite histoire sur le couloir, mais c’est maintenant dans le détail que nous allons nous pencher sur la question, et voir comment Maître Oda s’y prend pour chasser le syndrome du nouvel OMO.

Commençons par une définition sommaire de notre nouveau globe, qui – vous le verrez - a tout pour surprendre.
Déjà, Redline, l’unique continent existant, présente la particularité de faire le tour de la Terre. Et il est coupé perpendiculairement par un océan rectiligne nommé Grandline, qui – je vous le donne en mille – ceinture également la planète. On a donc deux barrières naturelles, qui vont délimiter quatre océans de même surface : East Blue, South Blue, North Blue et West Blue. Ne reste alors, pour compléter le tableau, qu’une abondance de petites îles insignifiantes qui, de par leur répartition aléatoire, viennent entacher ce qui ressemble davantage à une figure géométrique qu’à un globe terrestre. Mais on y reviendra.

Image

Pour l’instant, il est nécessaire que je fasse le point sur Grandline, qui est très certainement l’océan le plus étrange jamais imaginé. En effet, non seulement il prend la forme d’un couloir, mais en plus il est muni d’une entrée. Entrée qui, pour ne rien gâcher, est une montagne.
Image

En premier lieu, il faut savoir que Grandline est bordée de deux zones maritimes appelées Calm Belt. Et que ce nom est dû à un climat particulièrement sec : on n’y voit jamais l’ombre d’un nuage. À l’inverse, sur Grandline, c’est un foutoir pas possible. Les courants sont imprévisibles, il y a des tempêtes toutes les 5 minutes ; bref, un vrai calvaire. Du coup, nos amis les gigantesques monstres marins ont vite choisi leur habitat.
Couper par Calm Belt, c’est 100% de chances de se faire manger tout cru par des créatures gargantuesques qu’on appelle les rois des mers. Il est donc fortement conseillé de passer par l’entrée : Reverse Mountain. Située à une intersection de Grandline et de Redline, cette montagne est escaladée par quatre canaux à courant ascendant. Il suffit d’en emprunter un en bateau pour, très rapidement, se retrouver au sommet. Et de là, il n’y a plus qu’à redescendre tranquillement en direction du fameux couloir océanique.

Image

Or, Gold Roger aurait, selon la rumeur, dissimulé le One Piece tout au bout de Grandline. Et même plus précisément sur Rough Tell, une île qu’il serait le seul à avoir atteinte.
La chasse au trésor implique donc de faire le tour du monde. Un sacré périple. Surtout qu’au vu du nombre de pirates partageant la même ambition, le problème n’est plus tant de naviguer en ces eaux extrêmement tumultueuses que de faire face à la concurrence. C’est bien pourquoi, plus que jamais, Grandline mérite d’être surnommée la route de tous les périls : de tout son long s’opère une sorte de sélection naturelle qui n’autorise que les plus forts à avancer.
D’où une montée en puissance progressive des antagonistes totalement exempte d’incohérence.

Il n’y a pas à dire, Dame Nature fait bien les choses.
Trop bien, même. Au point qu’on pourrait presque ne voir dans toute cette impeccable et improbable configuration qu’un abus scénaristique particulièrement indiscret. Et il y a effectivement de ça, surtout pour le fonctionnement du Log Pose. Car cette boussole, capable de mémoriser le champ magnétique d’une île et d’indiquer l’emplacement de la suivante, est la seule qui fonctionne sur Grandline. Un prétexte complètement fumeux, donc, pour que les protagonistes s’arrêtent à chaque escale.
Heureusement, devant la minutie avec laquelle Maître Oda joue de subtilités pour ne jamais en tirer profit, cette artificialité reste tout-à-fait secondaire. Et même, mieux que ça, elle devient une sorte de fausse piste destinée à nous mener en bateau. Concrètement, cela signifie que l’auteur prépare des excuses grossières dont il essaie, en rajoutant de nouveaux éléments et en complexifiant la chose, de ne pas se servir. Ainsi naissent l’Eternal Pose, qui indique toujours l’emplacement de la même île, et – dixit les traducteurs de chez Glénat – la carte vitale, qui donne la position de la personne qui l’a créée. Vous verrez donc que, malgré l’apparente lourdeur du voyage via Log Pose, les personnages principaux sont bien loin de suivre un parcours prédéterminé ou attendu. Sans en dire plus, surprises sont de mises.
En outre, pour revenir à notre syndrome préféré, figurez-vous qu’on n’en a pas perdu que l’incohérence : il a été gommé de façon bien plus radicale. Parce que, même en ayant le bon prétexte pour faire apparaître les adversaires dans un ordre croissant de puissance, Maître Oda s’amuse à prendre le contrepied de la chose. Ainsi, à de rares occasions, c’est un personnage étalon qu’il décide de mettre en scène. On en a un exemple dès le volume 6 avec Delacure Mihawk, qui est présenté comme le bretteur le plus fort du monde, et qui le reste. Donc, en fait – je sais que l’exemple parlera à certains - c’est un peu comme si Goku avait rencontré Boo avant Tao Pai Pai. 4  Forcément, ça fixe une échelle des puissances qui aide à se rendre compte de l’insignifiance du héros et du chemin qui lui reste à parcourir. De même que ça évite de plonger dans une constante démesure.

Mais du coup, vu qu’il n’y a pas vraiment eu besoin de la géographie pour neutraliser le syndrome du nouvel OMO, peut-on encore considérer ce globe à la construction bien trop parfaite pour faire illusion comme une grossière astuce ? Étant donné que sa structure est aussi chaotique et hasardeuse que celle d’un Rubik’s cube, ne doit-on pas plutôt lui chercher un sens ? C’est ce que font certains fans, en soutenant que la disposition actuelle des terres et des océans a une histoire, que celle-ci sera dévoilée plus tard, et qu’elle a peut-être un lien avec le One Piece. Et effectivement, Maître Oda est assez fou pour nous expliquer que Grandline est née d’un coup d’épée.

Toutefois, si personne n’est sûr que la géographie soit ainsi marquée par les affrontements, on est certain de la réciproque. Car, jouant un rôle déterminant en termes de visuel et de scénario, la géographie est la clé de voûte du manga. Et à ce titre, il est logique – plus que l’inverse - que les combats s’en trouvent imprégnés.
Pour autant, cela signifie-t-il le renouveau de ces scènes batailleuses qu’on commence à connaître par cœur ?
Rien n’est moins sûr…




Les combats


Image
Bien que ce soit la principale marque de fabrique du nekketsu, One Piece, j’en ai peur, reste très classique vis-à-vis de tout ce qui est castagne. Pour seule spécificité - et encore le mot est fort – je ne lui vois qu’une organisation spatiale systématique des batailles, dont la dynamique est toujours parfaitement retracée. Des cartes sont en effet régulièrement proposées au lecteur pour l’aider à visualiser le terrain et à localiser les personnages. Toutefois, ne nous mentons pas, ces histoires de cartes et d’épées ne changent pas vraiment grand-chose. Une petit touche supplémentaire de cohérence, peut-être, mais jamais rien de transcendant. Pareillement, comme particularité anodine, on peut remarquer que l’accent est mis davantage sur les coups de poing dans la trogne que sur les vagues d’énergie et ses dérives. Ce qui, là encore, n’a rien d’extraordinaire.
Il n’y a donc qu’à se résigner : la formule nekketsu nous est bel et bien resservie telle quelle, dans ce qu’elle sait faire de mieux – la baston - et avec tout ce qu’impliquent ses codes. Et s’il y en a parmi vous qui ne sont pas coutumiers des conventions du genre, voici les plus importantes.
Vient en premier l’absolue nécessité d’une structure faisant s’affronter en duel le grand méchant et le héros, tandis que les personnages secondaires se battent entre eux ; puis l’immanquable mise en scène de l’acharnement des batailleurs, de par leur inquiétante propension à se relever après avoir perdu plusieurs litres de sang et la moitié de leur ossature ; et enfin la nécessaire et attendue victoire du héros, dont cet édifice est censé nous faire douter en générant suffisamment de suspense. Quant aux conséquences – ou devrais-je dire « séquelles » - de tout ceci, on retiendra les combats excessivement longs, l’impossibilité de simuler le chaos, et la banalisation des rétablissements miraculeux.
Tout cela est typique du genre.
Et pas spécialement bien amené dans One Piece, malheureusement. C’est bien pourquoi les combats forment à mes yeux le principal défaut du manga. « Défaut » étant à prendre au sens premier du terme, puisqu’il s’agit, davantage que d’un raté, de l’absence d’une superbe à laquelle on est habitué : en effet, si l’aspect baston était, comme tout ce qui l’entoure, empreint de génie, alors on tiendrait entre nos mains le nekketsu ultime. Mais au lieu de ça, on doit se contenter d’affrontements comme on peut en voir tant chez les concurrents, pas plus épiques ni moins poignants. C’est regrettable.

En revanche, comme je l’ai déjà dit, il y a des codes caractéristiques du nekketsu que Maître Oda a su négocier plus intelligemment.
C’est notamment le cas du principe de classement implicite qui, grosso modo, consiste à mettre au clair, plus ou moins discrètement, qui est plus fort que qui. Et pour ce faire, ce sont toujours à peu près les mêmes techniques qui reviennent, allant de l’attribution de grades - grâce auxquels le lecteur peut comparer les membres d’une même organisation - au grand tournoi amical qui voit s’affronter des amis ou coéquipiers de longue date. Parfois même, il arrive qu’on fasse fi de toute espèce de camouflage, et qu’on invoque l’exactitude et l’inflexibilité des chiffres. Car c’est bien connu : la subtilité, c’est pour les tapettes ! 5  Autant y aller franchement, et mesurer directement la force des personnages avec, au choix, un artefact magique ou un appareil high-tech sorti du chapeau. Ça fait bien son affaire, de toute façon.
Heureusement, le thème de la piraterie était tout désigné pour une méthode un peu plus élégante, le classement implicite pouvant aisément se faire par le montant affiché sur les avis de recherche. Plus la mise à prix est haute, plus le pirate est redoutable. Logique. Seulement, comme à son habitude, Maître Oda s’est amusé à nuancer la chose avec quelques réputations non méritées et diverses erreurs d’appréciation. Ainsi, la récompense offerte pour la tête de Tony Tony Chopper, combattant extrêmement farouche sous ses airs de peluche, est une somme proprement ridicule, avoisinant cinquante centimes d’euros. Qui plus est, il est connu comme la mascotte de son équipage, et considéré comme un animal inoffensif. L’extrême inverse existe aussi, avec le capitaine Baggy ; surestimé par le gouvernement comme par ses propres hommes, il est à One Piece ce qu’Hercule Satan 6  est à Dragon Ball : un incapable élevé aux nues, et en cela, un ressort comique inépuisable. Que dire, enfin, des affiches qui ne sont plus à jour ? Ou des autoportraits tellement approximatifs qu’ils en sont trompeurs ? Si ce n’est que, décidément, la nuance est partout ?
Ceci dit, cohérence oblige, ce système de têtes mises à prix n’a lieu d’être que pour les pirates. C’est pourquoi, à côté, on reste dans du très classique : et s’il n’y a pas de tournoi, il y a des titres. Des grades. Plein. Partout. Quant au chiffrage pur et simple de la force, on n’y a droit qu’une seule fois. Et – il fallait s’y attendre - de façon complètement gratuite et parodique, le personnage capable de déterminer ces valeurs étant obligé d’encaisser des coups pour en mesurer la force.

Mais de toute façon, il faut bien comprendre que, dans One Piece, ce semblant de déterminisme n’est guère que du fanservice. 7  Il ne signifie rien en soi.
Car un élément de taille viendra toujours fausser toute tentative de classement purement graduel : les fruits du démon.

Image

Uniques et donc rares, les fruits du démon ont cela de particulier qu’ils confèrent à ceux qui les mangent un super pouvoir. On retrouve donc une idée qui ne date pas d’hier - celle de bibelots octroyant des aptitudes surhumaines à leur porteur - mais dont la forme ce coup-ci diffère, en empruntant le symbole biblique du péché : le Fruit.
Sobre et seyant habillement, ma foi, pour un concept maintes fois ressassé, devenu même avec le temps une mise à l’épreuve des inventivités. Parce que ça a tellement été fait, que s’essayer aujourd’hui à la création de super pouvoirs – pour peu qu’on se mette en quête d’un minimum d’originalité - demande une imagination extrêmement fertile. Sans quoi, avec plus de 60 volumes au compteur, Maître Oda aurait eu vite fait de tourner en rond.
La panne sèche n’est cependant pas pour tout de suite, comme viennent nous le rappeler divers personnages, dont l’homme-girafe, la bougie humaine, le fabricant de poupées vaudou, et le super portier. Des énergumènes aux capacités pour le moins singulières, et qu’on pourrait même croire volontairement décalées. Mais ces surhommes-là, pourtant, sont à prendre au sérieux, leurs facultés étant parfaitement dans la norme du manga.
Après, certes, les classiques sont bel et bien de la partie, avec notamment l’élasticité, le pouvoir élémentaire du feu, et l’invisibilité. Mais ils sont minoritaires, face à ces pouvoirs plus étonnants dont l’apparente absurdité surprend. Du coup, One Piece, non seulement c’est plus déjanté qu’Hero Corp, mais en plus, ça ne se prend pas moins au sérieux qu’Heroes. 8  Autrement dit - parce que le qualificatif englobe tout - c’est japonais.
Pour en revenir là, donc, tenter de classer les personnages selon leur force, c’est aussi tenter de classer des aptitudes qui parfois se résument à faire varier son poids ou à transformer son corps en ressort. En clair, un tableau siérait mieux à la chose qu’un bête schéma pyramidal, chaque pouvoir pouvant se révéler utile contre un autre. Ce qui rend ainsi inutiles les classements implicites, qui ne sont alors monnaie courante que parce qu’ils séduisent ceux que j’appelle les fans chara-fétichistes. 9 
Par contre, c’est sûr, il y a des fruits plus enviables que d’autres, et dont la supériorité ne se discute pas. Surtout, en fait, ceux qui impliquent l’intangibilité. Mais manger un fruit du démon, c’est aussi se faire maudire des flots. Et en cela, tous les détenteurs de super pouvoirs sont égaux, réduits qu’ils sont, une fois sous l’eau, à l’état d’ancres humaines. Pourtant, ce qui leur est le plus gênant n’est pas l’impossibilité de nager, mais bien l’existence d’un minerai jouissant des mêmes propriétés que l’eau de mer : le granit marin. Car le moindre contact avec ladite pierre suffit à les vider de toute leur force. Aucun n’y résiste. Et bien entendu, les autorités n’hésitent pas à s’en servir pour produire armes et menottes.

Pour autant, même ceux qui n’ont pas la main mise sur la précieuse kryptonite ne sont pas sans défense face à des surhommes parfois intouchables. Parce que, dans l’univers de One Piece, existe une curieuse énergie que certains nomment fluide.
Ne cherchez pas très loin, c’est l’équivalent du ki, de l’aura, du chakra, de la force intérieure qu’on a déjà vu dix mille fois. 10  La principale différence avec la notion classique étant qu’ici, la logique suivie est parfaitement binaire : il ne s’agit à aucun moment de jouer à qui a la plus grosse. C’est « tu l’as », ou « tu l’as pas ». Point.
Ainsi, tous les chanceux qui en ont la maîtrise peuvent, par exemple, rendre leur corps plus résistant que le métal, ou développer une clairvoyance accrue. L’élite dégage même un fluide capable de faire s’évanouir les faibles d’esprit ; ceux-là n’étant pas en mesure de supporter la présence de si grands hommes, ni de rester debout face à eux. Mais encore une fois, c’est binaire : tu as la carrure pour tenir le choc ou tu ne l’as pas. Voilà un bien beau moyen d’éviter les affrontements les plus vains quand deux adversaires ne jouent pas dans la même cour.
Ne pas avoir à se taper ces scènes dont l’issue est évidente, c’est l’intérêt premier du fluide. Pour le reste, ce n’est qu’un apport classieux visant à rendre plus négligeables les pouvoirs de fruits du démon. Rien d’autre.

De toute façon, vous l’aurez compris, One Piece ne vaut pas spécialement pour ses combats. Sans être mauvais, ils sont classiques, alors que tout autour gravitent richesse et inventivité. Donc au final, la seule chose qui importe, c’est avec quelle grâce ils s’ancrent dans le récit. Et en effet, on appréciera davantage voir comment les innombrables factions, équipages, et organisations s’allient, se trahissent ou s’opposent, que leur lutte proprement dite.




Les pirates et le gouvernement


« Ils nous dénigrent, les escrocs nous dénigrent, alors qu’il n’y a qu’une différence : ils volent les pauvres sous couvert de la loi, alors que nous volons les riches sous seule protection de notre courage. » Telles furent les paroles du célèbre pirate Samuel Bellamy, lors de son procès en 1720. Et si j’ai cru bon démarrer par cette citation, c’est parce qu’elle est révélatrice d’une vision du monde qui me paraît correspondre assez fidèlement à ce qu’on trouve dans One Piece, si ce n’est que la flatteuse insinuation « Pirate = Robin des bois » est définitivement de trop. Il n’est en effet pas question de faire passer ces hors-la-loi pour des enfants de chœur, mais bien de mettre tout le monde dans le même panier.
Car ici, amis rôlistes, la classe ne détermine en rien l’alignement. 11 

Image

Le simple fait que le personnage principal se revendique pirate, au même titre que ces malfrats peu scrupuleux, devrait vous avoir mis la puce à l’oreille : la distinction entre gentils et méchants n’est ici pas des plus radicales.
Parce que le manga, à défaut de proposer une stricte dualité idéologique, adopte un schéma mêlant et entrecroisant différentes ambitions, qui parfois convergent, souvent divergent, au gré des circonstances. Quant aux intervenants, il y en a pléthore. Entre les différents équipages pirates, les forces armées de la marine, les membres du gouvernement, les capitaines corsaires, les révolutionnaires, et quelques organisations de l’ombre, il y a largement de quoi faire. D’autant que, comme l’individu prime sur le collectif, les divisions au sein d’un même groupe ne sont pas rares. Ce qui profite, évidemment, à la richesse des situations, et donc au scénario.
D’ailleurs – même si cela tient du détail - je m’interroge encore sur la relative discrétion des chasseurs de prime, étonnamment peu représentés. À croire que Maître Oda les a oubliés. Ou que le moment n’est pas encore venu pour eux de briller.

Mais quoi qu’il en soit, le héros, vous vous en doutez, n’est pas le genre de pirate à piller les bonnes gens et tuer les innocents ; ça ne correspondrait en rien aux valeurs morales que le nekketsu est censé véhiculer. En fait, Maître Oda a préféré s’inspirer des aventuriers libertins qu’étant enfant, il admirait. Ceux-là même qui, sans regret, partent à la poursuite de leurs rêves et préfèrent mourir que d’abandonner. Ces explorateurs chevronnés qui, voulant vivre leur vie pleinement, refusent d’adhérer à des lois qui les entravent, et se mettent en quête d’affranchissement.
Voilà ce que doit être le pirate One Piecien. Le vrai. L’idéal. Et pour bien l’asseoir en tant que modèle, Maître Oda a parsemé le premier chapitre de répliques plutôt significatives : « Il faut savoir prendre la vie du bon côté », « Ouais ! Nous les pirates, on reste cool », « La mer est vaste, elle est sans fin ! On n’est jamais en manque d’aventures », « C’est ça la liberté ! ».
Mais comme modèle n’est pas généralité, on trouve aussi parmi ces gens de véritables enflures de toutes sortes. Certains éprouvent un plaisir sadique à tuer, tandis que d’autres, assoiffés de richesses, agissent seulement par convoitise. Mais les plus à craindre sont sans doute les ambitieux, qui, eux, n’ont d’yeux que pour le pouvoir et la domination. Une belle brochette de méchants potentiels, en somme. Puisqu’ils se placent, par définition, comme les rivaux des protagonistes, et qu’en plus de cela, ils ne partagent pas les mêmes idéaux.
Pourtant, les pirates ont bien mieux à faire que de se quereller, étant donné qu’ils sont tous activement recherchés par la marine, qui a, semble-t-il, à cœur de les envoyer en prison.

Image

De l’autre côté de l’échiquier, derrière un drapeau encore plus blanc que blanc, se cache l’armée au service du gouvernement mondial. Une armée qui, étant chargée de faire respecter l’ordre et de traquer les pirates, constitue un antagoniste de taille pour le personnage principal. D’autant plus qu’aux yeux de la marine, le pirate est anonyme : à peine hisse-t-il le pavillon noir qu’il se retrouve pourchassé et menacé de mort, sans avoir eu le temps de commettre aucun méfait. Il est pour ainsi dire la cible d’une aversion généralisée. Et ce sera alors cet acharnement hystérique et aveugle contre sa personne qui le poussera à mal agir, et à tuer des soldats luttant – ou du moins croyant lutter – pour la paix. La politique est donc radicale. Mais elle cause finalement plus de problèmes qu’elle n’en règle, en cela qu’elle harcèle les petits hors-la-loi indifféremment des vrais mauvais bougres, et alimente ainsi inutilement tout un cycle de violence et de haine.
L’idée ici évoquée – et qui rejoint un peu ce que disait Bellamy – c’est que le gouvernement ne vaut pas vraiment mieux que les pirates. Car il y a des salopards chez l’un et l’autre. Chose que Maître Oda illustre parfaitement, et avec une seule phrase : « La justice vaincra, à n’en pas douter, parce que le vainqueur deviendra la justice ». Les drapeaux noirs et blancs sont ainsi, moralement parlant, mis sur un même pied d’égalité. D’où l’absence de véritable dualité.
D’ailleurs, exactement comme il y a différentes sortes de pirates, il y a différentes sortes de soldats de la marine. Une majorité se contente d’obéir, persuadée d’agir pour le bien de tous, tandis que certains doutent de la légitimité des ordres qui leur sont adressés, et que d’autres profitent de leur position pour l’argent, le pouvoir, ou – pour boucler la boucle - le plaisir de tuer. Vous l’aurez donc compris, les méchants sont partout, mais les gentils aussi.

Et c’est là que se pose vraiment la question de l’absurdité.
Parce qu’on arrive, certes, comme à l’accoutumée, à distinguer les gentils et les méchants, mais leur opposition, dans ce manga, ne se matérialise que par des micro-affrontements. On ne la retrouve pas, en effet, dans la grande bataille entre pirates et marine, en cela qu’il y a autant de gentils et de méchants des deux côtés. Là-voilà l’aberration. Sur l’échiquier mondial, chaque joueur dispose des deux couleurs !
Ajoutez à cela des partis totalement inclassables, ainsi qu’une mouvance perpétuelle, et alors, pour un semblant d’ordre, vous obtenez le règne du chaos. Un monde où le grand méchant peut côtoyer le héros comme lui faire directement face. C’est aussi cela, One Piece : un joyeux bordel.
Certains, toutefois – et à raison – me rétorqueront que la marine et les pirates ne sont pas tout-à-fait traités équitablement, qu’il y a un parti-pris de la part de l’auteur. Et effectivement, au vu de la passion de Maître Oda pour la piraterie, la voie empruntée par le personnage principal ne saurait être un hasard. C'est ce que confirme le récit, à plusieurs reprises, en présentant une marine corrompue, et en prônant l’idée d’émancipation face à un régime oppressif très peu ragoûtant. Va même en ce sens la simple existence de révolutionnaires, aux desseins mystérieux, mais qu’on sait contester directement les agissements d'un gouvernement très suspect.
Le penchant est donc assez manifeste, même si - au vu de la complexité de l’organisation mondiale - il faudrait éviter de ne retenir que ça. Ce serait une simplification beaucoup trop réductrice. Le sens à donner à ce manga, définitivement, ne se limite pas à la glorification du pirate irréductible qui se libère des chaînes d’un système totalitaire. Il faut aussi, pour bien tout englober, y voir l’évolution pensée et construite d’un monde régi par la loi du plus fort, et soumis au chaos.

Ceci dit, ne vous méprenez pas : les propos tenus n’ont rien de très profond.
Comme toujours dans un nekketsu, en fait. Et – vu qu’il est question de piraterie - il ne faut pas s’attendre à grand-chose d’autre qu’à quelques critiques un peu faciles de la société d’alors et des pratiques outrancières qu’elle autorisait. De toute façon, ce qu’on demande à un manga de baston, ce n’est pas tant du sens que du rêve. De quoi être captivé.
Or, de ce côté-là, c’est réussi haut la main : l’univers de One Piece fourmille de mythes, de secrets et d’énigmes qui, encore aujourd’hui, font couler beaucoup d’encre, et servent d’engrais à ces curieux cultivateurs de théories que sont les fans.




Légendes et mystères


Afin de terminer en beauté cette initiation à l’univers de One Piece, j’ai gardé le meilleur pour la fin : un tour d’horizon de toutes ces questions sans réponse qui tiennent les fans en haleine depuis maintenant 15 ans.
Parce que le culte du secret aiguise l’intérêt. Maître Oda l’a bien compris. Et si, après avoir pris connaissance de ce qui suit, le manga continue de profondément vous désintéresser, alors inutile d’insister : il n’est juste pas fait pour vous.

La coupure des 100 ans

Image

Le siècle oublié.
Tout un pan de l’Histoire qui échappe à l’humanité, paraît insaisissable, et suscite la curiosité d’archéologues fictifs comme de lecteurs bien réels.
Le fait est qu’on n’a pas idée des navrantes révélations que ces temps obscurs ont à nous apporter, mais on sait au moins que le gouvernement mondial – encore lui - fait tout pour les dissimuler. En effet, toute recherche sur le sujet est strictement prohibée, et les fraudeurs sont punis de peine de mort. C’est même ainsi que toute l’île d’Ohara a été massacrée par les forces armées, l’équipe d’archéologues qui y siégeait ayant vraisemblablement manqué de discrétion et accumulé beaucoup trop d’informations. De même, l’Arbre de la Cognition, bibliothèque monumentale qui conservait en son sein des ouvrages vieux de cinq millénaires, a été brûlé sans scrupule, privant alors le monde d’un trésor culturel inestimable.
Une telle censure est évidemment suspecte, et on se demande bien ce que le gouvernement a de si particulier à cacher. Quelque chose d’assez grave, probablement, pour provoquer des réactions révolutionnaires. Mais quoi, exactement ? Mystère. Il n’est même pas sûr que Maître Oda nous ait bien fourni les clés pour répondre à cette question. Et c’est bien pourquoi nous attendons fébrilement un indice de poids. Ou alors, carrément, la découverte du mythique Rio Poneglyphe : stèle indestructible sur laquelle seraient gravés les évènements principaux du siècle oublié.
Mais existe-t-elle réellement ? Et si c’est le cas, où la trouver ? Qui l’a créée ? Allez savoir...
C’est peut-être même ça, le One Piece.

Les armes antiques

Vous apprendrez, toutefois, qu’il existe plusieurs poneglyphes disséminés de par le monde. Et que certains d’entre eux véhiculent des informations à propos d’armes antiques à la puissance, paraît-il, prodigieuse. Quant à leur nature, leur origine, et la raison de leur création, le mystère reste entier. Sans doute peut-on supposer qu’elles ont un lien avec la coupure des 100 ans, puisqu’il est question de poneglyphes dans les deux cas. Mais la zone d’ombre les concernant est encore trop grande pour que ces armes constituent un véritable indice sur le siècle oublié.
Peut-être fut-ce l’époque d’une guerre, lors de laquelle ces armes ont servi. C’est encore le plus probable. Mais cette hypothèse ne nous avance pas à grand-chose en cela qu’elle sous-entend que le gouvernement mondial – puisqu’il est, aujourd’hui, au pouvoir - aurait remporté la victoire. Et si vraiment c’est le cas, il devient difficile d’expliquer pourquoi il s’entête ainsi à maintenir l’ignorance. Son succès sur le champ de bataille est pourtant une preuve de puissance, qui légitimerait sa position. Doit-on donc comprendre que sa victoire est particulièrement honteuse ? Peut-être. Mais il aurait alors été grandement plus simple de transformer la vérité que de gommer tout un siècle d’Histoire, non ?
Vous le voyez bien : les connections ont beau être là, cela reste insoluble et largement discutable.

Le D

Image

Monkey D. Luffy, Marshall D. Teach, Portgas D. Ace, et même Gol D. Roger, plusieurs personnages de One Piece possèdent cette lettre attachée à leur nom de famille. Chose que la narration met beaucoup de temps à mettre en avant, en évoquant la « volonté du D », sans pour autant apporter l’ombre d’une explication. Du coup, pour se faire une idée, on ne peut guère compter que sur l’unique point commun des porteurs de la fameuse lettre : ils jouent tous un rôle clé dans le scénario.
On conviendra sans peine que ce n’est pas un élément très significatif, mais malheureusement, c’est tout ce qu’on a à se mettre sous la dent. Et de là, plusieurs questions se posent. De quoi, ou de qui, ce D pourrait-il être l’héritage ? A-t-il une signification particulière ? Est-ce la première lettre d’un mot important ? Faut-il plutôt s’intéresser à sa forme ? Les Arctic Monkeys ont-ils raison de croire que D is for Dangerous ? 12  Et surtout, a-t-il un quelconque rapport avec le One Piece ?
En soi, tout est possible, et même la théorie la plus farfelue est bonne à prendre. Vous n’avez, d’ailleurs, même pas idée de ce que les fans ont pu imaginer. Si les plus nombreux pensent qu’il s’agit de la marque des descendants d’un peuple disparu lors du siècle oublié, certains y voient plutôt un sourire vu de côté, ou une demi-lune, tandis que d’autres défendent que c’est l’abréviation du mot « Destiny », ou encore « Devil » pour faire référence aux fruits du démon.
En ce qui me concerne, il est clair que le D symbolise la moitié d’une pièce. Pièce qui, cela va sans dire, serait le One Piece. Et si je pense cela, en fait, c’est parce que je ne crois pas que le D soit relié de quelque manière que ce soit au siècle oublié, tant ce dernier élément a été introduit tard dans le récit. Cette lettre ne peut donc avoir de lien – selon moi - qu’avec les fruits du démon ou le One Piece. D pour « Devil », par exemple, je veux bien y croire ; par contre, le coup du peuple disparu, très peu pour moi.
Après, en raisonnant ainsi, il est possible que je sous-estime Maître Oda.
Mais ça, seul le temps nous le dira…

L'origine des fruits du démon

D’où proviennent les fruits du démon ?
La question peut paraître bête, mais comme Maître Oda a déclaré « Je compte tôt ou tard traiter en détail le sujet de ces fruits dans l’histoire », elle est tout à fait légitime. D’autant plus que, même avant cette déclaration, certains se doutaient qu’il s’agissait de bien plus qu’un bête subterfuge scénaristique visant à introduire la notion de super pouvoirs. Mais maintenant, c’est chose sûre : ces fruits ont une histoire. Et le simple fait qu’il existe un album les recensant pose la question de leur origine.
Car il est établi que chaque fruit est unique, et qu’il est impossible de savoir quelle aptitude ils confèrent avant de les avoir mangés. Or, le fait étant que cette encyclopédie les liste et décrit leur pouvoir respectif, on peut penser que seuls sont répertoriés des fruits qui ont déjà été consommés et qui, de ce fait, ne sont plus d’actualité. Une explication qui tiendrait complètement la route, si toutefois cet ouvrage n’avait pas permis, à un personnage que je ne citerai pas, de se mettre en quête d’une capacité particulière et de la faire sienne. Or, pas besoin de s’appeler Layton 13  pour comprendre qu’il est impossible, sans être scatophile, d’ingurgiter un fruit qui a déjà été mangé. Cela implique donc clairement que les fruits du démon renaissent, qu’ils sont éternels.
Doit-on donc en conclure qu’après la mort de leur « hôte », ils repoussent ? Sans doute, oui. Mais viennent-ils d’un arbre ? Et si c’est le cas, où vit cet arbre ? Y en a-t-il plusieurs ? Qui aurait pu les faire pousser ? Le démon ? Existe-t-il ? A-t-il lui-même des pouvoirs ? Craint-il l’eau de mer ?
Là encore, les possibilités sont multiples.
Certains imaginent même le One Piece être un arbre à fruits du démon ; ce qui serait cocasse, il faut l’avouer.
En outre, on ne sait pas non plus comment la division scientifique de la marine s’y prend pour faire « avaler » un fruit à un objet, et ainsi accoucher d’un fusil pouvant se transformer en chien. Car, bien qu’à valeur gaguesque, je suis persuadé que le procédé nous sera expliqué. On peut même d’ores et déjà s’amuser à l’anticiper…

All Blue

Image

Enigme géographique, ce coup-ci, avec un sixième océan dans lequel vivraient toutes les espèces sous-marines existantes : All Blue. Cette légende ne semble pas avoir grande importance dans le manga, si ce n’est pour les pêcheurs et les cuisiniers, mais théoriser sur son emplacement reste assez épineux, et donc passionnant. Car le monde de One Piece est déjà bien défini. Et à première vue, le globe ne laisse de place pour All Blue.
En fait, si cet océan devait exister, de par la description qui nous en est faite, il se situerait préférentiellement sur une des deux intersections de Grandline et de Redline, parce que c’est aussi là qu’East Blue, South Blue, West Blue et North Blue se rejoignent.
Le problème, c’est qu’aujourd’hui, le lectorat est familier de ces deux intersections. Ou du moins, il en a l’impression, car Reverse Mountain n’a pas été visitée de façon exhaustive : seul un pan de la montagne – celui qui fait face à l’entrée de Grandline – nous est connu. On n’aura l’aperçu de l’autre côté que lorsque que les protagonistes auront fait le tour du monde, et c’est possiblement là qu’All Blue se cache. En fait, et quand bien même il ne serait du coup pas très vaste, je verrais bien cet océan à l’intérieur même de Reverse Mountain. Toutefois, au vu de l’inventivité hors norme de Maître Oda, on peut tout aussi bien l’imaginer sous Terre, dans le ciel ou même dans une dimension parallèle. Tout est à envisager.
Certains avancent même qu’All Blue est l’océan de jadis, avant qu’il ne soit séparé en quatre par les deux barrières « naturelles » que sont Redline et Grandline. Ils lient ainsi la chose au siècle oublié, pendant lequel la configuration même de la planète aurait été altérée par – pourquoi pas ? - les armes antiques. Une hypothèse qui plait, c’est sûr. Et à laquelle j’adhère, cette fois-ci. D’abord parce qu’elle correspond à la vision que j’ai du processus qui a vu naître une introduction imprévue de 11 tomes, mais aussi parce qu’elle impliquerait que Maître Oda soit, à peu de choses près, le scénariste le plus patient au monde.

Rough Tell

Terminons comme il se doit avec la Rolls-Royce de tous les mystères : la localisation de Rough Tell. Et surtout la raison de son inaccessibilité.
Pour les deux du fond qui ne suivent pas, je rappelle qu’on parle là de l’île qui abrite le One Piece, supposément située au bout de Grandline. Mais le truc, c’est que la rumeur affirme que seul l’équipage de Gol D. Roger y a posé les pieds. Du coup, personne n’est sûr qu’elle existe, et on considère d’emblée qu’elle reste à découvrir alors que rien ne le prouve. Cela étant, et de mon avis, on part déjà sur de fausses bases. Mais admettons un instant que l’emplacement qu’on lui a convenu soit le bon. Comment serait-il possible – même si c’est théoriquement l’endroit le plus difficile à atteindre du globe - qu’absolument personne d’autre que le seigneur des pirates n’ait réussi à trouver Rough Tell?
Difficile à dire.
Surtout quand on sait que la marine dispose de moyens pour traverser Calm Belt, et qu’elle peut, par conséquent, naviguer sans accroc sur l’extrémité de Grandline que tout le monde croit si inaccessible. Définitivement, c’est louche. Et à partir de là, deux théories s’opposent ; soit la vérité est ailleurs et Rough Tell est une île qu’on connaît déjà, soit Dame Nature y est allé de ses mécanismes malicieux pour la rendre inaccessible à quiconque n’a pas la carrure d’un Gol D. Roger.
Personnellement, j’opte pour la première hypothèse, avec comme candidat potentiel une île qui s’appelle Loguetown. « L’île où tout commence et où tout finit », de son surnom.
Elle a vu naître le seigneur des pirates et elle l’a vu mourir.
Elle a aussi marqué le chapitre 100, départ de la véritable aventure.
Et ne manquera pas, à mon avis, qu’elle soit ou non Rough Tell, de clore le manga.

En tout cas c’est bien avec elle que je vais – il était temps - conclure ce post, en espérant vous avoir ouvert les yeux sur les qualités de ce manga, et vous avoir donné envie de le lire.
Sinon, pour éclaircir un dernier point :
Peut-être l’incessante répétition, tout au long de la review, des mots “Maître Oda” vous a fatigués, agacés, voire exacerbés, et que des “Mais bon sang, il peut pas dire son nom normalement, cet espèce de fanboy?!” ont fusé dans vos esprits. Ce serait compréhensible. Mais je n’en démordrai pas pour autant. Car appeler Eiichirô Oda “Maître Oda”, c’est aussi considérer One Piece comme “One Masterpiece”…

Image

Pour les courageux qui souhaitent poursuivre – la suite n’étant pas aussi longue - on va maintenant aborder le phénomène One Piece dans son ensemble, et voir un peu tout ce qui concerne les adaptations, la localisation, les anecdotes, etc... Le ton y sera beaucoup plus léger, les images plus fréquentes et le texte moins dense, mais il faut bien ça pour être exhaustif.
Alors go !



Notes et références

 1  : Je ne vous ferai pas l'affront d'expliquer la référence. Pas sur ce forum.
 2  : Dans Dragon Ball, gravir la tour de Karine à mains nues prend à Goku plus d'une journée entière et lui demande énormément d'effort. Or, on assiste à une ascension du même style, quoique plus brève, sur une montagne de l'île de Drum.
 3  : Le son ne se propageant pas dans le vide, les scènes spatiales de Star Wars devraient être silencieuses. C'est une anecdote assez connue.
 4  : Encore une référence à Dragon Ball. Pour vous donner une idée de la chose, si Tao Pai Pai est capable de briser de la pierre à main nue, Boo fait plutôt sauter une planète en clignant de l'oeil.
 5  : Citation du Joueur du Grenier venant de sa vidéo sur les dessin-animés.
 6  : Hercule Satan est considéré, par la population, comme l'homme le plus fort sur Terre, alors qu'il est tout-à-fait ridicule.
 7  : Le fanservice, comme son nom l'indique, englobe tous les procédés susceptibles de plaire aux fans. Mais sa connotation est quelque peu péjorative : on "cède" au fanservice, car c'est un moyen "facile" de séduire le public. Pour plus d'informations, je vous renvoie sur ce lien.
 8  : Hero Corp est une série humoristique réalisée par Simon Astier, dont l'effet comique vient des pouvoirs totalement absurdes que possèdent les personnages. Quant à Heroes, c'est aussi une série télévisée sur le thème des super-héros, mais cette fois-ci, elle ne fait pas du tout dans l'humour.
 9  : On trouve toujours des jeunes fans pour s'enticher d'un personnage et vouloir prouver que c'est lui le plus fort.
 10  : Voilà un article Wikipédia sur le sujet.
 11  : Dans les jeux de rôle, l'alignement d'un personnage détermine son rapport à la morale. Il peut être bon, mauvais, loyal, etc... La classe, quant à elle, fait davantage office de métier, de statut : on peut par exemple être guerrier ou magicien.
 12  : D is For Dangerous est une chanson du groupe Arctic Monkeys.
 13  : C'est le personnage principal des jeux vidéo de la série "Professeur Layton". Pour le décrire simplement, il s'agit d'un dandy anglais spécialiste de la résolution d'énigmes de toutes sortes.
Dernière édition par Night le Lun 21 Juil 2014 21:30, édité 3 fois.
"There is, through the art of game design, some kind of observation about that universe that is not accessible in the same way from other media. If I can get that, then I don't even care about the game mechanic. If I can do that in a first-person shooter that looks exactly like Doom 3 then I would do it."
Avatar de l’utilisateur
Night
 
Messages: 226
Inscription: Sam 4 Déc 2010 13:16
Localisation: Oui, VF et VOSTFR

Re: BD - Comics - Mangas

Messagepar Night » Sam 1 Sep 2012 23:41


Les à-côtés

Image


Le volume relié


Afin de ne pas s’écarter trop précipitamment de ce qui fait l’essence du manga, attardons-nous un peu sur son support matériel ; c’est-à-dire le livre, le bouquin en lui-même. Après tout, son contenu est loin de se limiter à la chasse au trésor dont j’ai tant parlé : il y a de l’attrait même en dehors de l’aventure principale. C’est pourquoi il va me falloir évoquer, point par point, tout cet ensemble annexe.
Et quitte à se la jouer progressif, autant commencer par ce qui est lié le plus directement à l’univers de One Piece : la mini-aventure.

Le principe, c’est d’informer brièvement les lecteurs d’évènements que le récit omet. Pour ce faire, sont glissées en début de chapitre des illustrations titrées, qui se font suite l’une l’autre, et forment ensemble une petite histoire nous permettant, en général, de savoir ce qu’il advient d’un personnage dont on n‘avait plus aucune nouvelle. On peut ainsi se rassurer du fait que Maître Oda ne l’a ni oublié ni abandonné, et espérer – comme ça a parfois été le cas - qu’à nouveau il intervienne dans l’histoire principale. D’autant que sa réintroduction peut, du coup, se passer d’explication : un gain de temps narratif non négligeable.
Mais ce concept présente surtout l’avantage de donner vie à un univers pourtant fictif.
La mini-aventure, en effet, se révèle être une espèce de conte implicite qui suggère plus qu’il ne dit, et sollicite en permanence l’imagination du lecteur. En cela, on peut dire que tout n’est pas totalement figé par la narration. Et, au final, c’est ça qui est vraiment fort : le monde de One Piece paraît évoluer de lui-même.
Comme on dit souvent : Il fallait y penser !

Image

Venons-en maintenant aux pages interchapitres.
D’abord prévues pour dévoiler tout un tas d’informations complémentaires, des croquis préparatoires ou des petits jeux sans prétention, elles ont vite laissé place au Coin des questions que tout le monde se pose : une rubrique avec laquelle Maître Oda s’engage à répondre personnellement au courrier des lecteurs. Et il faut croire que ce concept lui tient à cœur, ayant lui-même, de sa prime jeunesse, admiré un mangaka qui, sans prévenir, a cessé de communiquer de la sorte avec ses fans. Qu’il s’en souvienne encore aujourd’hui et qu’il reprenne ainsi le flambeau donne une bonne idée de la déception qu’il a dû ressentir.
Mais quoi qu’il en soit, cette rubrique a cela d’intéressant qu’elle a servi à confirmer et à démentir pas mal de théories et de remarques faîtes par les fans. Elle est donc, à ce titre, une véritable mine d’informations. Pour autant, le lectorat étant relativement jeune et essentiellement japonais, toutes les questions posées ne sont pas sérieuses. Ce qui occasionne des réponses délirantes, parfois drôles, parfois moins. Et si, à force, ça peut devenir carrément lourd, il faut tout de même faire avec pour ne pas rater des indices souvent primordiaux. Autant vous dire que les débats les plus pointus du web n’autorisent pas la participation de ceux qui survolent la rubrique.
En bref, pour affiner ses connaissances et ses théories sur l’univers de One Piece, ou sinon juste pour sourire, c’est à lire absolument.

D’ailleurs, il aurait été difficile, sans le Coin des questions que tout le monde se pose, de se rendre compte qu’on nous propose, depuis le tome 5 et de façon permanente, un jeu typé « Où est Charlie ». 1  Drôle d’idée, en effet, que de doubler la chasse au trésor d’une chasse à l’homme.
Mais le « Charlie » dont il est ici question répond au doux nom de Pandaman, un catcheur à tête de panda que Maître Oda a inventé à l’occasion d’un concours de création de personnages. Et, dessins noirs et blancs oblige, il est loin d’être facile à débusquer. C’est même parfois abusivement dur, pour ne pas dire impossible, tant il est minuscule et son créateur retors. Je pense notamment à la fois où « pandaman » était écrit en japonais sur un Poneglyphe : allez le trouver, celui-là, quand vous ne connaissez pas la langue ! Surtout que rien n’indique qu’il y a quelque chose à chercher, pas plus qu’il n’existe de solution officielle. Maître Oda lui-même a avoué ne pas avoir répertorié ni compté les apparitions du catcheur mangeur de bambou.
Un vrai défi, donc.

Image

Néanmoins, n’étant pas toujours dissimulé aussi sournoisement, Pandaman reste un argument ludique efficace pour forcer l’attention des lecteurs les plus expéditifs. Un procédé d’autant plus astucieux qu’il permet à l’auteur de s’assurer que son souci du détail soit apprécié du plus grand nombre. On pourrait même assimiler cela – bien que l’interprétation, aujourd’hui, prête légèrement à sourire - à un besoin de reconnaissance. Et au vu de la popularité démentielle que connaît actuellement Maître Oda, si effectivement il ressentait un tel besoin, on peut sans risque le gager satisfait. Car, plus que la reconnaissance, c’est le triomphe que maintenant il expérimente. Une gloire de tous les jours, chaque lundi comme chaque dimanche ! 2 
Or, comme tout le monde le sait, dans la vie, il y a deux sortes de succès : ceux qu’on dit d’estime, et ceux qu’on dit commerciaux. Les premiers, bien que flatteurs, ne sont pas forcément d’une grande aide sur le plan financier, et en cela n’intéressent aucunement les éditeurs. Mais les seconds, tout au contraire, sont parfaitement rentables, et les licences qui en font l’objet sont toujours pleinement exploitées.
Il n’est donc pas étonnant – le succès duquel on parle étant un succès commercial – que j’en vienne à passer en revue tout ce qui concerne la distribution du manga en France, et ses différentes adaptations.


Les adaptations du manga


À défaut de pouvoir vous en dire davantage sur la localisation du One Piece, c’est sur la localisation de One Piece que je vais vous rencarder. Et si je manie le double sens avec la finesse d’un burgonde, 3  ça a au moins le mérite de faire ton sur ton avec le savoir-faire de Glénat, à qui l’on doit – bien malheureusement - la seule édition française du manga.
Déjà, comparativement à des titres édités par Kana ou Tonkam, le papier est de mauvaise qualité. Je déplore même, pour le cinquième tome de ma collection, quelques pages détachées ; ce qui est tout bonnement honteux. Mais quand, en plus de cela, viennent se glisser des phrases qui ne se terminent pas, ou des répliques placées dans les mauvaises bulles, on commence sérieusement à avoir de quoi bouder.
Fort heureusement, la traduction – bien que j’ai un gros bémol à émettre la concernant - est globalement réussie. Et je ne vais pas, comme beaucoup, pester contre cette francisation excessive qui, de toute façon, n’est pas dramatique. En effet, hormis l’inoubliable « carte vitale » - que j’ai déjà eu l’occasion d’évoquer - et le « Roi Dutir » qui, certes, aurait gagné à être traduit « Sniper King » ou à conserver son nom de « Sogeking », il n’y a pas lieu de se plaindre outre mesure. Tout cela est de l’ordre du détail.
En revanche, je suis moins conciliant envers de telles prises de liberté quand elles s’attaquent au fond plus qu’à la forme. Car l’avantage à ce que nous soyons en retard par rapport à la publication japonaise, c’est que nos traducteurs peuvent travailler avec la suite des évènements en tête, et donc éviter les gaffes. Or, ça, chez Glénat, ils ne savent pas faire. Du coup, à la moindre ambigüité scénaristique - comme par exemple un indice à propos de liens de parenté - ils risquent de se planter joliment, et de ne pas coller aux révélations ultérieures. Même si ça reste rarissime, à partir du moment où ils détiennent les outils pour contourner ce genre d’erreur, une telle atteinte à la cohérence du récit n’est absolument pas pardonnable. D’autant plus que les teams de scantrad font ça sur l’instant, bénévolement, et ne se trompent pas.
Il ne faut pas se demander, après, pourquoi certains lisent les chapitres sur internet avant d’acheter les volumes…

Image

Bref.
Comme d’habitude, nous, pauvres français, ne sommes pas spécialement gâtés.
Et histoire d’enfoncer un peu le clou, la diffusion de la série animée sur nos écrans a été – je crois que c’est le mot - catastrophique. En effet, les 53 premiers épisodes, qui correspondent à la fameuse introduction de 11 tomes, sont passés en boucle à la TV de 2003 à 2007. Donc pendant 4 ans. Pour même pas 18 heures d’animation ! Le tout muni d’un doublage au rabais, saboté par une équipe de 6 comédiens de la SOFI, qui n’ont même pas su – comme pour Ken le Survivant – inspirer cette sympathie propre au nanar, et faire rire. Tous les défauts du monde, en somme : le groupe AB n’aurait pas pu faire pire.
Et, ironiquement, c’est grâce à lui que j’ai connu One Piece. Comme quoi !
En tout cas, cela s’est nettement arrangé lorsque Kana Home Video a racheté les droits, et qu’à partir de 2008, les français ont pu découvrir tous les autres épisodes, avec à la clé un doublage un peu plus décent. Ceci dit, que sa localisation soit désormais dans les normes ne m’empêchera pas de vous déconseiller la série animée. Même en VOSTFR. Car ce que nous a pondu Toei Animation est à la fois moche, lent et pauvre. Autrement dit, c’est brouillon. Et si, venant du studio qui s’était chargé de DBZ, on ne s’attend effectivement pas à être bluffé par la réalisation, c’est ici tellement bas de plafond qu’il y a tout de même de quoi être surpris, et donc de quoi être déçu.
Finalement, le seul point positif de cet anime, c’est sa bande-son. Et par ce terme – entendons-nous bien – j’exclue les génériques d’intro et de fin, et ne considère que ce qui accompagne l’action. Kouhei Tanaka, compositeur plutôt réputé, a en effet parfaitement su capter et retranscrire l’esprit One Piece en musique. C’est d’ailleurs pour cela que je n’ai pas hésité à vous faire profiter de son travail tout au long de la review. Non pas que ce soit comparable à du Cowboy Bebop, 4  loin de là, mais au vu de la qualité globale du dessin animé, je ne peux pas faire la fine bouche.
D’ailleurs, dans mon élan, j’en remets une couche !

Image




Le massacre de la série TV, toutefois, ne signifie pas que tout espoir est perdu quant à une adaptation réussie de One Piece dans le domaine de l’animation. La Toei, en effet, a travaillé sur quelques long-métrages qui bénéficient, comparativement à la série, d’un effort de réalisation manifeste. Vous verrez, néanmoins, que ce n’est pas pour autant que les films répondent tous à mes attentes en termes d’esthétique : ils sont souvent perfectibles et pas toujours dignes du grand écran. Qui plus est, quand le scénario n’est pas signé Maître Oda, l’intérêt du spectacle, aussi magnifique soit-il, s’amoindrit. C’est bien pourquoi aucun film ne m’a entièrement satisfait ; tantôt trop éloigné de l’esprit du manga, tantôt trop modeste techniquement, la Toei n’a jamais réussi à réunir les deux qualités et à produire du « beau One Piece ». C’est là mon principal reproche.
Mais voyons cela dans le détail.

Film 1 : One Piece Le Film ; Film 2 : L’Aventure de l’Île de l’Horloge ; Film 3 : Le Royaume de Chopper, l’Île des Bêtes Etranges.

Scénario téléphoné, réalisation discutable, personnages manquant de charisme, et combats expéditifs mal orchestrés : lourdes tares, ma foi, qu’accusent ces trois premiers films. Il serait malvenu, toutefois, de les mettre dans le même panier, One Piece Le Film étant le seul d’entre eux à faire techniquement écho à la série et à atteindre, en tout point, un tel degré de médiocrité. Définitivement l’un des plus mauvais longs métrages inspirés du manga, sinon le plus mauvais. Quant à L’île des Bêtes Etranges, il aurait gagné à modérer son taux de niaiseries moralisatrices à deux ronds. Parce que la soupe habituelle à base d’amitié, d’amour de la nature et de respect des animaux, à force, ça devient indigeste. Surtout quand on nous la fait avaler à l’entonnoir.
Du coup, de cette trilogie faiblarde ne s’en sort honorablement que l’Aventure de l’Île de l’Horloge. Un film qui n’est ni particulièrement prenant, ni particulièrement beau, mais qui se regarde facilement. C’est déjà ça !

Film 4 : L’Aventure sans Issues ; Film 5 : La Malédiction de l’Epée Sacrée ; Film 7 : Le Robot Mécanique Géant du Château Kazakuri.

Avec ce nouveau trio, l’heure est au changement et au gros budget.
Non seulement le format passe de 1h00 à 1h30, mais en plus on monte d’un cran pour ce qui est de la qualité graphique. Personne n’ira nier, en effet, que c’est artistiquement plus réussi. Et si les effets 3D n’ont rien d’éblouissant, ils ont au moins le mérite de s’incruster sans choquer outre mesure. C’est donc plutôt cool, côté esthétique. Mais les histoires aussi semblent avoir évolué, en cela qu’elles m’ont toutes parues plus poussées, plus riches et plus réfléchies qu’auparavant. Chose qui se ressent particulièrement dans l’Aventure sans Issues, qui bénéficie peut-être bien de l’intrigue la plus intéressante de toutes.
Ceci dit, bien que le bilan soit globalement positif, il va falloir compter avec un vilain petit canard. Car La Malédiction de l’Epée Sacrée n’a hérité de One Piece que le nom. Il n’en a, en effet, ni la fraîcheur, ni l’humour. Et il suffit de voir la dégaine du grand méchant – un clone de Sephiroth 5  armé d’un sabre vert fluorescent - pour comprendre que le film se voulait plus sombre que les autres. Le problème, c’est qu’il accumule des clichés qui, investis de la grandiloquence et du sérieux ambiants, deviennent totalement inconvenants. Du coup, le scénario, bien que plus travaillé qu’à l’accoutumée, est d’une lourdeur abyssale.
C’en est même chiant rien que d’y repenser, en fait.

En revanche, le septième film, lui, jouit au contraire d’une atmosphère légère et décalée. Et selon moi, il se place parmi tous comme le plus fidèle à l’esprit du manga : on y trouve du secret, de l’évasion, de l’onirisme, du second degré, et même d’amusantes références à l’aventure originelle. Autant vous dire qu’il s’en tire sans trop de bobos, celui-là.
L’anagramme, en revanche, est moins vraie en cela que le film souffre d’un fanservice excessif et envahissant. Or, sans ce léger handicap, gênant pour le puriste davantage que pour le fanboy, Le Robot Mécanique Géant du Château Kazakuri aurait été, selon moi, le meilleur de tous les long-métrages estampillés One Piece…
Comme quoi, cela ne tient à pas grand-chose.

Film 6 : Le Baron Omatsuri et l’Île Secrète

Ce film-là est un peu l’OVNI du lot, tant en termes d’ambiance que d’esthétique.
Et si certains tentent de le sauver en disant de sa réalisation qu’elle est « originale », j’aimerais rappeler qu’original n’exclut pas moche. Or, en l’occurrence, c’est bel et bien moche. Il en va de même à propos de ces entêtés qui le vendent comme « épuré » alors que c’est juste simpliste. Pour parler honnêtement, seuls les décors me semblent avoir fait l’objet d’une certaine application. Car pour le reste, pardon, mais on jurerait que l’animation a été confiée à des stagiaires : l’ombrage est inexistant, le mouvement confus, et les dessins grossiers. Ça m’a même rappelé les Zelda sur CD-i, 6  parfois, tant c’était bâclé.
Alors, s’il-vous-plaît, qu’on ne me parle pas de choix artistique !

Image
Image

Pour autant - et c’est bien pourquoi peu de fans osent le descendre comme je viens de le faire - ce film est loin d’être mauvais, en cela qu’il profite d’une ambiance remarquable et très spécifique. En un mot, il est atypique. Et même carrément glauque. Trop pour correspondre à l’esprit du manga, c’est sûr, mais justement assez pour disposer d’une vraie identité et intriguer le spectateur. Ainsi, Le Baron Omatsuri et L’Île Secrète restera dans les mémoires, pour le meilleur ou pour le pire, comme un long métrage en marge des productions homologues.

Film 8 : Episode d’Alabasta, La Princesse du Désert et les Pirates ; Film 9 : Episode de Chopper : Le Miracle des Cerisiers en Hiver.

Ces deux films – adaptés, cette fois-ci, directement du manga - formaient une occasion en or pour la Toei de rattraper l’aberration que constitue la série TV. C’était même, plus qu’un moyen pour réparer les pots cassés, l’opportunité de sublimer, via l’animation, les moments clés de One Piece. De quoi, en somme, se réconcilier avec les fans dans mon genre.
Mais malheureusement, cette double tentative s’est soldée par un lamentable échec. Une performance qui, pour tout vous dire, me laisse perplexe à peu près autant qu’elle m’exaspère. Et, à mes yeux, ce fiasco restera toujours un grand point d’interrogation. Comment ont-ils pu, en effet, se planter à ce point, deux fois de suite, avec un programme aussi modeste et alléchant que la refonte d’un arc culte ? Définitivement, cela me dépasse. D’autant plus que les deux films ne partagent absolument pas les mêmes défauts : la Toei a merdé différemment pour chacun d’eux !
Avec le huitième film, pour parler concrètement, elle a surtout eu le tort de résumer l’histoire de façon arbitraire. C’est-à-dire que les séquences s’enchaînent selon une logique fumeuse respectant tout juste la temporalité, et que le découpage des scènes - comme la gestion des ellipses – repose sur des choix proprement injustifiables. La narration, donc, est totalement cryptée. Et – aussi vrai que vous ne pouvez pas regarder la TNT sans décodeur – il faut connaître le manga pour comprendre ce qu’il se trame. Ceci dit, n’allez pas croire que, pour les fans, cette adaptation vaut le détour. C’est un remake en bonne et due forme que nous voulons ; certainement pas une séance photos nous rappelant ce qu’on a déjà vu !
En bref, pour faire avancer la théorie du chaos, La Princesse du Désert et les Pirates a sans doute ses chances, mais pour nous faire prendre notre pied, il repassera.

Le neuvième long-métrage, quant à lui, dispose d’une construction tout-à-fait cohérente : loin de se contenter de nous remémorer le scénario, il nous le retrace de fond en comble. À croire, donc, que la Toei apprend de ses erreurs, et pas de ses réussites. Car oui, comme je l’avais laissé entendre, ce film pêche par bien d’autres aspects. Le premier souci, à mon sens, c’est cette liberté prise par rapport au manga, qui a permis aux producteurs d’ajouter un méchant inédit sans aucun charisme et des intervenants originellement absents. À qui, exactement, pensaient-ils plaire en faisant ça ? Certainement pas aux puristes, me direz-vous. Alors aux néophytes ? Sans rire ? Ils comptaient faire leurs chiffres en ciblant les rares zigotos ayant attendu 2008 avant de vouloir découvrir One Piece ?! Sachant que le film ne sort qu’au Japon, et que personne de sensé ne voudra se spoiler la gueule à propos d’un arc avancé du manga ?!!!! Permettez-moi d’en douter.
Nous n’avons donc là qu’une preuve supplémentaire de l’incompétence et du je-m’en-foutisme de Toei Animation. Ça commence à faire beaucoup. Heureusement pour eux, tous les fans ne sont pas puristes, et certains apprécieront Le Miracle des Cerisiers en Hiver malgré tout.
Ou presque.
Il faut juste, pour que la pilule passe, que la réalisation soit correcte.
D’ailleurs, à ce sujet, vous allez rire, mais…
Image 7 
C’est assez pitoyable, en fait.
On oscille entre le rendu très moyen des trois premiers films et l’esthétique particulièrement dégueulasse du 6ème. Autrement dit, c’est globalement moche. Et du coup, quand bien même cette conclusion est regrettable, la série animée – que je ne conseille pas - est à préférer à ces deux longs métrages.

Film 10 : Strong World

Enfin nous le tenons !
Après deux énormes déceptions, voilà qu’arrive Strong World, le meilleur long métrage dérivé de One Piece, et accessoirement le seul à avoir été diffusé dans les salles françaises. C’est dire si c’est du lourd !
Pourtant, vu comme ça, il n’a pas l’air de marquer un tournant particulièrement décisif. En effet, que ce soit techniquement ou scénaristiquement, il joue à peu près dans la même cour que les films 4 , 5 et 7. Quoiqu’il est légèrement plus beau, il me semble. Mais s’il se distingue aussi positivement, c’est surtout parce qu’à la base, les concepts et les personnages qui y figurent ont été pensés pour le manga. Autrement dit, la matière d’œuvre est fournie par Maître Oda en personne ! Voilà qui, déjà, change largement la donne.
Pourtant, sa participation ne se limite pas à du recyclage d’idées inabouties, pas plus qu’elle ne s’arrête à un peu de charadesign. Parce que ce mec s’est aussi démené à justifier l’histoire du film par rapport la série, en mettant au clair les liens qui les unissent. Tout un travail qu’il a condensé en une vingtaine de planches, vendues au Japon avec la place de ciné, sous le nom de « Chapitre 0 ». D’ailleurs, si la qualité première de ces pages est d’offrir un background au film pour lui donner consistance, elles sont aussi bourrées d’anecdotes sur l’univers One Piece. Un vrai régal.
Cela étant, quand bien même l’intrigue manque de finesse – et je pense notamment au sempiternel coup de l’enlèvement - le bilan reste positif. Strong World, indéniablement, est plus sympa à regarder que ses antécédents.

Film 11 : Mugiwara Chase

« 30 minutes, pour un film d’animation, c’est quand même vachement court » pourrait-on se dire.
Cependant, ce n’est pas comme si un quelconque semblant de scénario était au programme : le court métrage ne fait qu’enchaîner les scènes d’action sans jamais rien raconter d’intéressant. Un choix qui a de quoi déconcerter, c’est sûr, mais qui est clairement un parti-pris plus qu’une erreur d’appréciation. À nous, donc, de prendre ce Mugiwara Chase pour ce qu’il est réellement : une démo technique. Car oui, il est entièrement réalisé en 3D cell-shading, et c’est même là son principal argument de vente.
Toutefois, le rendu n’a rien de très épatant. Trahi tout du long par un manque de maîtrise plutôt manifeste, il apparaît que ce premier coup d’essai est encore largement perfectible dans sa technique. Ou du moins, c’est ce que j’avance. Car, n’ayant pas vu le film dans les meilleures conditions, il est tout-à-fait possible que je me trompe et que ce soit graphiquement irréprochable.
Ceci dit, la Toei étant aux commandes, ne pas être dans le vrai m’étonnerait fortement…

Image


Le coin des infos dont tout le monde se fout


Sous ce titre ô combien évocateur se cache une sorte de « section poubelle », remplie de sympathiques mais anecdotiques renseignements que je n’ai pas encore eu l’occasion de mettre sur le tapis. Toutefois, ceux-là divergeant copieusement de l’objet principal de la review, il m’a fallu opérer succinctement. Exit, donc, les interviews, clins d’œil et déclinaisons qui n’intéressent que les fans. N’a été conservé, pour ce bouquet final, que le plus croustillant.

Déjà, fait amusant, Maître Oda et Akira Toriyama ont coopéré le temps d’un cross-over 8  entre One Piece et Dragon Ball.
Cross Epoch, que ça s’appelle. Et le résultat est aussi saisissant que cette association de haut vol est inespérée : les deux univers se marient parfaitement. Il faut le voir pour le croire ! Même les fans auront parfois du mal à déterminer qui a dessiné quoi.
Après, il est vrai que la chose n’a pas grand intérêt pour ceux qui ne connaissent pas les œuvres originales. Comme tout cross-over, ai-je envie de dire. Mais dans tous les cas, cette œuvre collaborative peut se vanter d’être aussi réjouissante que soignée.
C’est donc un bien beau cadeau, ma foi, qui nous a été offert pour ces fêtes de Noël 2006.

Image

En 2007, pour fêter les dix ans de parution du manga, est sorti un magazine intitulé One Piece 10th Treasures.
Une exclusivité japonaise recelant interviews, jeux, informations et même – pour ceux qui auraient raté le numéro du Weekly Shônen Jump sur lequel il figurait - Cross Epoch. Mais ce qui va nous intéresser, ce sont les illustrations que, pour l’occasion, les mangakas du Jump ont été invités à dessiner. Car, l’air de rien, ils ont été nombreux à se prêter au jeu, et à représenter les personnages de One Piece à leur façon. Une belle occasion d’apprécier les différents styles, et de se rendre compte que l’art de Maître Oda est tout-à-fait unique.
D’ailleurs, si vous souhaitez admirer cela par vous-mêmes, voilà les travaux des auteurs les plus réputés.

Dans l’ordre : Akira Toriyama (Dragon Ball), Masashi Kishimoto (Naruto), Tite Kubo (Bleach), Takeshi Obata (Death Note), Takehiko Inoue (Slam Dunk), Shinobu Kaitani (Liar Game), Akira Amano (Reborn), Takeshi Konomi (Prince of Tennis), Hideaki Sorachi (Gintama), Kentaro Yabuki (To Love-ru), Hiroyuki Takei (Shaman King), Fujio Fujiko (Doraemon), Katsura Hoshino (D.Gray-man).

cliquez pour dévoiler les images
Image
Image
Image
Image
Image
Image
Image
Image
Image
Image
Image
Image
Image



Conclusion et Remerciements

Se lancer à la découverte d’un manga de cette longueur n’est pas facile.
Il faut du temps, de l’argent, mais aussi de l’envie et du courage. Or, ne pouvant pas agir sur les deux premiers, j’ai écrit cette review afin que son caractère élogieux vous donne l’envie, et que ses proportions abusives éprouvent votre courage. Qui plus est, en parallèle de cet aspect initiatique, j’ai fait entendre aux fans un avis tellement personnel qu’il différera forcément du leur, et mènera peut-être à débat. Ce qui est aussi mon but, quelque part, frustré que je suis de n’avoir jamais croisé, sur la toile, de critique qui me satisfasse.
Mais quoi qu’il advienne, que ça ait servi ou non à quelqu’un, je ne regretterai pas de sitôt la rédaction de cette review ! Pas plus, d’ailleurs, que je m’interdis de la retoucher, sentant ma plume progresser d’année en année.
Sur ce, venons-en aux remerciements.

Image

Merci, déjà, à Yoan, à qui je dois l’achat des dix premiers volumes de ma collection. Merci aussi à Finquel, pour avoir si pertinemment conseillé mon frère. Merci à Cici de s’être autant démenée pour créer les balises youtubesound dont je ne me suis finalement pas servi. Merci, évidemment, à Maître Oda pour ce manga du feu de Dieu. Et enfin, merci à tous ceux qui ont pris la peine de me lire, partiellement ou non.
En espérant vous avoir distraits plus qu’ennuyés !
バイバイ !

Image



Notes et références

 1  : "Où est Charlie" est une série de livres-jeux demandant au lecteur de repérer Charlie dans des images saturées de détails.
 2  : La structure même de cette partie du texte est un clin d'oeil à la chronique 3615 Usul, dont voilà une vidéo.
 3  : Les burgondes sont un peuple du début du Moyen Âge moqués dans la série française Kaamelott, où ils sont présentés comme rustres et sots.
 4  : Cowboy Bebop est un dessin-animé japonais laissant la part belle à la musique, et maintes fois loué pour sa bande-son.
 5  : Tiré du jeu vidéo Final Fantasy VII, Sephiroth est devenu un stéréotype de méchant ultra-classieux.
 6  : Les jeux vidéo Zelda sur CD-i sont réputés pour des scènes animées absolument immondes.
 7  : Cette image représente Kefka, le méchant de Final Fantasy VI, en train de rire : c'est LA figure 16 bits du rire diabolique.
 8  : Un cross-over est une œuvre mêlant les univers de plusieurs œuvres.
Dernière édition par Night le Mar 4 Sep 2012 20:43, édité 1 fois.
"There is, through the art of game design, some kind of observation about that universe that is not accessible in the same way from other media. If I can get that, then I don't even care about the game mechanic. If I can do that in a first-person shooter that looks exactly like Doom 3 then I would do it."
Avatar de l’utilisateur
Night
 
Messages: 226
Inscription: Sam 4 Déc 2010 13:16
Localisation: Oui, VF et VOSTFR

Re: BD - Comics - Mangas

Messagepar Finquel » Dim 2 Sep 2012 16:28

Oh putain!! oO
Je vais lire, je te jure que je vais le lire!!!
Batmaaaaaan tin-nin--nin--nin--nin--nin--nin--nin Batmaaaaaan
Avatar de l’utilisateur
Finquel
 
Messages: 335
Inscription: Sam 4 Déc 2010 13:58

Re: BD - Comics - Mangas

Messagepar Yoan » Dim 2 Sep 2012 22:42

Pareil. Avec le "Oh putain" au début.
Image
Avatar de l’utilisateur
Yoan
Administrateur du site
 
Messages: 2289
Inscription: Ven 3 Déc 2010 21:58

Re: BD - Comics - Mangas

Messagepar Sweet16 » Lun 3 Sep 2012 01:09

D'accord aussi avec le "Oh putain".

Je vais essayer de tout lire, je connais rien de one piece en plus.
Avatar de l’utilisateur
Sweet16
 
Messages: 82
Inscription: Jeu 12 Juil 2012 19:24

Re: BD - Comics - Mangas

Messagepar Night » Lun 3 Sep 2012 01:57

Oh putain!
J'ai plus de deux lecteurs potentiels.^^

Sinon, j'avais annoncé la couleur, hin, en disant que j'allais faire plus long que le post de Yoan sur Eliott Smith.
Compte tenu du fait que j'avais toutes les grandes vacances pour m'y atteler, il fallait au moins s'attendre à ça.
"There is, through the art of game design, some kind of observation about that universe that is not accessible in the same way from other media. If I can get that, then I don't even care about the game mechanic. If I can do that in a first-person shooter that looks exactly like Doom 3 then I would do it."
Avatar de l’utilisateur
Night
 
Messages: 226
Inscription: Sam 4 Déc 2010 13:16
Localisation: Oui, VF et VOSTFR

Re: BD - Comics - Mangas

Messagepar Yoan » Mar 4 Sep 2012 10:08

J'ai lu le premier des trois posts (pas encore eu trop le temps).
Et bon, ça va évidemment être "découpé" pour faire l'objet d'un Topic unique. Je ne vois pas ce qui mériterait plus que ça de bénéficier d'un thread dédié, même s'il ne devait suivre que trois réponses. Et même si je réserve le gros de mes impressions quand j'aurai lu l'ensemble, pour ce que j'ai parcouru là déjà, j'ai très sincèrement été soufflé. Ca doit faire plus de 10 ans que j'écume le Net, et près d'une douzaine de forums que j'ai fréquentés/lus durant cette période, et j'ai rarement vu du taf si soigné, complet, agréable à lire, et documenté. Même si j'ai bien conscience que tu as adapté le propos pour les novices que nous sommes.
Et pourtant, notamment lorsque je fréquentais les forums X Files, je peux te dire que j'ai lu quelques thèses mythologiques impressionnantes et largement développées. T'es complètement taré, mec. :D

Par contre, les puces de référencement du dernier post (les petits chiffres rouges, là) mènent bizarrement aux notes concluant le second... Bug ou petit couac dans les codes ?
Image
Avatar de l’utilisateur
Yoan
Administrateur du site
 
Messages: 2289
Inscription: Ven 3 Déc 2010 21:58

Re: BD - Comics - Mangas

Messagepar Night » Mar 4 Sep 2012 18:40

Ah ouais, il est bizarre ce bug.
Je devrais avoir le temps d'arranger ça ce soir, ceci dit. (3h de cours le matin, et déjà suffisamment de devoirs pour taffer toute l'aprèm : c'est un truc de ouf, la prépa!)

Merci d'avoir lu, sinon, ça fait plaisir.^^

EDIT : Bon, il n'y a plus de bug.
J'ai changé le nom des des points d'ancrage. Mais ce qui est bizarre, c'est que les points d'ancrage des deux premiers posts ont le même nom, et qu'eux, le forum ne les confond pas.
"There is, through the art of game design, some kind of observation about that universe that is not accessible in the same way from other media. If I can get that, then I don't even care about the game mechanic. If I can do that in a first-person shooter that looks exactly like Doom 3 then I would do it."
Avatar de l’utilisateur
Night
 
Messages: 226
Inscription: Sam 4 Déc 2010 13:16
Localisation: Oui, VF et VOSTFR

Re: BD - Comics - Mangas

Messagepar Auré » Mer 5 Sep 2012 00:18

Night, je vais t'élire plus grand fou de tous les forums du monde ! Nan sérieux, il a l'air méga classe ton (tes) post(s) ! J'aimerais bien pouvoir essayer de lire tout ça, pour voir, comme ça, ce que ça fait. Bon j'essaierai (au moins le début :ange: ), parce que ça mérite franchement d'être lu, depuis le temps que tu le préparais ce post. Juste comme ça, au passage, t'as un frère légèrement fier ! :)
Image
Avatar de l’utilisateur
Auré
 
Messages: 439
Inscription: Jeu 12 Mai 2011 19:23

Re: One Piece

Messagepar Finquel » Ven 7 Sep 2012 23:07

Bon, je viens de lire la première partie! Que du bon boulot.
Je prenais des notes au fur et à mesure que je lisais pour ne pas oublier ce à quoi je voulais répondre. Je vais commencer maintenant. Je devrai donc, en toute logique, poster 3 fois pour te répondre ^^
Je voudrai juste apporter quelques précisions: Nekketsu se traduit généralement par "dépassement de soi". Plutôt que de parler de genre, je préfère dire que c'est un ingrédient essentiel du shonen. Il est plus ou moins fort, plus ou moins épicé mais toujours présent dans un shonen. J'émets beaucoup de réserve sur cet article . Bref.
Pour ce qui est des chiffres de ventes comparés à dragon ball. Les derniers que j'ai eu moi de mes éditeurs c'est qu'effectivement, One piece avait officiellement vendu plus d'ouvrages que dragon ball pour la simple et bonne raison que la série comporte plus de volume. 42 tomes pour dragon ball, 63 (chez nous) pour l'instant de one piece. Au tome par tome, Dragon Ball est toujours devant. Mais vu les courbes de recrutement, il est évidant que One piece va finir par tout rattraper.
Toujours pour parler chiffres. Naruto est, en France toujours le numéro un. Je m'explique. Les mise en places et ventes des nouveautés Naruto sont toujours devant celles de One piece. En revanche, les fond Naruto s'est effondré. Plus aucun recrutement quand celui de one piece explose. Dans les meilleurs ventes BD de l'année, quasiment tous les tomes de one piece sont présent quand seulement les tomes de naruto sortie en 2012 apparaissent. Tout en haut des ventes, certes mais peu nombreux. C'est pour ça qu'on peut entendre dire que One piece a dépasser Naruto, la passion aidant à dépasser ses mots ^^
Naruto a eu une chance folle pour son succès. On a déjà bien parlé de la qualité plus que moyenne de ce manga et de la non justification de sa réussite. Son succès il le doit à du bol. Certes, les premiers tomes sont racoleurs et donnent envie d'y aller mais le tome 1 est surtout sorti au bon moment. En pleine pénurie de manga de se type. La génération Dragon ball venait de passer et il fallait un remplaçant au genre. Ah bah tiens, ya un truc de ninja qui vient de sortir. Il faut aussi prendre en compte que bien la moitié des lecteurs de Naruto ne lisent que ça. Il a donc choppé une clientèle quasiment exclusive d'hypermarché. Les ventes dans les boutiques spécialisé mangas sont d'ailleurs plus basse que celle de One piece. Tous les lecteurs de One piece lisent du mangas et tous les lecteurs de shonen lisent one piece. Les autres shonen se partageant l'argent de poche qu'il reste. Faut bien distinguer les différents lectorats.

Je voulais aussi t'appuyer sur le fait que c'est un génie du charadesign en ajoutant qu'un mangaka qui reprend les traits du Dr Frank-N-Furter pour se créer un héro ne peut être qu'un génie ^^

Pour les intros aussi, on remarque que les chez oeuvres ont très souvent des intros longues et fastidieuses. Effectivement, les 2 premiers arcs de Jojo sont pénible à lire (n'aillons pas peur des mots) mais j'y reviendrai plus tard. Berserk et Tenjo Tenge ont eux aussi des démarrages poussifs qui nous poussent dans les abîmes de la passion une fois passés. A ce sens, j'ai appris que Maître Oda avait déjà annoncé la couleur à son éditeur lorsqu'il a gagné son concourt avec son histoire courte de pirates: "J'ai prévu une histoire en 100 volumes!" ce à quoi on a surement dû lui répondre: "fais en déjà un, on verra après si on te laisse continuer". On comprend mieux l'intro de 11 volumes. Finalement, c'est quoi 11 pages sur 100? Un bête dixième, ça colle. C'est peut être aussi pour ça que l'histoire colle et ne s'essouffle jamais. Tout était prévu. Personne ne le force à continuer. Il le fait parce qu'il en a envie et que c'était prévu. Il est heureux lui de dessiner Luffy.
Le maître de Oda est le grand Toriyama. C'est Dragon Ball qui lui a donné son envie de faire du manga. En ça on lui attribut l'humour débile et l'univers loufoque. La construction psychologique des personnages principaux suit d'ailleurs celle de Dragon Ball. A tel point qu'un parallèle entre eux a été mis en scène dans une histoire courte dessinée à quatre mains par les deux maîtres: Cross Epoch

Le vote des lecteurs est effectivement quelque chose d'assez unique au japon qui appuie bien sur le fait que l'éditeur est le propriétaire de la série. Quelques rares auteurs star ne sont plus soumis à ses votes. Les maîtres Oda et Adachi par exemple ont sû gagner leur indépendance et la confiance de tous le monde. Par exemple on demande souvent aux lecteurs de faire un classement de leurs personnages favoris. Bien sûr, les premiers n'ont pas le droit de mourir. C'est extrêmement flagrant dans Naruto justement. Des anciens persos plutôt cool mais dont l'auteur ne sait que faire (parce que c'est un gros nul) réapparaissent régulièrement comme un cheveux dans la soupe.

Jojo bizarre adventure de l'immense Hirohiko Araki qui d'ailleurs n'est plus soumis à aucun vote non plus.
Il y a matière içi à faire un post d'au moins autant de mots que celui sur One piece mais ne comptez pas sur moi pour le faire, désolé. Il faut savoir que la publication de cette série a commencé en 1984 tout comme Dragon Ball!! Cette année à donc vu naître deux immense maître.
Il faut savoir que Jojo est à l'origine de l'intégralité des shonen qui lui font suite puisque c'est Araki qui a créé un style de combattants particuliers à savoir celui avec un pouvoir unique! Finis les bastons entre personnages qui ont tous appris le même art martial à coup de kamehameha dans la geule. Un pouvoir très spécifique qui implique que le perso A peut battre le B mais pas le C alors que B a battu C. Et oui, ça fout la merde et ça implique de se servir de sa cervelle avant ses muscles. Les héros ont des sortes de corps astraux appelés Stand. Ils émanent de leurs corps et seuls les possesseurs de stand peuvent les apercevoir. On y trouve de tout, une stand qui arrête le temps, un qui écrit des mots et l'action du mot se réalise, lire l'avenir à courte portée dans une BD, piloter un petit avion télécommandé qui tire des balles, placer des fermetures éclairs partout (soit pour se recoller un membre arraché soit pour ouvrir un mur et le traverser), rendre vivant tout ce qu'il touche, etc... Plus la portée du Stand est longue et plus sa force est faible. Le génie de l'auteur est de créer des pouvoir absolument dingue et ce plusieurs fois par tomes.
Effectivement, on suit les déboires de la famille Joeystar sur plusieurs générations. Ce qui nous fait des arcs d'une 15zaines de volumes à chaque fois. Tonkam va commencer à réimprimer dès janvier les anciens arc abandonné depuis longtemps par j'ai lu. La folie de l'auteur est allé jusqu'à s’immiscer dans son propre univers en ce mettant carrément en scène avec le personnage de Kishibe Rohan, auteur de mangas à succès qui peut lire (littéralement) les gens, ce qu'il l'aide à faire de bons mangas. Il a d'ailleurs été mis en scène dans ce fabuleux ouvrages de chez futuropolis dans la collection du Louvre.
Album inédit au japon. Ce sont d'ailleurs eux qui ont sauvé l’économie de l'ouvrage en l'important massivement. Faut bien se dire que les Français n'ont rien compris à ce bouquin, que je vous recommande pourtant chaudement, tant il faut avoir lu Jojo pour suivre. Les pauvres Jap n'auront rien compris du tout puisque tout est en Français!! Voici donc un bel exemple d'ironie du sort ^^
Ce qui est fou avec cet auteur c'est que sa notoriété ne tient en France que grâce à une poignée d'à peine 1000 fans alors qu'au Japon il fait jeux égale avec Toriyama. Yen n'a pas un qui reçois plus de courbettes que l'autre.
Bref...
Raaaah putaing Jojo.... mais pffffff lisez quoi!!!! Chopez ça en scan quelque part! Comme c'est plus dispo le début, on s'en fout. J'ai quelques trucs à faire tourner remarque. Je tacherai d'uploader ça quelque part un de ses 4.
Bon bah ya plus qu'à lire la suite maintenant.
Batmaaaaaan tin-nin--nin--nin--nin--nin--nin--nin Batmaaaaaan
Avatar de l’utilisateur
Finquel
 
Messages: 335
Inscription: Sam 4 Déc 2010 13:58

Re: One Piece

Messagepar Finquel » Mar 25 Sep 2012 09:07

Ca y est, j'ai tout lu. Les insomnies, ça aide!
En tout cas chapeau car même en ayant lu tout ce qui est déjà sorti sur one piece, j'ai quand même pris beaucoup de plaisir sur ces lignes. Désolé du coup, d'avoir parlé de trucs dans mon précédents posts que tu arborais par la suite (j'aurai pu m'en douter, ceci dit).
Il n'y a qu'un truc qui me chiffonne, c'est dans ta critique du film "Le Baron Omatsuri" que j'ai trouvé exceptionnel! Donc si, je te le confirme, il s'agit bien là d'un choix artistique. J'en met ma main à couper que c'est l'équipe de Samurai Shamploo qui est derrière ça. J'ai pas trouvé d'info sur le net pour corroborer ça.... j'ai pas vraiment chercher non plus.
Moi j'ai trouvé une très grande maitrise de l'animation sur cet opus. Simple, certes, mais c'est typiquement le genre d'anim où les japs nous montre que même avec moins d'images par seconde, ils arrivent encore à être plus fluide que n'importe qui d'autre. Et l'histoire, je l'ai adoré. C'est le premier film intense. Ok un peu dur dans la violence mais ça correspond justement bien à ce qu'Oda fait car il est le maitre de nos sentiments. Quand il nous dit pleure, on pleure, quand il nous dit rit, on rit, etc... dans ce film, c'est pareil. Moi j'étais à fond. Et le petit gars qui vit sous terre dont la famille a été massacré et quand même très drôle et très émouvant. Bref, je le conseil beaucoup moi celui là.
Et puis t'as oublié de parler des courts métrages aussi. Tu sais ces épisodes tv très courts. Il y en a un sur le base ball et un sur le foot qui est hilarant! Je ne sais plus si il y en avait eu d'autres.
Night a écrit:Merci aussi à Finquel, pour avoir si pertinemment conseillé mon frère.

héhéhé bah de rien hein.
Batmaaaaaan tin-nin--nin--nin--nin--nin--nin--nin Batmaaaaaan
Avatar de l’utilisateur
Finquel
 
Messages: 335
Inscription: Sam 4 Déc 2010 13:58

Re: One Piece

Messagepar Yoan » Mer 26 Sep 2012 22:35

Bon, j'ai lu tout le topic - réponses de Finquel comprises - chose que je n'aurai pas faite si j'avais eu la certitude de me mettre un jour au Manga. (Ceux qui me connaissent bien sont déjà en train de rire).
Et si je n'ai évidemment pas grand chose à répondre sur le fond - je sais à peine de quoi on parle, n'ayant finalement vu que le film s'étant frayé un chemin jusqu'à quelques rares salles de Ciné' en France - je me félicite d'avoir pressenti quelques caractéristiques dont tu parles. Principalement le fait qu'il n'y a dans cet univers régi par le chaos aucune dichotomie claire distinguant les "gentils" des "méchants". Les uns se mêlent aux autres de façon presque perturbante, et je trouve que c'était un risque de taille : dans les fictions en général, et probablement encore plus lorsqu'elles visent un jeune cœur de cible, on cherche souvent à jouer sur l'identification à des archétypes. Harry Potter et Voldemort, voyez.

En tout cas, je te répète (non sans dévoiler un brin de fierté, hein :] ) que ce travail titanesque m'a sincèrement épaté. Parce qu'il transpire une passion à la fois sincère et communicative, parce que l'ensemble montre quand même un recul salvateur vis à vis de quelque chose qui t'est pourtant aussi proche, compte des références variées dans le récit, et place quelques pointes d'humour toujours très à propos.
Et t'écris bien pour un matheux, enfoiré... oO

Aller, pour le coup, et puisque finalement la série aura obtenu son topic dédié, je me permets de reposter ceci :

Image

One Piece – Strong World

Je connaissais évidemment de (très bonne) réputation, le manga n’étant rien de moins que le plus gros carton depuis Dragon Ball, lui ravissant même des records qu’on pensait indéboulonnables.
J’avais également déjà pu apercevoir rapidement ce que donnait la série animée qui en était tirée – en VF toutefois, ce qui n’aide pas lorsqu’on parle de Japanime – tout en ayant conscience que cette dernière n’avait pas l’éclat de son homologue papier (Night vous prépare un post-Bible sur le sujet, je n’en rajoute pas). C’est donc sans surprise que face au film, je retrouve un des éléments qui m’avait tout de suite marqué sur le format court : le rythme est alerte, pour ne pas dire parfois quasiment hystérique. Ça hurle, ça explose, ça bouge dans tous les sens, et c’en est même parfois presque fatigant. Cela dit, cette énergie débordante est surtout l’une des forces d’un univers trop créatif et foisonnant d’idées pour avancer au petit trot. Simplement, comme ça dure deux heures, mieux vaut se pointer au ciné’ en bonne forme. Je préfère prévenir.

Pour le reste, on sent malgré tout que c’est un add-on au manga, et que même si ça reste largement accessible au non-initié, Eiichiro Oda n’a pas franchement pris la peine de resituer la trame principale, ni même les personnages. Peut-être tout simplement parce que ce film n’a pas été conçu pour être une vitrine cinématographique grand-public, mais bel et bien un « à-côté » pour les fans. Et éventuellement un point d’accroche pour les autres.
Imparfait parce que trop « classique » dans sa trame principale, je pense que le film paie surtout d’être un film justement. Si j’en crois ses adorateurs, Oda n’a effectivement pas son pareil pour développer ses idées sur la longueur. Or, il s’est probablement senti plus limité sur ce format, et on sent, toutes proportions gardées, quelques facilités dont il n’est apparemment pas coutumier.
Mais je continue de penser que le film est un excellent compromis, ponctué qui plus est de gags absurdes lui donnant un cachet délirant. C’est certes encore un peu fouillis ici, et tout n’est pas abouti (pas mal de personnages secondaires parfaitement accessoires, d’idées pas poussées assez loin etc.), mais c’est indéniablement frais et réjouissant.
Image
Avatar de l’utilisateur
Yoan
Administrateur du site
 
Messages: 2289
Inscription: Ven 3 Déc 2010 21:58

Re: One Piece

Messagepar Night » Ven 28 Sep 2012 22:24

Il n'y a qu'un truc qui me chiffonne, c'est dans ta critique du film "Le Baron Omatsuri" que j'ai trouvé exceptionnel!

Ouais ben j'ai dit ce que j'avais à dire, hin.
Je l'ai trouvé très bon, mais le brouillon comme choix artistique, franchement, j'ai du mal à y croire. Surtout avec une aussi grosse licence.
J'en met ma main à couper que c'est l'équipe de Samurai Shamploo qui est derrière ça. J'ai pas trouvé d'info sur le net pour corroborer ça.... j'ai pas vraiment chercher non plus.

Les mecs qui ont fait Samurai Champloo (avec un "C") - série que j'ai eu le temps de voir juste avant la fermeture de megavidéo et que j'ai adorée - ce sont bien ceux qui ont fait Cowboy Bebop, non? Donc deux animes sublimes, techniquement irréprochables et musicalement énormes?
Alors là, si tu arrives à confirmer l'info, en ce qui me concerne, ce sera le scoop. Et je ne douterai plus du choix artistique.
Et puis t'as oublié de parler des courts métrages aussi. Tu sais ces épisodes tv très courts. Il y en a un sur le base ball et un sur le foot qui est hilarant! Je ne sais plus si il y en avait eu d'autres.

Je ne les ai pas vus, en fait.
J'aurais bien voulu prendre le temps de les mater, mais les grandes vacances sont courtes, et je les ai en partie gaspillées en faisant des trucs inutiles genre aller à la plage, sortir dehors, etc... :D
En tout cas, si t'as un avis à donner sur ces courts métrages, le topic est là pour ça.

En tout cas, je te répète (non sans dévoiler un brin de fierté, hein :] ) que ce travail titanesque m'a sincèrement épaté.

Merci bien. C'est gentil.
Mais le but, c'est que ce soit le travail de Maître Oda qui t'épate.^^ D'où ma question:
Est-ce que vois One Piece différemment, maintenant, ou est-ce que tu en avais déjà une bonne idée avant de me lire?
l'ensemble montre quand même un recul salvateur vis à vis de quelque chose qui t'est pourtant aussi proche

En même temps, on ne peut pas écrire un pavé aussi énorme sans soi-même s'assurer d'avoir un point de vue défendable. En fait, quelque part, l'objectif était aussi de me convaincre que mes goûts - ou plutôt mes choix et prises de position - tenaient la route.
quelques pointes d'humour toujours très à propos

Pour tout dire, j'me suis même amusé à caser quelques jeux de mots et traits d'esprit un peu partout. Et comme je pense que personne n'a tout relevé (il y en a des tordus), voilà un petit listing.

Ce genre de shônen est tant représenté qu’il inonde littéralement le marché.
Mais One Piece, du fait que la piraterie soit loin d’être un thème bateau dans le monde du manga, parvient assez facilement à se distinguer. Et pour le coup, on ne peut pas dire que l’effort d’originalité ait laissé les japonais indifférents puisque, comme on le constate aujourd’hui, Maître Oda explose tous les records de vente nationaux.
Oui, tous. Même ceux d’Akira Toriyama avec Dragon Ball. C’est dire.
Toutefois, vous vous doutez bien que si l’originalité du sujet abordé suffisait pour expliquer l’ampleur du succès, cette review n’aurait pas lieu d’être…

Des ventes exemplaires, c’est le moins que l’on puisse dire.
(Des ventes d'exemplaires)

Et pour tout vous dire, je n’ai vu la géographie tenir une place aussi capitale dans aucun autre manga.

Or, Gold Roger aurait, selon la rumeur, dissimulé le One Piece tout au bout de Grandline.

Heureusement, devant la minutie avec laquelle Maître Oda joue de subtilités pour ne jamais en tirer profit, cette artificialité reste tout-à-fait secondaire.

D’autant qu’aux yeux de la marine, le pirate est anonyme : à peine hisse-t-il le pavillon noir qu’il se retrouve pourchassé et menacé de mort, sans avoir eu le temps de commettre aucun méfait.
(En référence à Anonymous, bien sûr)

l’univers de One Piece fourmille demythes, de secrets et d’énigmes qui, encore aujourd’hui, font couler beaucoup d’encre, et servent d’engrais à ces curieux cultivateurs de théories que sont les fans.
Dernière édition par Night le Ven 28 Sep 2012 23:29, édité 1 fois.
"There is, through the art of game design, some kind of observation about that universe that is not accessible in the same way from other media. If I can get that, then I don't even care about the game mechanic. If I can do that in a first-person shooter that looks exactly like Doom 3 then I would do it."
Avatar de l’utilisateur
Night
 
Messages: 226
Inscription: Sam 4 Déc 2010 13:16
Localisation: Oui, VF et VOSTFR

Re: One Piece

Messagepar Finquel » Ven 28 Sep 2012 22:33

'gaffe Yoan, l'élève va dépasser le maître...

Ce n'est pas Watanabe qui s'est occupé du One piece, ça, j'aurai trouvé l'info mais je suis sûr qu'il s'agit des mêmes gars. Va falloir comparer les génériques de tous ça! Challenge!
Je reviens plus tard pour parler des petits épisodes. D'abord je les retrouve dans mon bordel de vieux cd rom gravés, je les re regarde et je fais un check up!


z'avez pas finis de me mettre la honte avec mes vieilles fautes là?
Batmaaaaaan tin-nin--nin--nin--nin--nin--nin--nin Batmaaaaaan
Avatar de l’utilisateur
Finquel
 
Messages: 335
Inscription: Sam 4 Déc 2010 13:58

Re: One Piece

Messagepar Yoan » Ven 28 Sep 2012 23:08

Night a écrit:D'où ma question:
Est-ce que vois One Piece différemment, maintenant, ou est-ce que tu en avais déjà une bonne idée avant de me lire?


Disons qu'entre toi et Finquel, pendant des années, j'étais amené à côtoyer d'assez près deux fans absolument fous furieux. C'est comme si tu demandais à quelqu'un qui me connaît bien s'il a de quoi se figurer la musique de Silverchair à peu près correctement...
Tu sais, j'ai même fait les gorges de l'Ardèche - assorti d'une nuit au bivouac inoubliable - avec Finquel et quelques-uns de ses amis dessinateurs/geeks, et ils se sont fait passer pour des pirates de One Piece tout le long. Moi j'étais censé être Tony Tony Chopper... (Comme par hasard, hein).

Bref, oui je me doutais de tout ça. Tes posts me l’illustrent évidemment de façon claire, mais je m'en doutais.
Image
Avatar de l’utilisateur
Yoan
Administrateur du site
 
Messages: 2289
Inscription: Ven 3 Déc 2010 21:58

Re: One Piece

Messagepar Night » Ven 28 Sep 2012 23:42

Tes posts me l’illustrent évidemment de façon claire, mais je m'en doutais.


C'est ce que je voulais savoir.
Parce que, de ma position, je ne peux pas estimer la clarté de la partie sur l'univers de One Piece. J'y introduis, certes, toutes les notions nécessaires pour que les gens suivent mon propos, mais peut-être que je les ai introduites trop vite, sans suffisamment développer. Et ça, impossible d'en être sûr.
Je pense notamment à la sous-partie "Légendes et Mystères" où il n'était pas évident d'expliciter les thèses des fans : j'avais vachement peur de perdre tout le monde en enchaînant les énigmes et les théories. Pareil pour la définition du globe.

Ceci dit, vu que t'as trouvé cela clair, je devais effectivement m’inquiéter pour rien.
"There is, through the art of game design, some kind of observation about that universe that is not accessible in the same way from other media. If I can get that, then I don't even care about the game mechanic. If I can do that in a first-person shooter that looks exactly like Doom 3 then I would do it."
Avatar de l’utilisateur
Night
 
Messages: 226
Inscription: Sam 4 Déc 2010 13:16
Localisation: Oui, VF et VOSTFR

Re: One Piece

Messagepar Finquel » Sam 29 Sep 2012 19:12

Yoan a écrit:Tu sais, j'ai même fait les gorges de l'Ardèche - assorti d'une nuit au bivouac inoubliable - avec Finquel et quelques-uns de ses amis dessinateurs/geeks, et ils se sont fait passer pour des pirates de One Piece tout le long. Moi j'étais censé être Tony Tony Chopper... (Comme par hasard, hein).


Mais mec, t'étais le médecin quoi!! Bon, moi j'étais le capitaine ^^ mais c'est vrai qu'on s'était bien marré avec nos étendards qui flottaient fièrement au vent à l'arrière de nos embarcations!

Dis moi Night, quelle est la partie de One Piece que tu préfères?
Batmaaaaaan tin-nin--nin--nin--nin--nin--nin--nin Batmaaaaaan
Avatar de l’utilisateur
Finquel
 
Messages: 335
Inscription: Sam 4 Déc 2010 13:58

Re: One Piece

Messagepar Night » Sam 29 Sep 2012 21:45

Dis moi Night, quelle est la partie de One Piece que tu préfères?


L'arc Water Seven. (tome 34 à tome 45)

Si tous les autres arcs jusque là ont servi à placer les pièces du puzzle, et à les classer ensuite par type et par couleur, c'est avec celui-là que Maître Oda entame véritablement l'assemblage. La trame principale de One Piece prend enfin forme! Et se prendre dans la gueule le paiement d'une préparation aussi longue, ça fait toujours son petit effet.
De plus, même en s’attachant uniquement aux qualités intrinsèques de l'intrigue Water Seven - donc sans considérer son rôle à plus grande échelle - force est d'avouer que c'est un modèle de construction, de rythme et de mise en scène. Les rebondissements - pourtant nombreux - sont d'une justesse, d'une cohérence et d'une efficacité affolantes. Difficile de ne pas être captivé ni surpris par ce qui se passe dans cet arc.
Pipo (Usopp) qui quitte l'équipage, Robin qui se barre, l'Aqua Laguna qui arrive, Franky qui prend Luffy en grippe, des personnages tout juste introduits qui se révèlent être des agents doubles : dès le début, on s’en prend plein la tronche. Et pourtant, le spectaculaire ne s'est pas fait au détriment de la cohérence. C'est ça qui est fort!
Personnellement, j'appelle ça du génie.
Et puis même en termes de dessin, d'idées ou d'humour, j'ai l'impression que Maître Oda s'est ici surpassé. On est - à tous les niveaux - au summum de ce qu'il a jamais su nous proposer.
D'ailleurs - qu'on se le dise - je n'ai jamais trouvé quoi que ce soit d'un tel calibre dans le monde du manga de baston. C'est pourquoi cet arc est ma référence absolue en la matière. Je ne connais tout simplement pas mieux! (Mais ceci dit, par rapport à la tienne, ma culture manga est encore embryonnaire, hin)
"There is, through the art of game design, some kind of observation about that universe that is not accessible in the same way from other media. If I can get that, then I don't even care about the game mechanic. If I can do that in a first-person shooter that looks exactly like Doom 3 then I would do it."
Avatar de l’utilisateur
Night
 
Messages: 226
Inscription: Sam 4 Déc 2010 13:16
Localisation: Oui, VF et VOSTFR

Re: One Piece

Messagepar Finquel » Mar 2 Oct 2012 08:09

Night a écrit:
Je ne connais tout simplement pas mieux! (Mais ceci dit, par rapport à la tienne, ma culture manga est encore embryonnaire, hin)

Oui mais j'ai 10ans de lecture d'avance et un accès à celle ci assez unique donc bon, te bile pas, c'est pas une course.
Ceci dit, c'est ce qu'il y a de magique avec les livres, la BD et donc les mangas, ce sont tous ses univers foisonnants à porté de main. Je me souviens, petit, quand nous ne connaissions tous que Dragon ball et que c'en était devenu, pour ma part, une drogue assez forte, j'avais découvert deux nouvelles séries. Bastard et Noritaka. Deux style radicalement différent de DB mais qui me marquait profondément également. Je m'étais alors rendu compte qu'il existait autre chose que l'univers de Toriyama. Et aujourd'hui encore, les jap arrivent à sortir des trucs sympa, de bonnes idées bien exploitées. Alors tous n'ont pas le génie d'Oda ou de Toriyama mais beaucoup apporte leur pierre à l'édifice!
Par exemple, intellectuellement et pour rester dans le shonen, je trouve que Hunter X Hunter est un petit bijou! Son seul problème est que son auteur, Togashi, refuse de bosser avec des assistants. On a du coup un chouette rendu graphique mais une lenteur de production exécrable.
Pour revenir à One piece, j'ai une tendresse particulière pour l'arc du Davy Back Fight. Qu'est ce que j'ai ris!! C'est court, 2 ou 3 volumes et ça fait une belle transition entre Einer et Water seven. Un vrai repos pour le lecteur qui vient de se manger deux arcs très long. Einer étant précédé de celui d'Alabasta. Et je me souviens que cette récréation m'avait enchanté. Et grâce à la coupe afro....
Batmaaaaaan tin-nin--nin--nin--nin--nin--nin--nin Batmaaaaaan
Avatar de l’utilisateur
Finquel
 
Messages: 335
Inscription: Sam 4 Déc 2010 13:58

Suivante

Retourner vers Culture

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 1 invité